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Ingeborg Bachmann appelée « la petite elfe » ou « le hibou » (dans une Carinthie vendue au national socialisme bien avant l'entrée des troupes hitlériennes). Isolde, la sur d'Ingeborg Bachmann. Heinz le frère, le petit frère d'Ingeborg Bachmann « Je ne pouvais concevoir d'en avoir un à moi parce que j'aimais trop mon frère, je le trouvais plus beau que tous les autres enfants ». Ingeborg Bachmann à dix-huit ans, grimpant dans un arbre, folle de bonheur parce qu'un garçon lui a baisé la main « Je me suis dit que plus jamais je ne me laverais les mains ». Ingeborg Bachmann en route vers Vienne. Ingeborg Bachmann en route vers Vienne après Innsbruck et Graz. Ingeborg Bachmann devant un cerisier, tache d'or démesuré, torche céleste lancée par un ange. Ingeborg Bachmann à Vienne obtenant les protections nécessaires. Ingeborg Bachmann parlant après Proust de la loi cruelle de l'art et de l'écriture comme une contrainte, une obsession, une damnation et une punition. Les premiers poèmes d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et Hans Weigel. Ingeborg Bachmann stratège (se mettant en tête de devenir célèbre). Ingeborg Bachmann et le groupe 47. Ingeborg Bachmann rencontre Paul Celan. Paul Celan aidé par Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann lisant Kafka, Rimbaud et Blake avec 15 watts dans un hôtel parisien, Freud Adler et Jung avec 360 watts dans une rue solitaire de Berlin, Proust à Munich jusqu'au petit jour, Marx et Engels en se séchant les cheveux et Lénine complètement ivre. L'écriture pictographique de Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et l'encre rouge dessinant les fleurs du lys martagon. « Si ce n'est moi, c'est quelqu'un qui vaut autant que moi » dit Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann à Paris, hôtel de la paix. Ingeborg Bachmann à Londres (ne pouvant y rencontrer Wittgenstein qui est malade). Ingeborg Bachmann et Musil. Ingeborg Bachmann assistant à la générale de la Traviata dans une mise en scène de Visconti. Ingeborg Bachmann et l'Italie. Ingeborg Bachmann et l'opéra. Les livrets d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann écrivant des pièces radiophoniques sous le pseudonyme de Ruth Keller. Ingeborg Bachmann marchant le long du Tibre, dans un sens et dans l'autre et se demandant s'il ne vaut pas mieux être morte ici qu'à demi-morte à Munich. Ingeborg Bachmann et la prose. La prose d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann cryptant ses livres. Les lettres de Paul Celan à Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et la nouvelle. Ingeborg Bachmann rejoignant Hans Werner Henze sur l'île d'Ischia. Un après-midi d'automne 1954 Bertold Brecht a souligné en rouge une strophe d'un poème d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann à Paris, dans un café des Halles. C'est l'aube et à la table à côté, les bouchers aux tabliers sanglants. Ingeborg Bachmann et Max Frisch. Philippe Jaccottet traducteur de Ingeborg Bachmann. Les passages sautés par Philippe Jaccottet dans sa traduction du roman de Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et son « Ici c'est toujours la guerre ». La trame polyphonique des livres d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et le monde du rêve. Ingeborg Bachmann cryptant de vers de « Pavot et mémoire » son roman « Malina ». À Francfort, la chaire de poétologie créée pour Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et son « Ma part c'est d'être perdue ». Le rire d' Ingeborg Bachmann. Une nuit à Hambourg, dans un knipe, Katja Lange-Müller m'a parlé d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et l'alcool. L'humour d'Ingeborg Bachmann. Le formidable humour de Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et la Galicie de Joseph Roth. Ingeborg Bachmann se demandant où est passé le virus du crime. Ingeborg Bachmann et l'empire austro-hongrois. Ingeborg Bachmann laissant couler l'eau de sa baignoire. Helmut Heissenbüttel lecteur des poèmes d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann introduisant des citations musicales (Schoenberg) dans son roman. Ingeborg Bachmann s'interrogeant sur la prostitution universelle. Ingeborg Bachmann jouant aux échecs (elle ne fait pas travailler ses pièces, sa dame est paralysée). L'agenda d'Ingeborg Bachmann. Les dates du 7 et du 9 laissées vides dans l'agenda d'Ingeborg Bachmann (deux jours sans énigme, sûrement sans migraine, sans angoisse ni souvenir intolérable). Ingeborg Bachmann glissant sa main sur sa nuque, comme pour soutenir sa tête. Ingeborg Bachmann dînant à plusieurs années de distance et dans des lieux différents avec trois assassins. Ingeborg Bachmann et les rêves. Les rêves d'Ingeborg Bachmann dans les livres d'Ingeborg Bachmann et les rêves d'Ingeborg Bachmann dans les nuits d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann dans un manteau de sibérie. Quelle espèce de livre sera ton livre ? s'interroge Ingeborg Bachmann (un livre sur l'enfer). Ingeborg Bachmann et la lecture « Ce qui compte c'est moins les livres que la lecture non je ne prends pas de drogue, seulement des livres ». Un jour d'avril, à la terrasse d'un bar sur le port de Marseille, Catherine Weinzaepflen me parle d'un poème de Ingeborg Bachmann. Les cigarettes fumées par Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et Thomas