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Philippe Guéguen collabore à Inventaire/Invention
depuis 1999, où il tient la rubrique "En Passant"
Il
est né le 10 septembre 1960 à Douarnenez (Finistère).
Etudes de lettres modernes à Rennes et Paris, ville où
il habite depuis 1984 et où il exerce le métier de
professeur de français.
I love New York est son premier livre, Inventaire/Invention
édition, 2003.
Les enfants précoces ne vont pas au paradis, Inventaire/Invention
édition, 2006.
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De cet
auteur dans Inventaire/Invention:
Les enfants précoces ne vont pas au paradis
et autres textes
Inventaire/Invention, 2006
[Quatre jours par semaine, je prends le métro à Marcadet-Poissonniers, je change à Gare du Nord pour la ligne B du RER, je descends à Denfert-Rochereau. C’est ce qu’il y a de plus rapide pour aller de chez moi à l’école, en tout ça fait quarante minutes. Au retour, le plus souvent je prends le métro à Denfert — c’est direct — ou alors je fais une partie à pied...]
I
love New York
et autres textes
Inventaire/Invention édition, 2003
[Quand j'ai vu les deux tours du World Trade
Center s'écrouler, j'ai été triste. Parmi toutes
les réactions que j'aurais pu avoir, et malgré les réflexions
que j'ai pu me faire, c'est ce sentiment-là qui s'est imposé
: le sentiment d'un amoindrissement du ciel des possibles, à
la mesure de la poussière qui envahissait les rues.]
I love New York
Ouvertures pour cause d'Inventaire
[Lecture publique de I love New York par Philippe Guéguen, le 10 avril 2004 à La Grande Halle de La Villette à Paris.]
De cette auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique L'Invention du réel
I love New York, lecture de Philippe Guéguen
une lecture sonore de I love New York de Philippe Guéguen.
Par Philippe Guéguen à la médiathèque de Bagnolet, en 2004.
Le père de famille et Le Château des Carpathes, deux lectures de Philippe Guéguen
une lecture sonore de I love New York et Les enfants précoces ne vont pas au paradis de Philippe Guéguen.
Par Philippe Guéguen à l'I.U.T. Métiers du Livre, Université Paris X, en 2006.
De cette auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique En passant
La
guerre, aussi, est un sujet de conversation
[La guerre est aussi un sujet de conversation.
Et sauf à y couper court, il est social d'avoir un avis, au moins
quelque chose à dire sinon à éprouver, rien n'oblige
à prendre parti, même si la conversation peut aussi servir
à ça : s'engager...]
Soirée
Scream
[Soirée : moins un mot qu'un concept
(celui de se retrouver dans un même temps plutôt que simplement
dans un même lieu) qui prête ainsi à ladite soirée
des pouvoirs, au moins celui de donner à la fête un caractère
d'exception...]
Paris
au mois d'août
[Il était venu chez moi ; cette
fois c'est moi qui allais chez lui, un quatrième étage
d'un immeuble bien entretenu d'une petite rue du XVIIIe arrondissement,
dans la Goutte d'Or....]
J'ai
des cafards dans ma cuisine
[J'en ai d'abord vu un sur le mur de la
cuisine, puis un autre, au même endroit, et puis dans les placards
au-dessus avant de leur balancer un peu de produit, puis un autre, plus
fort, qui puait. Depuis je guette....]
La
capitale du Cap-Sizun
[Situé quasi au centre d'un
triangle planté dans l'Atlantique, à l'ouest la pointe
du Raz, au sud-est le pays bigouden, au nord-est celui de Douarnenez,
à une trentaine de kilomètres de Quimper et à plus
de 600 kilomètres de Paris, Pont-Croix est la capitale du Cap-Sizun...]
À quoi servent les enfants ?
[Depuis le 19 avril il n'y a donc
plus lieu de douter : le coeur prélevé sur l'enfant mort
au Temple le 12 juin 1795 est bien celui du dauphin...]
Le mois de la maison ou
Je repeins mon appartement
[Avant de m'y mettre, avant de décider
de m'y mettre, avant de décider à quoi, faire le ménage,
continuer à repeindre les murs ou travailler, je dis toujours
"travailler" jamais "écrire", quitte à
préciser ensuite, avant de travailler donc, débarrasser
le bureau de ce qui l'encombre, allumer l'ordinateur, j'ai regardé mes mains...]
La
fille aînée de l'Eglise
[Venu en France en 1998 pour étudier
le français, Shoji Ueno s'est inscrit à l'Institut de
langue et de culture françaises de l'Institut catholique de Paris,
pour douze heures de cours et 8100 F le semestre. A Tokyo, l'Institut
catholique est très réputé...]
Gare
du Nord
[Quatre jours par semaine, je prends le
métro à Marcadet-Poissonniers, je change à Gare
du Nord pour la ligne B du RER, je descends à Denfert-Rochereau.
