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Il y a du nouveau…
«Depuis trente-cinq ans, toutes les actions que j'ai menées ont été soutenues par cette visée sociale : réduire l'inégalité des chances. Parce que si l'égalité des chances n'existe pas – et l'admettant, je suis plus pragmatique qu'idéaliste –, je ne puis me faire aux inégalités telles qu'elles existent, aux injustices qu'elles entraînent, et je refuserai toujours de m'y résigner.»
Ainsi Bertrand Schwartz commençait-il, en 1993, Moderniser sans exclure, ce livre que nous avions écrit ensemble et qui relatait quelques-unes de ses «recherches-actions» innovantes, en matière d'insertion sociale et de formation professionnelle.
Et il poursuivait : «D'où ce livre, destiné à faire partager cette visée au plus grand nombre, et d'abord à convaincre que les changements accélérés de nos sociétés ne peuvent se poursuivre en laissant de côté des fractions entières de la population. Parce que personne, à mon sens, ne peut penser tranquillement que la modernisation économique et technique ne peut se développer qu'au prix de l'exclusion des personnes les moins favorisées.»
À relire ces lignes avec treize ans de recul et à observer l'accroissement constant du nombre des exclus dans notre société, ne faut-il pas considérer au contraire que trop de gens, en France, se résignent à cette modernisation excluante, comme s'il s'agissait d'un mal inévitable ? et que les divers gouvernements qui se sont succédé ne se sont guère attelés à cette question avec la détermination qui s'imposerait ?
Certes, les discours depuis vingt ans ont évolué et la «fracture sociale» est devenue, politiquement, ce qu'on pourrait appeler non sans cynisme un «thème porteur» dans l'ensemble de l'échiquier politique.
Car la réalité, désormais, est devenue indéniable.
Toutefois, qu'elle envahisse aujourd'hui le discours politique de droite comme de gauche ne rassure pas, au contraire: à confronter ces discours aux stratégies promues, on peut se demander si nos démocraties ne sont pas tombées, à cet égard comme en d'autres domaines, dans une novlangue de bois. Comme si nos sociétés surfaient sur une lame de fond irrépressible et comme si le «tout économique», imposant sa loi ultralibérale, ne permettait plus de penser la solidarité sociale. À moins que ce soit la rigidité de nos structures et de nos mentalités qui soit en cause ?
À l'époque, ce mal social n'avait qu'un nom : «chômage». Aujourd'hui il s'est démultiplié, laissant apparaître un nombre croissant de «nouveaux pauvres» et de personnes vivant dans une grande précarité. En témoigne notamment l'étude de Jacques Rigaudiat, parue dans la revue Droit social de mars 2005, dont le constat est accablant : «Entre chômage, sous-emploi, précarité financière des “travailleurs pauvres”, c'est très vraisemblablement entre le quart, au moins, et le tiers de la population: soit 15 à 20 millions de personnes – 7 millions de pauvres et 8 à 12 millions de précaires –­­ qui, pour une raison ou pour une autre, ont, de façon durable, des conditions de vie marquées du sceau de l'extrême difficulté.»

Mais revenons en 1993. Après avoir décrit les principes qui l'avaient guidé et les actions de formation collectives menées avec succès dans le bassin minier de Briey entre 1964 et 1970, après avoir détaillé l'opération «Nouvelles qualifications» lancée au cours du premier septennat de François Mitterrand, de 1983 à 1986, et qui avait abouti à mettre en place dans différents sites une dynamique sociale inédite et riche de promesses quant à l'intégration d'une génération montante peu qualifiée et ne répondant pas aux demandes habituelles du marché – opération qui sera reprise de 1988 à 1992 en poussant toujours plus loin tant l'innovation que l'élaboration collective –, Bertrand Schwartz parvenait à plusieurs conclusions. La première est qu'on ne peut dissocier insertion sociale et insertion professionnelle, et qu'à force de vouloir développer une formation professionnelle dissociée de la question sociale, on ne peut qu'exclure davantage. La deuxième, intéressante aussi bien pour le patronat que pour l'ensemble des classes laborieuses, était que l'exclusion non seulement est un mal social, mais qu'elle est contre-productive pour les entreprises et, à terme, pour l'équilibre social dans son ensemble. La troisième enfin était que nier la question ne la ferait pas disparaître mais au contraire s'aiguiser, et que la seule solution était de pratiquer une politique ouverte en poursuivant la recherche collective, dans l'invention et l'innovation concertées. Force est de constater que non seulement ce n'est pas la voie qui a été suivie, mais que douze ans plus tard le mal s'est considérablement accru.