Bernhard. Ingeborg Bachmann et Reinhold Lenz. « Pourquoi la mer Rouge abrite-t-elle autant de requins qui sont les animaux les plus cruels du monde ? » se demande Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et l'usage des noms (ils sont dérangeables, sémantiquement et phonétiquement). Ingeborg Bachmann et l'entreprise d'un unique long livre dont le titre aurait pu se traduire par « Roman sur les façons de mourir » ou « Différents genres de mort ». Ingeborg Bachmann librettiste. Ingeborg Bachmann lue par Elfride Jelinek (« Ce bas-ventre particulier, commun à toutes les femmes, fait bien de cette femme (unique) une femme semblable à toutes les autres »). Ingeborg Bachmann constatant « Je téléphone, je fume et j'attends ». Ingeborg Bachmann et son affirmation capitale « Guerre et paix, ça n'existe pas » (Entendez : il n'y a que la guerre). Ingeborg Bachmann et « Ici c'est toujours la violence » « Toujours le combat ». Ingeborg Bachmann et les médicaments. Ingeborg Bachmann et la maladie « ce sont donc les malades sur qui l'on peut compter, chez qui la sensibilité pour l'injustice et la monstruosité n'a pas encore disparu ». Ingeborg Bachmann obtenant de la Ford Fondation et la même année que Gombrowicz une bourse à Berlin. Ingeborg Bachmann qualifiant son séjour à Berlin d'« agonie subventionnée ». Ingeborg Bachmann cessant de sourire devant un bouquet de lys martagon d'un rouge miraculeux, sept fois plus rouge que le rouge. Ingeborg Bachmann corrigeant la ligne de ses sourcils à l'aide d'une petite pince. « Je suis une slave et les slaves ne sont pas comme les autres » déclare Ingeborg Bachmann au retour d'un voyage en Pologne. Ingeborg Bachmann sur une photo, riant, les cheveux balayant son visage, jeune, belle et vivante, vivante ! Ingeborg Bachmann et Helene Bessette (à l'instant où j'écris, sur ma droite, « Franza » déposé sur « La route bleue »). Ingeborg Bachmann et le cimetière des filles assassinées (prés du lac). Ingeborg Bachmann au bord de l'eau noire du Danube et du ciel de châtaignier par-dessus les coupoles vert-de-gris. Les lettres inachevées de Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann à Zurich posant du fard sur ses paupières. « Tout ce qui se dit des uvres est plus faible que les uvres » déclare Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et le roman-photo. Ingeborg Bachmann en Egypte « Une seule chose est sûre ; je ne suis pas retombée, ne fût-ce qu'une heure durant, dans mon ancienne vie et j'ai le sentiment d'être sauvée ». Les intentions de criminologie de la narration dans les récits d'Ingeborg Bachmann. « Mais ce n'est pas en parler qu'il faut, mais vivre avec » cela s'entend, Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann et la mémoire. La mémoire d'Ingeborg Bachmann « je me brise à chaque tentative de me souvenir ». Ingeborg Bachmann traduisant Giuseppe Ungaretti. Ingeborg Bachmann adaptant « Le Prince de Hambourg » (elle réduit les 5 actes et 36 scènes à 3 actes et 10 scènes). Ingeborg Bachmann rencontrant Anna Akhmatova à Rome et lui dédiant un poème. Rupture d'Ingeborg Bachmann avec son éditeur Klaus Piper (Il a choisi le poète nazi Hans Bauman pour traduire les poèmes d'Anna Akhmatova. Elle avait proposé Celan.). Ingeborg Bachmann théâtrale. Ingeborg Bachmann péremptoire « J'existe seulement quand j'écris, je ne suis rien quand je n'écris pas ». Ingeborg Bachmann parodiant Hofmannsthal. Ingeborg Bachmann et le monologue du Prince Mychkine. Ingeborg Bachmann et Barbe bleue. Ingeborg Bachmann à Berlin, au café Kransler (elle regarde des vieilles femmes mastiquer leur gâteau.) Ingeborg Bachmann et le zoo de la gare (les hommes s'en vont vers l'aquarium, les femmes au pavillon des singes). Le je sans garantie d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann jetant d'un pont une bague dans un fleuve déjà lui-même plein de bagues. Les traitements médicaux suivis par Ingeborg Bachmann (Baden-Baden, Sankt Moritz et Vienne). Ingeborg Bachmann et les frontières. Ingeborg Bachmann et les ponts. Ingeborg Bachmann buvant un Campari avec Nanni Balestrini. Ingeborg Bachmann et la vie. La double vie d'Ingeborg Bachmann « j'arrive mieux à être à Vienne en étant à Rome ». La langue allemande dans la bouche autrichienne d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann entre la Galicie de Joseph Roth et la Bucovine de Paul Celan. Ingeborg Bachmann et la décomposition. Ingeborg Bachman et Gastara Stampa. Ingeborg Bachmann dédiant un de ses poèmes à Hans Werner Henze. Ingeborg Bachmann et les sexes (« les sexes, puisqu'ils sont là, sont et restent un thème, variable à l'infini, et ces histoires sont d'infinies variations sur un très vieux thème que je ne connais pas »). Ingeborg Bachmann et Rome, via Bocca di Leone, au numéro 60 (« je me suis tellement accrochée des griffes et des dents à cette ville, non parce que je l'aime à la folie, ce n'est qu'à moitié vrai, mais parce qu'elle m'a été trois fois ôtée, de la manière la plus indigne »). Ingeborg Bachmann toujours à Rome, cette fois via Giulia. Nous sommes le 25 septembre 1973. Ingeborg Bachmann femme torche en chemise de nuit synthétique. Les livres d'Ingeborg Bachmann. Ingeborg Bachmann.
Texte Liliane Giraudon / Ma Bachmann © Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2007 w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m
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