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Sachant que la Serbie en 1942 fut le premier pays déclaré « judenrein » [épuré des Juifs] par les autorités nazies et qu'il existait, à l'époque, des camps de Juifs en Serbie, à Bajnica et à Sajmite, tenus par l'administration serbe, Sachant que cette mémoire n'a cessé d'être déniée et manipulée par les nationalistes serbes pour déclencher la guerre en 1991, Sachant que cette mémoire reste aujourd'hui déniée et ignorée de la jeune génération, Sachant que ce déni collectif a permis la répétition de cette même politique planifiée de nettoyage ethnique, à l'encontre, cette fois, des Croates, des Bosniaques, des Albanais du Kosovo, Sachant que les autorités serbes actuelles ne veulent toujours pas reconnaître leurs responsabilités historiques et que le peuple serbe s'imagine toujours qu'il a été victime d'un « génocide » « comme les Juifs » et qu'il est innocent, sans savoir que la Serbie a, comme bien d'autres pays d'Europe, activement collaboré à la Shoah , Nous demandons à l'Union européenne et à l'ONU : 1°) la création d'un mémorial aux victimes juives de la Deuxième Guerre mondiale en Serbie, à Bajnica et à Sajmite ; 2°) la reconnaissance officielle de l'agression par la Serbie de Milosevic de s républiques slovène, croate, bosniaque, et de sa politique d'apartheid contre les Albanais du Kosovo, et que cette reconnaissance officielle, ainsi que la mise à disposition des archives, fassent partie des conditions requises pour l'entrée de la Serbie dans l'Union européenne ; 3°) le désaveu des conquêtes territoriales grands-serbes, l'arrestation immédiate des organisateurs du nettoyage ethnique que sont Ratko Mladic et Radovan Karadzic, et la reconstruction d'une Bosnie libre et démocratique , qui seule permettra le retour des réfugiés chez eux ; 4°) la création, le plus rapidement possible, d'un programme européen d'étude de l'histoire pour la jeune génération croate, serbe, bosniaque, albanaise, qui montrerait comment ces dénis historiques, instrumentalisés par la propagande nationaliste, ont permis le retour, dans les Balkans, de camps où les hommes étaient stérilisés et exterminés, comme pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Étant donné le rôle criminel des mouvements tchetniks depuis 1991, la réhabilitation des tchetniks par le Parlement de Belgrade, en décembre 2004, est une provocation inacceptable. Aucune chancellerie européenne n'a réagi. Tant que ces dénis continueront d'être officialisés, il n'y a aucune chance pour que se réalise une véritable réconciliation entre les jeunes générations. Nous demandons que la diplomatie française et celles des autres pays d'Europe protestent contre cette réhabilitation en proposant à la Serbie un moratoire sur ces commémorations, en attendant l'ouverture des archives et l'élaboration collective d'une histoire répondant aux critères scientifiques de l'historiographie européenne.
Louise L. Lambrichs, auteur de : Nous ne verrons jamais Vukovar, André Jarry, Docteur ès Lettres,
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