– Seriez-vous prête à écrire un nouveau livre avec moi ?
Nous sommes au printemps 2004. Comme toujours, Bertrand Schwartz n'y va pas par quatre chemins. Deux ou trois fois au cours de ces dernières années, il m'a posé cette question et chaque fois, requise par d'autres travaux, j'avais refusé. À regret.
Aujourd'hui, c'est différent. Venant d'achever un long travail, j'hésite. Mais quel livre ?
– Il y a du nouveau. Je vous dirai. Venez me voir. Nous parlerons.
Dans sa voix amicale, j'entends vibrer une pointe d'urgence. Nous prenons rendez-vous.
– J'ai besoin de vous. J'aimerais savoir ce que vous pensez de mon projet.
Puis, comme s'il avait perçu mon hésitation :
– Ne vous en faites pas, vous pourrez toujours dire non !
Trois jours plus tard, à l'heure dite, je suis en bas de chez lui. À peine ai-je sonné que sa voix résonne dans l'interphone.
– Je vous ouvre !
Le temps de prendre l'ascenseur et il est là, souriant. La tête légèrement penchée, tendant la main, puis m'invitant rapidement à entrer.
Au salon tout est prêt. Sur la table basse, un magnétophone. Il m'indique un siège.
– Depuis dix ans, il s'est passé beaucoup de choses. Je vous raconterai. Mais ce n'est pas le plus important. Ce que j'aimerais aujourd'hui, c'est faire comprendre ce que j'ai fait… Il n'est pas question, bien sûr, de récrire Moderniser sans exclure
Assis en face de moi, Bertrand Schwartz évoque rapidement ses multiples activités des dernières années, son engagement dans la médiation sociale, et le sentiment persistant que sa démarche reste profondément incomprise.
– Vous comprenez, quand je vais voir des élus ou d'autres responsables, ils trouvent tel ou tel détail formidable, ils s'en emparent… mais ça ne sert à rien! C'est l'ensemble de la démarche qu'il faut adopter! Et ça…
Du bras il balaie l'espace, puis ajoute :
– Depuis quelque temps, je reprends toutes mes recherches… et je m'aperçois – comment vous dire ? Au fond, dans Moderniser sans exclure , j'ai décrit un certain nombre d'actions, mais je n'ai fait que les décrire justement, et je me demande si j'ai réussi à faire entendre l'esprit de ma démarche… Le comprenais-je moi-même, d'ailleurs ? Parfois, j'ai l'impression de saisir seulement maintenant ce que j'ai fait il y a trente ans… À ce train-là, dans cinquante ans, j'aurai peut-être tout compris !
Il rit. Puis, sérieux à nouveau :
– Ce dont je me rends compte aujourd'hui, c'est que j'avais des objectifs très louables, pour les atteindre j'ai mis en œuvre des procédures très intéressantes, mais ce à quoi je suis arrivé n'a pas grand-chose à voir avec ce que j'imaginais… d'autant que mes démarches elles-mêmes n'ont pas cessé de se modifier ! C'est pour ça que j'ai besoin de vous. Je voudrais que vous m'aidiez à réfléchir à tout cela… Qu'en pensez-vous ?

À quatre-vingt-six ans, cet homme qui a consacré toute son existence à l'innovation sociale, cet homme qui n'a cessé de mettre au point et de perfectionner des méthodes et des dispositifs originaux pour conduire et accompagner le changement social n'a rien perdu de son énergie. Sa révolte contre les inégalités, son obstination à démontrer qu'il s'agit d'un mal curable sont intactes ; son engagement, indéfectible. Mais l'enjeu, aujourd'hui, n'est plus le même. Que deviendront ses découvertes lorsqu'il ne sera plus là pour les animer et les soutenir ? Et puis il s'interroge: comment se fait-il que ces actions sociales menées depuis quarante ans, ces actions qui avaient donné sur le terrain des résultats souvent très positifs et passionné les acteurs qui y avaient participé, ont été abandonnées les unes après les autres par tous les gouvernements, y compris ceux qui se disaient de gauche ?
– Je me pose beaucoup de questions… Quand je vois la situation actuelle, je suis effaré. Mais je n'ai pas abandonné, vous savez! On m'appelle encore, je continue de consulter, de faire des conférences, de participer à des rencontres… Mais enfin, on fatigue un peu…
Il sourit tristement avant de poursuivre :
– Surtout, quand je vois ce que sont devenus les sites où j'ai travaillé… Rien n'a été poursuivi, ni relancé.
– Comme si l'esprit de votre démarche ne se transmettait pas ?
– Exactement.

