Tanguy Viel


Tanguy Viel, né à Brest en 1973.

Il a publié aux éditions de Minuit,
Le Black Note, Cinéma
(1999), L'absolue perfection du crime (2001) prix Félix Fénéon 2002 et Insoupçonnable (2006) ainsi qu'un certain nombre de textes plus courts dans différentes revues.

Il collabore réguliérement à la revue Inventaire/Invention et a publié Maladie (2002) et Tout s'explique (2000), Inventaire/Invention édition.

 

 


De cet auteur dans Inventaire/Invention:


Maladie
Inventaire/Invention édition, 2002.

[Et maintenant je ne possède plus rien. Quelques livres, oui, parce qu'il faut. Quelques médicaments parce qu'il faut et un fusil pour le cas où. Une grande réserve de fléchettes, des murs blancs et une carte de France. Pas d'ordinateur, pas de téléphone, pas de montre. Plus de miroir, j'insiste. Une nouvelle vie s'annonce.....]

 

Maladie
Ouvertures pour cause d'Inventaire

[Lecture publique de Maladie par Tanguy Viel, le 28 mars 2002 à La Grande Halle de La Villette à Paris.]




Tout s'explique
Réflexions à partir d'Explications de Pierre Guyotat
Inventaire/Invention édition, 2000.

[À travers la lecture critique d’Explications, un livre d’entretiens de Pierre Guyotat et Marianne Alphant, Tanguy Viel nous donne sa vision de la modernité en littérature et
plus précisément de ce que l’auteur de Cinéma appelle « la fabrique de l’écriture ».]


La côte des légendes

[Un morceau de rouille sur une carte postale. Sur le fond marin (de la carte postale ? de l'océan qui s'y figure ?), ce qu'on voit c'est la poupe du cargo, ou la proue, en tout cas l'extrémité qui continue d'émerger au-dessus de l'eau, et on soupçonne que dessous dans la mer, comme un iceberg il y a le reste du bloc d'acier, les cent vingt mètres du cargo noyé à la verticale (cent vingt mètres : l'a-t-on lu quelque part ? dans un journal local ? dans un magazine ? nous l'a-t-on raconté ?)...]

 

Cher Marcel Duchamp,
[ Je voudrais commencer par vous raconter une histoire qui n'a pas grand-chose à voir avec vous. Il y a environ cinq ans de cela, pour la première et seule fois jusqu'à aujourd'hui, on m'a demandé d'écrire un texte à propos d'art contemporain. C'est un ami artiste qui m'avait fait cette demande pour le catalogue d'une très jolie exposition qu'il avait faite dans une école des Beaux-Arts. Par amitié d'abord, par fierté ensuite, j'ai accepté sa proposition et passé quelques heures laborieuses à rédiger un texte...]

 


De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Décalage

Court voyage, court récit
[La Roumanie, c'est un peu comme le Pérou ou la Sibérie. Noms de pays : le nom. Mais on pense qu'il manquera pour toujours l'autre moitié....]



De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Mélancolies

Planètes, trous noirs et tourbillons (1ère livraison)
[Le mélancolique est aux prises avec le noir. C'est pour ça qu'on l'appelle ainsi, et que le nom même de mélancolie se connote de noirceur. C'est autant son étymologie, si proche de la mélasse, que son voyage dans notre histoire. Noir sans consistance, noir sans bord, noir noir qui est l'absence de toute couleur, c'est-à-dire l'absence de toute lumière...]

Quelque chose et rien (2ème livraison)
[Le mélancolique donc a survécu au tourbillon, par quoi, disions-nous dans l’épisode précédent, quelque chose devient possible, à condition d’avoir accepté au moins ça, de saisir le morceau de bois. Bartleby sûrement ne l’aurait pas saisi, ce morceau de bois : il aurait préféré ne pas le faire. Or le mélancolique doit contredire son démon, entamer l’infernal principe de non-préférence qui le constitue...]

Vers la ficiton vraie (3ème livraison)
[Le mélancolique donc a survécu au tourbillon, par quoi, disions-nous dans l’épisode précédent, quelque chose devient possible, à condition d’avoir accepté au moins ça, de saisir le morceau de bois. Bartleby sûrement ne l’aurait pas saisi, ce morceau de bois : il aurait préféré ne pas le faire. Or le mélancolique doit contredire son démon, entamer l’infernal principe de non-préférence qui le constitue...]

Personnages dans le brouillard (4ème livraison)
[ La mélancolie a quelque chose du monstre et de l'alien, mais cet alien ne saurait croître du dehors et réclame un corps pour pouvoir grandir, ce corps métonymique qui fait aussi bien le lit de toutes ces fictions de la réalité qu'on a cru entrevoir dans les premiers épisodes, que maintenant de toutes ces réalités de la fiction que sont les livres...]

Dompteur de mélancolie (5ème livraison)
[ A s'en tenir à ce qui fut dit jusqu'alors, on pourrait souhaiter à tout écrivain l'usage infini de la mélancolie en littérature, tant elle est productrice, n'était qu'elle ne se laisse pas tenir comme ça pour une raison qui est le paradoxe même de l'écriture, le point limite de l'asymptote : s'il n'y avait qu'un éternel déplacement, si sans cesse le texte doutait tant de cet objet qu'il cherche et circonscrit, alors n'avancerait pas, ou plutôt il avancerait infiniment mais sans finir jamais, se corrigeant sans cesse et s'épanchant dans l'éternel balbutiement de lui-même, bégaiement proche de l'aphasie, comme les roues embourbées d'une voiture tournant à vide sur une terre trop meuble. Et la langue lentement se chargerait de boue, incapable de produire la moindre image...]

Un mètre cube d'infini (6ème livraison)
[ Aucun écrivain digne de ce nom ne vous dira jamais qu'il a fini. Il sait qu'il pourrait sans cesse reprendre son texte, sans cesse se corriger, corriger ses phrases et corriger ses personnages qui frisent sans cesse la correction. Il sait que sans cesse il pourrait écrire autre chose, à cause de cette mélancolie fatale qui continue de faire tournoyer autour de lui autant de possibilités inexplorées...]

Un droit à la mélancolie (7ème livraison)
[ Ainsi, à considérer que la mélancolie est ce qui nous laisse une place, comme Antigone à Polynice, on ne peut vraiment aimer d'œuvre que mélancolique, sans quoi les signes seraient au contraire ce qui nous exclurait et nous écraserait. Plutôt qu'un paradis du sens, nous serions alors sous le joug plus ou moins avoué d'une tyrannie du sens, par quoi naissent tant de livres monolithiques qui nous laissent là, étouffés par autant de place prise à notre place et par lesquels on ne saurait être touchés, mais plutôt violentés, cette fois restés puissances pures et muettes, éclipsés par la lumière aveuglante d'une parole trop sûre d'elle, à la manière de ces lampes dont on éclaire les prisonniers pour les faire parler, c'est-à-dire au fond, pour leur faire dire ce qu'on pense soi-même...]

 


De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/rubrique Lectures

Masquer la mort
une lecture de Pauvres morts, un livre d'Emmanuelle Bayamack-Tam. Par Tanguy Viel

 



Oublier les quatrièmes de couverture
une lecture de Central, un livre de Thierry Beinstingel. Par Tanguy Viel


 


Naviguer par temps de brouillard
une lecture de Saint-Tropez - Une Américaine, un livre de Nathalie Quintane. Par Tanguy Viel