présentation de l'auteur : Philippe Guéguen |
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Un voyage à Tokyo
Trois jours avant mon départ, on m'a demandé
quel temps il ferait à Tokyo, j'ai seulement répondu
: " chaud et humide ". Mais comme celui qui m'avait posé
la question insistait, et que je n'en savais pas plus, je me suis
aussitôt retrouvé devant l'écran de son ordinateur
à consulter la météo. La première fois que je suis venu au Japon,
il y a quatre ans, c'était l'hiver. J'avais rencontré
Tetsuo à Paris, il retournait à Tokyo pour les fêtes
de fin d'année, je lui ai demandé de le rejoindre.
Cette fois-là, comme je ne savais pas si je reviendrais,
j'ai fait beaucoup de photos. Toujours est-il que, quand je suis arrivé à l'aéroport de Narita le 7 juillet au milieu de l'après-midi, il faisait 38°. Ce dont je ne me suis pas rendu compte tout de suite, même si autour de moi beaucoup de Japonais se tamponnaient avec régularité le visage et la nuque à l'aide d'un mouchoir ou, plus commodément, d'une mini-serviette éponge. Non seulement il a fallu que Tetsuo, qui était venu nous attendre à l'aéroport, et Masaya, qui avait fait le voyage avec moi, me demandent plusieurs fois si je n'avais pas trop chaud, mais encore que je sorte de différents lieux - tous climatisés - : le Narita Express, un deuxième train, une voiture, une maison, pour mesurer plus précisément l'écart de température entre l'intérieur et l'extérieur, et donc me rendre compte qu'il faisait vraiment 38°. Ainsi le premier soir, après le repas, quand j'ai exprimé le désir de faire une promenade dans les petites rues du quartier - le prétexte de la promenade digestive masquant le réel besoin de prendre possession du territoire - mes hôtes, mon ami Tetsuo et sa mère Kaori, ont sans doute essayé de m'en dissuader, je n'ai compris qu'une fois dehors, alors qu'on marchait seulement depuis cinq minutes, on arrivait au parc de Zenpukujigawa, qu'il aurait mieux valu ne pas sortir. Je me suis même fait cette réflexion : " Quelqu'un a oublié de fermer le four. " Mélangés à mon étonnement
d'être au Japon, le climat et les conditions mêmes de
mon séjour ont certainement contribué à la
condition hébétée dans laquelle je me suis
trouvé. D'ailleurs, pendant ces quinze jours de juillet que
j'ai passés à Tokyo, je me suis réveillé
presque toutes les nuits à la suite d'un ou de plusieurs
rêves, et pas seulement à cause du décalage
horaire ou parce qu'il avait fait trop chaud. *** Le mercredi 7 juillet, le soir de mon arrivée,
alors que nous étions en train de dîner, j'ai vu mon
premier gokiburi. Je l'ai su quand j'ai vu Tetsuo se lever
précipitamment et se jeter sous la table, après avoir
attrapé au passage les mouchoirs en papier que lui tendait
sa mère. Les cafards japonais sont bien plus gros que les
cafards parisiens. Kaori m'a d'ailleurs recommandé de fermer
toutes les ouvertures pour éviter qu'ils ne rentrent. Ce
qui fait de l'arrivée dans la maison un moment périlleux
: il faut tout de suite fermer la porte, alors qu'on se déchausse,
en équilibre sur un pied, tout en signalant qu'on est là
d'une voix forte: " Tadaima ! " quitte à
devoir répéter la formule d'arrivée si l'on
n'a pas entendu celle qui lui répond : " Okaerinasaï
! " *** Jeudi 8 juillet. Le journal télévisé montre des images d'un Américain qui, après avoir déserté, s'est établi en Corée du Nord, où il a épousé une Japonaise qui, elle, a été enlevée dans son propre pays par les Coréens. C'était il y a une vingtaine d'années, elle était jeune, elle se promenait sur une plage. Mais elle a pu entre-temps revenir au Japon, avec leurs deux enfants. Lui en revanche peut difficilement quitter la Corée, il serait aussitôt condamné par les Etats-Unis. Hitomi Soga (45 ans) et ses deux filles, Mika et Belinda, sont arrivées à Djakarta aujourd'hui, où elles devraient retrouver demain Charles Jenkins (65 ans). *** Vendredi 9 juillet, visite du National Museum of Western Art. Le bâtiment, construit par Le Corbusier, abrite dans une de ses salles deux machines que les visiteurs peuvent mettre en mouvement en appuyant sur un bouton. Ces deux