De chez moi à l'école ça fait quarante minutes,
c'est ce qu'il y a de plus rapide. Pour rentrer, le plus souvent je
prends le métro à Denfert - c'est direct - ou alors je
fais une partie à pied. J'aime bien prendre le métro.
J'aime bien aussi prendre le RER...]
Fatigué
[C'est une bonne idée d'aménager
des terrains de basket sous le métro aérien. Avec les
voitures qui passent à droite et à gauche, en plus en
double file, pour faire du sport c'est parfait. Et qui est-ce qui joue
au basket sous le métro ? comme par hasard des noirs et des arabes....]
Das
Ding
[J'ai suivi l'affaire depuis le début.
Pourtant je ne regarde pas beaucoup la télé, je l'allume
seulement quand j'ai envie de rien. J'avais dû en entendre parler
par Libération, que je lis de moins en moins comme un journal,
de plus en plus comme un programme, et j'étais curieux, enfin
quelque chose : cinq filles et six garçons enfermés pendant
70 jours dans un lieu équipé de 26 caméras et de
50 micros, et sommés de vivre ensemble tout en s'éliminant
jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un couple. ...]
I
love New York
[Quand j'ai vu les deux tours du
World Trade Center s'écrouler, j'ai été triste.
Parmi toutes les réactions que j'aurais pu avoir, et malgré
les réflexions que j'ai pu me faire, c'est ce sentiment-là
qui s'est imposé : le sentiment d'un amoindrissement du ciel
des possibles, comme à la mesure de la poussière qui envahissait
les rues....]
Un
ancien élève
[La plupart du temps ils débarquent
à plusieurs, quelques semaines après la rentrée
alors qu'ils viennent tout juste d'avoir leur bac, on les découvre
devant la salle des profs au moment de la récréation,
ça n'est jamais le bon moment, il faut leur dire trois mots alors
qu'on n'a que dix minutes pour tirer sur une clope et boire un café...]
Le
père de famille
[Le lendemain des résultats
du premier tour des élections présidentielles, le père
riait comme s'il s'était agi d'une blague. La mère, elle,
aurait préféré que personne n'en parle. Son fils
cadet était là, celui qui est professeur à Paris,
il était descendu pour les vacances...]
Le
chef, la goutte d'eau, la femme de ménage
[Yves et Anne-Marie habitent à
l'entrée de la ville. Quand ils ont construit c'était
la campagne. Après, comme tous les croisements de la périphérie,
le carrefour au bord duquel ils habitent a été transformé en rond-point...]
Les
parents
[A peine entré dans le gymnase
qui sert aussi de salle de spectacle et dans lequel ont été
réunis les stands, j'ai été accaparé par
des parents dont j'avais eu la fille l'an dernier comme élève.
Elle avait été enchantée, surtout par mon humour,
d'autant que toute la classe ne le comprenait pas. Sans m'en rendre
compte je suis alors devenu tout à fait sérieux...]
Paris
- Quimper
[J'avais choisi de partir le jeudi
13 février vers midi, juste pour une semaine et au milieu des
vacances de la zone C, en voiture-fumeur et côté couloir.
En principe j'aime bien avoir deux places pour moi. Je préfère
être tranquille. Et puis j'ai besoin de place pour corriger les
copies...]
La
mort du frère de mon ami
[C'est ma mère qui m'a appris
que le frère de Laurent était mort. Elle avait vu le faire-part
dans le journal, et aussi qu'il était paru après l'enterrement.
D'habitude, les avis de décès sont publiés avant.
D'ailleurs, quelque chose dans la formulation devait clocher, en faisant
attention elle m'a demandé comment il était mort, peut-être
qu'il s'était suicidé ? sans prononcer le mot tout de
suite...]
Neuf
cinq
[Quand je suis sorti du RER D à
la gare de Garges Sarcelles, j'ai été surpris de
voir dans le ciel autant d'avions. Et aussi de découvrir que
le 368, juste après la station, s'arrêtait plusieurs fois
pour prendre des passagers. Après, on a traversé une autoroute
et des zones pavillonnaires, il faisait beau, on est passé devant
des barres d'HLM disposées avec symétrie, les mêmes
que celles que j'avais vues à la télé quand j'étais
enfant et qui faisaient penser au camp de Drancy...]
Le château des Carpathes
[Elle
a fait lire Le château des Carpathes à ses élèves
de cinquième. Et l'un d'entre eux, choqué par le portrait
d'un personnage de juif, s'en est plaint à son père. Qui
a tout de suite pris rendez-vous avec elle. «Vous l'avez lu avant
de le donner à vos élèves ?» Elle n'a pas
répondu franchement. En tout cas le livre était conseillé
par le manuel, de toute façon elle ne pouvait pas tout lire.