Depuis plusieurs mois, Bertrand Schwartz reprend ses archives, relit ses dossiers, comme s'il cherchait entre les lignes ce qui n'a pas été dit, ou pas entendu. L'écho que rend aujourd'hui son travail.
Lui qui a consacré son existence à écouter les autres, à entendre et à faire entendre dans leur parole ce que personne ne veut entendre, lui qui n'a cessé de sillonner la France et de s'articuler au «terrain», devenant lui-même le maillon essentiel d'un dialogue social en profondeur, s'est mis soudain à l'écoute de son propre travail. Qu'y a-t-il de si compliqué dans ce qu'il a promu pour que les démarches innovantes qu'il avait mises en œuvre aient été, l'une après l'autre, abandonnées ?
– C'est un échec complet, Louise. Oh, je ne dis pas qu'on n'a pas gardé ici ou là tel ou tel détail… Mais l'essentiel est trahi. Quand je dis cela dans des rencontres aujourd'hui – parce que je le dis! –, on me répond que j'ai tort. Mais je vois bien que j'ai raison… je vois bien ce qu'ils font! L'écoute participante, qui est le cœur de cette démarche, n'est plus mise en œuvre.
– Vous voulez dire qu'ils appliquent des recettes ?
– Je ne sais pas, peut-être. C'est tout un ensemble, c'est cela qui compte. La démarche . Mais cela, comment le transmettre ?
C'est donc cette place-là qu'il m'a assignée.
Sans doute parce que c'était la mienne. Rien à cela d'étonnant – ne rêvais-je pas, enfant, d'être écrivain public ? Voyant déjà dans l'écriture un outil vital pour se faire entendre, rêvant déjà ce rôle d'interprète pour celui qui cherche la juste façon de dire tout en se heurtant constamment au sentiment de ne pas trouver les mots, ou le ton, pour se faire pleinement comprendre.
Les mots pourtant, Bertrand Schwartz sait les manier. Le nombre de pages qu'il a lui-même écrites dans sa vie se compte par milliers. Mais il est vrai que c'est un scientifique. Un polytechnicien doublé d'un ingénieur des mines. Un rationaliste impénitent qui croit dur comme fer à l'objectivité. Paradoxe surprenant chez un homme qui n'a cessé d'écouter l'humain et de l'entendre mieux que bien d'autres. S'il a cherché à traduire en termes rationnels ce qu'il a fait, pense-t-il qu'il n'a écouté ses partenaires qu'avec sa raison ? Croit-il que seule sa rationalité a été le moteur si puissant de son œuvre ? S'imagine-t-il que sa révolte contre les inégalités est rationnelle ? Qu'elle soit à la fois généreuse et raisonnable, je n'en doute pas. Mais je m'interroge aussi sur ce qui l'a poussé, toute sa vie, à remuer des montagnes pour changer le monde. Le sait-il ?
Rentrant chez moi après cette première conversation, je me demande si ce qu'il cherche, ce n'est pas simplement à faire vivre autrement ce qui l'a animé toute son existence. Incarner son travail plutôt que le décrire. Accomplir cette chose impossible qui est peut-être, toujours, l'enjeu d'un livre : y faire passer le souffle d'une vie.

«Un échec complet». Constat terrible, après cinquante de travail acharné. Pourtant, à voir l'état de fragilisation actuel de notre société, la régression constante de l'instruction, la marginalisation croissante de populations en difficulté, le désarroi d'une jeunesse qui se demande dans quel monde elle a débarqué et quel avenir il peut lui offrir, je ne peux lui donner entièrement tort. Mais de quel échec parle-t-il ? Est-ce bien le sien ? ou plutôt celui d'une classe politique qui n'a pas su mettre à profit les nouveaux outils qu'il apportait ? ou encore celui d'une génération dépassée par les mécanismes mondiaux et qui, pour survivre, s'est crue contrainte de renoncer aux ambitions d'une Europe sociale plus égalitaire que les modèles démocratiques actuels ?
«Les gens qui réussissent sont ceux qui savent s'adapter à la réalité. En revanche, ceux qui persistent à vouloir élargir la réalité aux dimensions de leur rêve échouent. Et c'est pourquoi tout progrès humain est dû en définitive aux gens qui échouent. » L'ironie clairvoyante de Simon Leys décrit parfaitement, à mon sens, l'échec qui hante aujourd'hui Bertrand Schwartz: c'est l'échec à court terme de ceux qui voient plus loin et anticipent le changement nécessaire, auquel toute société spontanément résiste. C'est l'échec temporaire et conjoncturel d'un homme qui, porté par une expérience oubliée et une philosophie qu'il ne formule pas, a cru toute sa vie à la possibilité d'avancées sociales articulées au progrès économique, scientifique et technique. Et il ne s'est pas contenté d'y croire béatement: il a apporté, sur le terrain, des preuves ponctuelles de cette possibilité.