maquettes, qui simulent des dispositifs antisismiques, montrent chacune en réduction une sculpture de Rodin - le musée en possède plusieurs, dont Les portes de l'enfer - installée sur un plateau muni de roulettes, lequel repose sur un autre équipé à l'identique. Quand on appuie sur le bouton les deux plateaux se mettent en mouvement, chacun bougeant à l'inverse de l'autre, tandis que Les portes de l'enfer restent stables. Au journal télévisé, de nouvelles images du couple Jenkins - Soga. Ils sont dans un hôtel international en Indonésie, où ils viennent de se retrouver après vingt et un mois de séparation. Compte tenu des relations entre la Corée du Nord, le Japon et les Etats-Unis, le sujet est sensible. De fait, on ne peut s'empêcher de penser que le mutisme de Hitomi Soga est lourd de choses vues. Mais ce qu'on voit surtout, c'est un couple réuni et séparé par la violence de l'histoire, un fait divers vécu sur le mode de la tragédie. *** Dans la nuit de vendredi à samedi, je me suis réveillé à la suite d'un rêve. Le rêve de l'église rasée *** Samedi après-midi, à côté
de la station Asagaya, alors que Tetsuo et moi cherchons un endroit
où manger, un petit garçon marche dans la rue avec
un diadème sur la tête et une baguette magique à
la main. Seul, fier, déterminé, il parade au milieu
des passants. Quand j'ai vu sur la carte du restaurant une bouteille
de vin rouge, j'ai pensé à mes parents. Je les ai
imaginés à des kilomètres de chez eux, tout
à coup rassurés par la présence d'un élément
connu. Je me suis dit que le vin rouge aurait suffi à leur
rendre le Japon sympathique et je les ai vus à côté
de moi, heureux, au point de me risquer à commander en japonais
un autre verre de vin. Non seulement la serveuse m'a compris, mais
en moins d'une minute j'ai eu mon verre. Tetsuo m'a alors montré
une armoire réfrigérée dans laquelle les verres
sont remplis à l'avance. Le soir, rendez-vous à Omote-Sando avec un ami de Tetsuo, Yutaka, accompagné lui-même de son ami américain, Peter. La première fois que je suis venu à
Tokyo, ce n'est qu'au bout de quelques jours que j'ai croisé
un regard occidental. C'était dans la foule du métro,
où j'avais eu jusque-là l'impression d'être
transparent, je me souviens que ça m'a fait un choc. À
peu près le même que celui qu'on éprouve quand
on rencontre un miroir par hasard, et qu'on ne voit pas tout de
suite qui est en face. Est-ce que j'ai reconnu ce premier regard
occidental comme étant le mien ? C'était le regard
d'un solitaire résigné, enfermé sur lui-même
et tout à coup surpris dans cet état, mais qui ne
s'en cachait pas. Il a soutenu mon regard, par fatigue plus que
par défi, ou alors il était aussi surpris que moi,
et il a continué son chemin. Omote-Sando est la version tokyoïte des Champs-Élysées, une large avenue bordée d'arbres, où l'on croise du monde, notamment des touristes occidentaux. Les présentations faites, tandis que Tetsuo et Yutaka conversent en japonais, Peter, en anglais, m'annonce qu'il travaille à l'ambassade des Etats-Unis au service des visas. Il est invité ce soir à une farewell-party, un ami autrichien qui vient de trouver un travail à Londres. Mais il ne sait pas s'il peut nous emmener. En tout cas il y aura des Français. Il connaît un peu la France, il se souvient de grèves du métro et aussi de manifestations anti-Le Pen qui passaient devant son hôtel. Mais il ne veut pas apprendre le français, sinon il sera nommé en Afrique, et il n'a pas envie d'avoir à habiter Lomé ou Niamey. L'appartement se trouve dans un ensemble résidentiel neuf de trois étages, occupe les deux derniers ainsi qu'une terrasse. Dès l'entrée, il y a un monceau de chaussures. La fête a lieu au-dessus, et surtout sur la terrasse, d'où l'on voit d'autres toits, beaucoup de ciment, des pylônes et des câbles électriques, et puis, plus loin, un immeuble qui ressemble à l'Empire State Building, mais moins haut. Le jeune quadragénaire avec qui je parle porte
une chemise cintrée et des lunettes rectangulaires. Il vit
à Tokyo depuis cinq ans et travaille pour un groupe industriel
français en partenariat avec une grande entreprise japonaise.