Le père, lui, aurait voulu qu'elle fasse précéder
la lecture d'un cours sur le racisme et l'antisémitisme. Ce qu'elle
ne comprend pas...]
Mes amis
[D'abord, Jeanne m'a dit qu'il lui était arrivé quelque chose. Il fallait qu'elle me le raconte.
Mais elle s'est arrêtée, le temps d'effacer ce qu'elle
avait dit, et, en s'empêchant de rire, a recommencé par
cette première phrase : “ J'avais prévu de me coucher
tôt ”.
Samedi soir, quand le téléphone a sonné, elle était
chez elle en plein rangement. De toute façon elle était
fatiguée, ça tombait bien qu'elle n'ait rien de prévu.
Mais c'était Angéla qui lui proposait de venir boire un
verre, sans trop savoir pourquoi elle a dit oui. “ J'ai tout laissé
en plan et j'ai pris ma voiture ”...]
Voyage à Tokyo
[Trois
jours avant mon départ, on m'a demandé quel temps il ferait
à Tokyo, j'ai seulement répondu : " chaud et humide ".
Mais comme celui qui m'avait posé la question insistait, et que
je n'en savais pas plus, je me suis aussitôt retrouvé devant
l'écran de son ordinateur à consulter la météo...]
Voyage à Tokyo, 2
[Vendredi
16, rendez-vous à Shinjuku avec Reiko. Pendant que Tetsuo essaie
de joindre son amie au téléphone pour s'assurer qu'on
l'attend bien au bon endroit, je photographie la rue derrière
la vitre du troisième étage, les gens dans l'escalator,
la devanture d'un magasin qui s'appelle Décadence du chocolat...]
Les enfants précoces ne vont pas au paradis
[Une
journée pédagogique sans le concours d'un intervenant
extérieur n'est pas une bonne journée. Mais celle-là
était prometteuse, dont le programme annonçait justement
une intervention : “Le problème de la précocité
intellectuelle”...]
...préfère l'impair
[
Il est assez fréquent que la perte d'un objet cher provoque le
besoin irréfléchi de le remplacer.Après, quand
on s'aperçoit avoir regardé plutôt en arrière,
au lieu d'aller en quête de nouveau, quand on se rend compte qu'on
a cherché d'abord la présence de ceux qui ont précédé
l'objet qu'on a perdu, on comprend qu'on cherchait moins à le
remplacer qu'à le retrouver...]
Aller à Tel-Aviv
[ Comme elle avait mal au dos — elle pensait que c'était le nerf sciatique —, Jeanne m'avait demandé de l'aider à porter son sac jusqu'à l'aéroport. Mais je n'avais pas besoin de monter chez elle, elle arriverait bien à se débrouiller jusqu'au métro, on n'avait qu'à se retrouver à la station La Chapelle ; de là on rejoindrait la gare du Nord par le tunnel de correspondance, et puis le RER B pour Roissy...]
La petite fille dans la chaise
[ L'après-midi du 27 mars — c'était la première journée de printemps, il y avait du soleil, il faisait presque chaud et j'avais obtenu de ma direction l'autorisation de m'absenter —, je me suis rendu à Saint-Cloud : je devais lire des extraits d'I love New York devant des étudiants de l'I.U.T. Métiers du livre. Armelle m'attendait dans sa voiture place Denfert-Rochereau, elle m'avait proposé de m'y emmener, j'ai eu l'impression qu'on partait en voyage...]
Le tunnel sous la Manche
[ Il dormait, le portable de sa voisine a sonné, il a ouvert les yeux. Et puis la femme assise à côté de lui s'est mise à parler sans aucune gêne ni souci de baisser la voix, et il a maugréé : "Ça ne se fait pas de téléphoner dans un train, je dormais." Mais elle a continué comme si de rien n'était. Alors il a dit : "Ferme ta gueule !" et elle a répondu offusquée : "Quoi, qu'est-ce que vous dites ?" et puis : "You're not talking to your wife !" avant de prendre le wagon à témoin : "This man is sick !" ...]
Café Arago
[ Le café tabac Arago, situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, précisément au carrefour du boulevard Arago et de la rue de la Glacière, j'y suis allé pour la première fois il y a vingt ans. J'avais trouvé un poste dans un établissement scolaire du quartier, je cherchais un endroit tranquille où je puisse corriger des copies, lire le journal et échapper à la salle des professeurs, et puis l'ambiance et le décor m'ont plu : rien n'avait changé depuis l'après-guerre...]
Une visite à la campagne
[ Je suis arrivé à Séoul le 24 décembre. Comme prévu, Junho m'attendait à l'aéroport. J'avais quitté Paris la veille, dès le début des vacances scolaires et j'étais fatigué. Junho, lui, était là depuis deux semaines. Il en avait profité pour voir sa famille. Je venais le retrouver...]
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