C'est donc de là que nous sommes partis. De cette question qui le taraude: pourquoi, alors que les résultats obtenus sur le terrain étaient plus qu'encourageants, alors que les méthodes nouvelles qu'il avait mises au point ouvraient à un dialogue social en profondeur et redynamisaient les entreprises ou les collectivités dans lesquelles il avait mené ses actions, pourquoi ces méthodes n'ont-elles pas été reprises, voire prolongées? Quels obstacles inaperçus ont-elles rencontrés ?
Très vite, je me suis rendu compte que la réponse était vraisemblablement multiforme et que si, sur certains sites, ses actions collectives avaient rencontré un certain succès, c'est à la fois parce qu'il avait su les porter, les accompagner au jour le jour avec autant de fermeté que de souplesse, et parce qu'il avait réussi à créer sur le terrain des liens de confiance assez forts avec tous les partenaires pour être suivi.
Tout en retenant cette hypothèse, il se demande aussi si la méthode elle-même a bien été saisie et s'il ne faut pas, encore, l'expliciter :
– On me dit parfois que j'ai fait «du Schwartz» et c'est vrai, évidemment… Mais on peut dissocier ce que j'ai fait de ce que je suis, non ? D'ailleurs, j'ai toujours dit aux autres que ce n'était pas du Schwartz qu'ils devaient faire, mais du… «eux-mêmes», si j'ose dire, vous me comprenez, du Dupont, du Durand, en s'inspirant de mes méthodes. Chacun fait avec ce qu'il est, et c'est évidemment la seule façon de faire avancer les choses. Cela dit, moi, j'apporte de nouveaux outils, et c'est la validité de ces outils qui est en cause. Mais ces outils en soi ne valent rien bien sûr. Si l'on veut les utiliser, il faut comprendre comment ils fonctionnent, pourquoi ils fonctionnent, et commencer par se les approprier. Et c'est là que je vous attends bien sûr…, ajoute-t-il dans un sourire.

Longtemps, au cours des nombreux entretiens que nous avons eus et que j'enregistrais puis décryptais mot à mot, je me suis demandé pourquoi il avait fait appel à moi et quel livre il imaginait que nous pourrions écrire ensemble. Un livre à deux voix, m'avait-il dit au cours de notre première rencontre. Puis un matin, il m'a appelée. Il venait de lire Nous ne verrons jamais Vukovar.
– J'ai réfléchi. Je crois que ce livre, c'est vous qui devez l'écrire. Vous êtes d'accord ?
Immédiatement, j'ai songé à Pierre Cazenave, avec lequel j'avais suivi un chemin identique : le projet d'un livre commun ; puis soudain, en cours de travail, le transfert du projet qui m'en faisait l'auteur, comme si l'autre avait saisi chez moi cette aptitude singulière à traduire sa pensée, voire à la percevoir avant même qu'il l'ait exprimée.
Aussi n'ai-je pas répondu à Bertrand Schwartz que je me demandais bien au nom de quoi, moi qui n'ai en la matière aucune compétence particulière, j'allais me mettre à parler d'innovation sociale. Sans l'avoir explicitement formulé, ne savions-nous pas tous deux que ce qu'il me demandait débordait cette question ? Au moins partagions-nous la même illusion: nos échanges l'avaient convaincu que nous parlions de la même chose et que nous cherchions, par des voies différentes, à dire la même chose. Et parce que j'avais moi-même l'intime conviction de comprendre ce qu'il faisait sans trop savoir encore comment je parviendrais à le traduire ni où cela me mènerait, et parce qu'il me faisait confiance pour y parvenir, j'ai accepté.