Assez vite il m'explique que si les Japonais sont des êtres
vivants, ils ne sont pas pour autant des êtres humains, qu'il
faut donc plutôt les considérer comme des salades.
D'ailleurs, on a beau s'agiter devant eux ils ne réagissent
pas. Après quoi il ajoute qu'ils sont aussi très sentimentaux,
il a vécu lui-même avec un Japonais, ça a duré
deux ans. Et puis, tout en me proposant une feuillette désaltérante,
parfumée à la cannelle, il poursuit sur l'homosexualité
au Japon, qui relève de la sphère privée, d'ailleurs
beaucoup d'hommes mariés sont bisexuels, ce qui explique
l'absence d'une communauté gay. L'entrée était gardée par des
policiers japonais, ils se sont précipités sur la
voiture pour nettoyer les poignées des portes avec un chiffon,
tout en courbant la tête plusieurs fois. En passant, Peter
a fait exprès de courber lui aussi la tête plusieurs
fois, en plus en souriant, alors que Yutaka lui tapait sur la cuisse
pour lui dire d'arrêter. Pour rentrer, Tetsuo et moi sommes passés
par Shinjuku. Chaque station et chaque gare a sa musique pour indiquer
l'arrivée d'un train ou d'un métro. Celle de Shinjuku
est ma préférée. J'ai même profité
du piano de Kaori pour la noter, ce qui m'a pris du temps car je
ne sais pas jouer du piano. *** Dimanche 11 juillet, dîner chez les grands-parents
maternels de Tetsuo. Parce que je ne les ai pas vus depuis quatre
ans et qu'ils me rappellent mes propres grands-parents, entrer chez
eux constitue un moment d'autant plus solennel qu'il s'accompagne
du passage obligé des chaussures aux pantoufles. Or je ne
me résigne pas à ôter mes chaussures en me contentant
d'appuyer du pied sur la partie arrière, il me faut les délacer,
et pour cela m'agenouiller, ou m'asseoir à même le
plancher surélevé par rapport au sol qui délimite
l'entrée, plutôt que d'essayer de me maintenir en équilibre,
si bien que je ne suis jamais sûr de parvenir à réussir
cette épreuve sans enfreindre une quelconque loi. En tout
cas, enfin en pantoufles, je me suis dit que j'étais heureux
de retrouver les grands-parents de Tetsuo. Alors que tout le monde est parti s'affairer en cuisine,
je me retrouve seul sur le canapé du salon depuis à
peine cinq minutes qu'ojiisan m'apporte un grand livre à
la reliure rouge. Je comprends d'autant moins son japonais que le
mien est rudimentaire, mais sa sollicitude me touche, je sais qu'il
m'accueille, il ne sait pas comment me faire plaisir. Moi-même,
je ne sais pas comment le remercier, je prends le livre qu'il me
tend, ému par son geste et intrigué par le livre en
question. C'est une méthode de taïchi, avec des photos
de mouvements décomposés, en noir et blanc, et aussi
des photos de groupes, des promotions en majorité masculines,
le livre date des années 70. Obaasan et sa fille Kaori ont confectionné un makisushi. Sur la table il y a de petites portions de poissons crus, différents légumes découpés, de l'omelette également découpée en tranches fines, du riz, de la moutarde verte très forte, des feuilles d'algues, de la soyu sauce. Le makisushi consiste à se fabriquer un rouleau avec les ingrédients de son choix. Comme ojiisan s'étonne que j'aime le poisson cru, je réponds que c'est peut-être parce que je suis né dans un port, il ajoute que ça doit être parce qu'il est né à la montagne qu'il n'aime pas ça. Tetsuo, lui, parce qu'il vit désormais en France et qu'il est de retour dans sa ville natale, a l'impression de ressembler à Urashima Tarô. C'est le héros d'un conte japonais. Au Japon, tout le monde connaît