 

 

 

 

Louise L. Lambrichs / L'invention sociale, à l'écoute de Bertrand Scwartz , éditions Philippe Rey, 2006.
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2006
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« Depuis cinquante ans, toutes les actions que j'ai menées ont été soutenues par cette visée sociale : réduire l'inégalité des chances. Parce que si l'égalité des chances n'existe pas – et l'admettant, je suis plus pragmatique qu'idéaliste —, je ne puis me faire aux inégalités telles qu'elles existent, aux injustices qu'elles entraînent, et je refuserai toujours de m'y résigner. »

Bertrand Schwartz (aujourd'hui âgé de 86 ans) n'a cessé d'inventer de nouvelles démarches pour lutter contre les inégalités sociales. Tous ceux qui ont participé à ses recherches et actions en ont été profondément marqués et peu de gens ont, comme lui, contribué à démontrer que l'exclusion sociale n'est pas une fatalité.

Ses initiatives ont débuté dans les années cinquante, lorsqu'il fut placé à la direction de l'École des Mines, dont il révolutionna l'enseignement en remplaçant un programme rigide de cours magistraux par une organisation plus souple, impliquant les élèves eux-mêmes. Le ton Schwartz est donné : il fera de l'écoute et de l'élaboration collective les piliers de sa démarche. De nombreuses missions lui seront confiées (réorganisation de la Préfecture de Bordeaux, création de l'Institut national de formation à Nancy, etc.) ainsi que des rapports dont celui qu'il remit au Premier ministre, Pierre Mauroy, en 1981, sur l'insertion sociale et professionnelle des jeunes en difficulté, le fameux « Rapport Schwartz » qui fait encore référence aujourd'hui pour bon nombre de professionnels de la formation continue. Il a reçu, en 1989, le prestigieux prix Grawemayer, que l'on qualifie de prix Nobel de l'Éducation.

Louise L. Lambrichs connaît bien Bertrand Schwartz et a souhaité récapituler, grâce à des entretiens et des analyses personnelles, l'esprit de sa démarche, pour permettre au lecteur de s'en imprégner voire de s'en inspirer. Comment s'y prendre pour initier un changement social, et donner à chacun toutes ses chances ? L'expérience de Bertrand Schwartz constitue une réponse vivante à cette question très actuelle, et ouvre de nouvelles perspectives.


 

 

 



ACTUALITE DU LIVRE

 

••• PARUTION
du livre le 9 mars 2006

aux éditions Philippe Rey
[ www.philippe-rey.fr ]


 

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Bertrand Schwartz

Né le 26 février 1919 à Paris Marié, 4 enfants.
Ancien élève de l'école Polytechnique, Ingénieur au corps des Mines.

Depuis son célèbre rapport sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes, paru en 1981, Bertrand Schwartz s'est imposé comme l'un des meilleurs spécialistes français des questions de formation professionnelle continue.

••• Quelques travaux et publications :

- Moderniser sans exclure, Paris, La découverte, 1994
- L'insertion des jeunes en difficulté, (rapport Premier ministre), Paris, La Documentation Française, 1981
- Une autre école, Paris, Flammarion ("La Rose au poing"), 1977
- L'éducation demain, Paris, Aubier-Martaga, 1993


 

Trois publications sont disponibles en hommage à Bertrand Schwartz :


UN LIVRE

L'invention sociale. A l'écoute de Bertrand Schwartz.
Par Louise L. Lambrichs. Edition Philippe Rey 2006.

Depuis cinquante ans, Bertrand Schwartz n’a cessé d’inventer de nouvelles démarches pour lutter contre l’exclusion et les inégalités sociales. Tous ceux qui ont participé à ses recherches-actions en ont été profondément marqués et peu de gens ont, comme lui, contribué à démontrer que l’exclusion sociale n’est pas une fatalité.
Au-delà des expériences relatées dans ses précédents ouvrages, ce livre traduit l’esprit de sa démarche, pour
permettre au lecteur de s’en imprégner voire de s’en inspirer. Comment s’y prendre pour entreprendre un
changement social, tout en donnant à chacun toutes ces chances ? L’expérience de Bertrand Schwartz constitue
une réponse vivante à cette question très actuelle, tout en ouvrant de nouvelles perspectives.

Format : 14,5 x 22 cm
240 pages / Prix de vente TTC : 18 €
ISBN : 2-84876-053-2 / Parution : 9 mars 2006


SOMMAIRE

  • Il y a du nouveau
  • La guerre, la mine, première réforme
  • De l'université au monde ouvrier
  • Quand la tête accepte de bouger
  • Au temps où l'Europe avait de l'ambition et le goût de l'invention sociale
  • Un rapport explosif..
  • et resté secret
  • A l'écoute des jeunes
  • Faire mentir les préjugés
  • Le désengagement médiatique
  • Une invention évolutionnaire pour dynamiser le changement social
  • Pas de médiation sociale sans élaboration collective

>>> www.philippe-rey.fr/france/invention_sociale.htm

 

UN DOSSIER de la Revue "POUR" du GREP,

intitulé Construire une pensée collective pour l'action.
Par Bertrand Schwartz et Gérard Sarazin.


Ce dossier de la revue POUR invite les formateurs et les travailleurs sociaux à raisonner en termes de
recherche-action collective. Plus qu’un exercice d’analyse ou de réflexion, il montre comment, à travers
un ensemble d’expériences, une pensée collective se construit, dans une démarche participative d’innovation
sociale qui suscite l’action. L’ambition de ce dossier est donc de permettre aux acteurs de la formation
et du travail social d’agir pour tendre vers l’égalisation des chances.
Construire une pensée collective pour l’action a toute sa place dans les publications du Groupe de recherche
pour l’éducation et la prospective (Grep) qui, depuis sa création en 1964, est un lieu ouvert de recherche,
de débat et de proposition, particulièrement sur les questions d’éducation permanente, de formation, de
développement individuel et collectif.

>>> www.grep.fr/pour/index.htm

 

UN CD et UN DVD 

L'oeuvre de Bertrand Schwartz : ses archives et les Grands Entretiens.
Par Geneviève Auroi-Jaggi, collaboration Pierre Dominicé et Bertrand Schwartz.

Pour garder en mémoire l'oeuvre remarquable de Bertrand Schwartz, ce CD interactif regroupe de nombreux textes inédits: ses rapports, interviews et entretiens, conférences, enregistrements vidéo et son, ainsi que des articles parus dans la presse de 1950 à nos jours témoignant de ses actions et engagements. Un moteur de recherche intégré permet de retrouver facilement les données dans tous les documents. Cet outil
incontournable permet aux cadres de la formation et de l'emploi, formateurs, élus, journalistes, historiens
de trouver des références et des documents d'actualité utiles à leur profession.
Le DVD est un entretien télévisé de 42 minutes mené par Geneviève Auroi-Jaggi, dans lequel Bertrand
Schwartz livre le fruit de 40 ans d'actions et de réflexions.

>>> www.unige.ch/formcont/bertrandschwartz

 

 

Bertrand Schwartz
& Louise L. Lambrichs

UN LIVRE

Moderniser sans exclure
Par Bertrand Schwartz, en collaboration avec Louise L. Lambrichs. Edition La Découverte, 1994.

L'auteur tente de convaincre que les changements accélérés de nos sociétés ne peuvent se poursuivre en laissant de côté des fractions entières de la population. Il montre notamment que des solutions existent pour faire face à l'exclusion et au chômage.

 

 

Louise L. Lambrichs

Née le 2 mai 1952 au milieu des livres et des écrivains, Louise L. Lambrichs a rêvé, dès l'enfance, de consacrer sa vie à lire et à écrire. Un rêve qu'elle réalise de diverses façons, en devenant nègre, d'abord, puis en écrivant pour son compte. Si la littérature reste son domaine de prédilection (elle publie plusieurs romans dont certains - Journal d'Hannah, Le Jeu du roman - obtiendront des prix, en France et en Belgique, et seront traduits en plusieurs langues), son imaginaire romanesque se nourrit d'expériences, d'enquêtes et de réflexions qu'elle élabore par ailleurs dans des essais ayant trait à la médecine et à la maladie (La vérité médicale, Le Livre de Pierre) ou encore à l'histoire et à la vérité historique (Les révoltés de Villefranche). Parce que si les genres littéraires sont multiples, la vie est une, et de même l'écriture : une écriture qui, quelque forme qu'elle prenne, engage pleinement celui qui s'y risque.


••• Bibliographie:

Romans
Le Cercle des sorcières, roman, Paris, 1987, éditions de la Différence (épuisé).
Journal d'Hannah, roman, Paris, 1993, éditions de la Différence (épuisé), Livre de Poche, 1994 (épuisé), Petite Bibliothèque de l'Olivier (2002).
Le jeu du roman, roman, Paris, 1995, éditions de la Différence (épuisé) ; Points Seuil, 1998.
A ton image, roman, Paris, éditions de l'Olivier, 1998.
Aloïs ou La nuit devant nous, Paris, éditions de l'Olivier, 2002.