l'histoire de ce pêcheur qui un jour a sauvé une tortue que des enfants martyrisaient en la remettant dans la mer. Une fois à l'eau, la tortue s'est transformée en princesse, et elle a invité le pêcheur à la suivre dans son magnifique palais. Après quelques jours, celui-ci a pourtant le mal du pays. Muni d'une boîte noire qui exaucera ses vux à la condition qu'il ne l'ouvre pas, Urashima Tarô retrouve donc son village natal. Mais les rues ne sont plus les mêmes, il ne reconnaît personne et personne ne se souvient de lui. Un jour pourtant, il rencontre une vieille femme qui a bien connu un pêcheur du nom d'Urashima Tarô. Mais elle lui annonce qu'il a disparu il y a trente ans. Bouleversé de découvrir que son passage sous les eaux a été si long, le pêcheur ouvre alors la boîte noire malgré l'interdit. Aussitôt une épaisse fumée s'en échappe, et il devient vieux tout à coup. Tout en m'invitant à reprendre de la salade de fruits, des mûres du jardin mélangées à des pêches, Obaasan dit que le temps passe vite, et surtout les moments agréables de la vie. Le repas terminé, tout le monde est autorisé à allonger les jambes, on allume la télé pour connaître le résultat des élections. Kaori a voté comme ses parents, pour une candidate de centre gauche opposée à la politique gouvernementale, notamment celle des retraites. Je n'arrive pas bien à identifier le nom des partis, en tout cas c'est une claque pour Koïzumi, dont beaucoup de Japonais contestent le choix qu'il a fait d'entraîner le Japon dans la coalition anglo-américaine contre l'Irak. On a alors parlé de la guerre, la Seconde, ojiisan était au Viêt-Nam, il se souvient que les soldats français avaient de meilleures voitures qu'eux, ils étaient envieux, et il conclut, en continuant de me regarder dans les yeux, que j'ai de la chance de ne pas avoir connu la guerre. *** Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12, je me suis réveillé à la suite d'une série de rêves. Le rêve des décors détruits Le rêve de la corrida Le rêve de la fausse exposition Le rêve de la pièce de théâtre *** Je me suis recouché. Quand je me suis réveillé il était dix heures. Devant moi il y a la fenêtre, doublée d'un fin grillage, puis la courte bande de jardin, puis le mur, et la rue étroite dont je ne vois rien, sauf quand une voiture passe, et enfin le mur du jardin de la maison d'en face. Où je vois toujours la même dame, le physique d'Hervé Bazin ou celui de Patricia Highsmith. Une fois, elle accompagnait un vieux monsieur dans un fauteuil roulant, mais je ne voyais qu'une tête et le haut du dossier. Dans le jardin aujourd'hui, sur la fleur rose, il y a un papillon noir très gros. Tetsuo est parti rendre visite à sa tante
et Kaori a pris un jour de congé, si bien qu'elle et moi
passons la journée ensemble. Dans le sous-sol du magasin, des enfants occupent toute la largeur d'une allée. Ils ont étalé sur une ligne, qu'il faut enjamber, des monstres et des animaux préhistoriques. Au rayon d'à côté, dans le même emballage plastique : une baguette et un diadème réunis. Le soir, quand je suis retourné dans le parc avec Tetsuo, on a croisé une famille à vélo sur le chemin. La petite fille disait qu'il fallait allumer les lumières à partir de six heures, et, d'une voix ferme, à sa mère qui était devant : " Si tu as compris, lève la main ! " Dans le jardin désert, deux chats, tigrés roux, avachis sur une dalle de ciment. Plus loin, un gros crapaud placide. *** Dans la nuit du lundi 12 au mardi 13, je me suis réveillé à deux heures à la suite d'une série de rêves. Le rêve d'Agnès Le rêve de l'architecte dont le chien s'appelle