Essais
La dyslexie en question, essai sur la sémiophonie, Paris, Robert Laffont, 1989.
La vérité médicale ; Claude Bernard, Louis Pasteur, Sigmund Freud, méthodes et réalités de notre médecine, Paris, Robert Laffont, 1993 ; Hachette "Pluriel" (n°8690), 1994.
Le livre de Pierre - Psychisme et cancer, Paris, 1996, éditions de la Différence (épuisé) ; nouvelle édition avec postface inédite, Le Seuil, 1998.
Les révoltés de Villefranche (Mutinerie dans un bataillon de Waffen SS, septembre 1943), avec Mirko D. Grmek, Paris, Le Seuil, 1998.

Pour les enfants petits et grands
Pourquoi les microbes sont devenus invisibles ? (Une histoire comme ci en hommage à Rudyard Kipling). Dessins de Granjabiel. Editions Tant et Temps, 2002. (Tirage limité à 60 exemplaires, signés par les auteurs, sur Lana Prime 300 g, avec 11 sérigraphies.)

Autres
Petit cryptionnaire des expressions françaises, hors commerce, Paris, éditions de la Différence, 1996.
Naître et naître encore, Paris, Albin Michel, 2001.
Chemin faisant, Inventaire/Invention éditions, 2001.
Le cas Handke, Inventaire/Invention éditions, 2003.
Nous ne verrons jamais Vukovar,
éditions Philippe Rey, 2004.
L'invention sociale. A l'écoute de Bertrand Schwartz, éditions Philippe Rey, 2006.

 

 

••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:

 

Le cas Handke
un livre de Louise L. Lambrichs
Inventaire/Invention éditions, 99 pages, 2003, 5 €


[En 1996, Peter Handke demande publiquement « Justice pour la Serbie ». Cet engagement unilatéral, prenant la défense d’un régime qui mène une guerre sanglante et a renoué avec une idéologie de nettoyage ethnique remontant en Serbie au XIXe siècle, suscite à l’époque de nombreuses polémiques. L’écrivain estimé, contestataire, des années soixante-dix aurait-il « disjoncté » ? En 2002, Handke récidive en publiant un témoignage sur le procès de Milosevic, sur la culpabilité duquel il s’interroge. C’est l’occasion pour Louise L. Lambrichs, très engagée elle-même dans ce conflit, de s’interroger à son tour. Pourquoi Handke prend-il une telle position ? Relisant toute son œuvre, elle y découvre une réponse qui permet de le situer et de comprendre la logique interne qui régit aussi bien l’œuvre que l’engagement politique de cet écrivain emblématique d’une génération.]

 

Chemin faisant
un livre de Louise L. Lambrichs
Inventaire/Invention éditions, 72 pages, 2001, 5 €

[Une réponse qui n'ouvre pas sur une nouvelle question est un coup d'arrêt donné à la pensée, une atteinte à la liberté, à la vie...]

 


••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Documents


Nous ne verrons jamais Vukovar
une page entièrement consacrée à la parution du dernier livre de Louise L. Lambrichs, aux éditions Philippe Rey, Nous ne verrons jamais Vukovar .  Ainsi qu'à l'actualité de Louise L. Lambrichs autour de cette publication.

TEXTE,
N'oubliez pas Srebrenica

PÉTITION,
Pour la reconstruction d'une Bosnie libre et démocratique

TEXTE INTEGRAL DE LA CONFERENCE,
de Louise L. Lambrichs à la Maison de l'Amérique Latine, le 15 février 2005:
Présentation de « Nous ne verrons jamais Vukovar » à la Maison de l'Amérique latine. par Louise L. Lambrichs

 

••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique L'Ivention du réel

Chemin faisant , lecture de Louise L. Lambrichs
une lecture de Chemin faisant de Louise L. Lambrichs.
Par Louise L. Lambrichs à la bibliothèque Saint John Perse, en 2003.


 

••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Entretiens


Le Chemin de Georges Lambrichs
un entretien avec Gilberte Lambrichs. Par Louise L. Lambrichs
[ Louise L. Lambrichs : J'aimerais que tu m'aides à retracer quel fut le chemin de Georges, à travers les revues essentiellement, et comment, venant de Bruxelles, il a fini par devenir, en 1977, rédacteur en chef de la nrf.
Gilberte Lambrichs : Il faut dire tout d'abord que quand j'ai rencontré Georges, en 1942, à Bruxelles, il était déjà très engagé dans la littérature au sens où il avait déjà écrit, publié des articles critiques et collaboré à des revues...]