Néant En écrivant ce rêve, je me suis rendu compte que l'appartement de l'architecte me faisait penser à celui de la fête du samedi précédent, et j'ai eu l'impression qu'il me vengeait de cette soirée d'expatriés. *** Quand je me suis recouché, il était quatre heures. Je ne me suis pas endormi tout de suite, j'entendais des cris d'oiseaux que je n'identifiais pas, des moineaux ? suivis par un curieux et rapide " taktaktaktak ". Je me suis réveillé à dix heures, après une autre série de rêves. Le rêve de mon père pédophile Le rêve de la querelle des propriétaires Le rêve du film super 8 Aujourd'hui, je suis seulement sorti pour accompagner Tetsuo au supermarché. Pendant tout le temps qu'ont duré les courses je n'ai pas arrêté de croiser un écolier en culottes courtes, un cartable sur le dos, entre huit et dix ans, qui jouait tout seul. Circulant entre les rayons en zigzags, de temps en temps il s'arrêtait et commençait une chorégraphie. Je l'ai retrouvé au rayon traiteur, il s'était hissé sur la pointe des pieds pour attraper plus commodément, à même le plat, des miettes de raviolis frits qu'il mangeait tout de suite. Plus tard, il jouait avec les portes automatiques, et puis il est retourné dans la chaleur. *** Dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14, je me suis réveillé à la suite d'un rêve. Le rêve du service raccourci *** Mercredi 14 juillet. Promenade avec Tetsuo. La tour
de Tokyo est plus haute que la tour Eiffel, d'ailleurs elle est
peinte aux couleurs du drapeau japonais, mais elle est moins impressionnante
vue d'en bas. Plus tard, à Shinjuku, dans un restaurant,
Yuki, une amie de Tetsuo, m'explique que les jeunes Japonais utilisent
l'échelle ABC pour préciser à quel niveau de
leur relation se trouvent un garçon et une fille. De la main,
qu'elle a arrêtée à la hauteur du menton, elle
me montre une relation " A ". Et puis elle la descend
jusqu'à ses seins, c'est une relation " B ". *** Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15, je me suis réveillé à la suite d'une série de rêves. Le rêve de l'interview de Patrick Poivre
d'Arvor Le rêve des deux intrus
Le rêve du gâteau que la boulangère
ne veut pas me vendre Le rêve du foie gras rose *** Le jeudi soir nous avons dîné à
la maison avec Monsieur Shimada, un ami de Kaori. C'est lui qui
a fait la cuisine, il a préparé un sukiyaki.
C'est une sorte de pot-au-feu. Dans un plat installé sur
un réchaud à gaz au milieu de la table, on attrape
différents légumes et des morceaux de buf qui
mijotent dans leur jus auquel on a ajouté du saké.
C'est exquis. D'ailleurs Monsieur Shimada, qui adore les motos -
il en a sept dans son garage -, n'a pas manqué de nous signaler,
en sortant les fines tranches de viande délicatement enveloppées
entre plusieurs couches de papier blanc de leur belle boîte
en carton, qu'il y en avait pour au moins 200 euros. Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16, je me suis réveillé à la suite d'une série de rêves. Le rêve de la reine de Cornouaille Le rêve des chaussures oubliées
fin de la première partie [Philippe Guéguen collabore à Inventaire/Invention depuis 1999. Il est notamment l'auteur de I love New York, Inventaire/Invention éditions, 2003]
Philippe Guéguen , Un voyage à Tokyo © Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2004 w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m
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