 

••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Lectures


Révolution minuscule
une lecture de Seine-Saint-Denis de François Vergne.
Par Louise L. Lambrichs

Lettre à vendre
une lecture de La reine du silence de Marie Nimier.
Par Louise L. Lambrichs

 


••• De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique La Place

Srebrenica, 11 juillet 2005
[Le 11 juillet 2005, quelques manifestations sporadiques auront lieu en France, en Suisse, aux Pays-Bas, ailleurs peut-être, pour rappeler un événement majeur de l'histoire occidentale dont les hommes politiques européens ne semblent pas avoir pris la mesure. On parlera sans doute de « désastre », de « catastrophe », de « tragédie ». Comme si la fatalité était de la partie. Et comme si la responsabilité de cet événement n'incombait pas à l'ONU (qui a décidé d'abandonner les enclaves musulmanes de Bosnie après avoir promis de les protéger) et à ses États membres, dont beaucoup de représentants se trouvaient sur le terrain...]


N'oubliez pas Srebrenica
[
C'était il y a dix ans, le 11 juillet 1995
Le retour de l'innommable, sur le continent européen
N'oubliez pas Srebrenica, demandez ce qui s'est passé
Ne fermez pas les yeux, ne tournez pas la page mais lisez-la...]

Pétition: Pour la reconstruction d'une Bosnie libre et démocratique



À notre image
[Je n'avais guère plus d'une dizaine d'années lorsque mon père, rentrant un jour de l'Opéra extrêmement ému, nous conta l'étrange aventure qui venait de lui arriver. Se rendant pendant l'entracte au foyer, il avait au loin aperçu son frère, au milieu de la foule....]

Un message de Louise L. Lambrichs
adressé à Patrick Cahuzac le 15/05/02
[ J'ai lu ton papier, que je trouve très bien. En effet, Jospin n'était pas l'homme de la situation et semble n'avoir pas compris ce qui se passait. D'une façon plus générale, il me semble surtout que la gauche qui nous a gouverné ces dernières années s'est laissée emporter par le mythe du Front populaire, et dans ce sens a été une gauche passéiste incapable de mesurer les urgences actuelles, tout à fait nouvelles...]

Peter Handke tel qu'en lui-même, 19 avril 2004
un texte de Louise L. Lambrichs
[ Peter Handke ne comprend toujours pas de quoi on l'a accusé, il ne sait pas. Peter Handke continue de se présenter, à la lettre, comme un « innocent ».

Peter Handke ignore semble-t-il que lorsqu'on ne sait pas quelque chose, on peut essayer de savoir. Lire, se documenter, revoir sa copie. Le cas Handke lui a été adressé par la revue Inventaire/Invention. Il est difficile d'imaginer qu'un écrivain recevant un texte qui lui est consacré ne le lise pas. Il faut donc admettre que Peter Handke ne veut pas savoir et que son refus de savoir, comme je le supposais, est solide. C'est bien ce qu'il faut conclure en effet de la longue interview qu'il a accordée au Figaro Littéraire du 15 avril 2004, dans laquelle il multiplie les dénis, dont on notera ici les plus patents...]

Chère Marija
Lettre à une amie croate à propos de la Constitution européenne
[ Chère Marija,

Comme je te le disais l'autre jour au téléphone, je suis consternée par la décision adoptée par l'Union européenne de retarder l'ouverture des négociations pour l'entrée de la Croatie en Europe. Le sentiment d'un certain nombre d'entre nous est qu'une fois de plus, la Croatie fait les frais des dénis européens… et c'est bien contre ce dénégationnisme , caractéristique du « politiquement correct », que nos démocraties ont aujourd'hui à lutter...]

Du nouveau sous le soleil noir de la psychanalyse ?
[ Le 6 octobre 2005, Bernard-Henri Lévy et Jacques-Alain Miller ont adressé à divers intellectuels une lettre leur proposant, pour réagir en particulier au Livre noir de la psychanalyse, mais aussi aux diverses attaques dont la psychanalyse a récemment été l'objet, de dire, un par un, « comment il a rencontré la discipline freudienne, ce qu'il lui doit, en quoi elle lui importe ». Les textes doivent paraître dans La Règle du Jeu de janvier 2006. Bien que l'invitation à témoigner précisât que la longueur du texte était « ad libitum  », ce texte-ci, qui était proposé, a dû être réduit de moitié, vu le nombre de collaborateurs au numéro de la revue et les contraintes éditoriales. Le texte qui paraîtra dans La Règle du jeu est donc tronqué de toute la partie politique, actuelle, ce qui en affaiblit malheureusement la portée. Je remercie donc Patrick Cahuzac d'avoir bien voulu accepter de le publier, conjointement, dans son intégralité, pour les lecteurs d'Inventaire-Invention ...]

 


 

 

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