campagnes françaises. Fermes laissées
à l'abandon, hameaux fantômes témoignant d'une époque
révolue, présence au cur des villages de ruines pudiquement
rebaptisées "banques de pierres" où les citadins
viennent le week-end "emprunter" de quoi retaper de vieilles
bâtisses transformées en résidences secondaires, ponts
dérisoires lancés sur des cours d'eau asséchés,
villages à l'agonie, disparition des commerces de proximité,
mendicité aux portes des supermarchés installés à
la périphérie des petites agglomérations, vieillissement
de la population, alcoolisme, RMI, apparition de S.E.L (système
d'échange local), misère cachée. Les bêtes,
elles aussi, sont dissimulées : impossible, ici, de repérer
l'ombre d'une vache, le moindre troupeau dans un paturage. On y remarque
plus facilement des hangars de tôles abritant des usines à
lapins, des batteries de volailles ou des élevages industriels
de porcs. L'arbre ne cache plus la forêt. Relocalisation, concentration,
spécialisation des cultures et des élevages, hors-sols,
subventions européennes, remembrement et agrandissement des parcelles,
arrachage des derniers bosquets, prime à l'irrigation,
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aides à l'hectare et jachères obligatoires, autant de notions,
souvent contradictoires, qui continuent à façonner les paysages
et à recomposer les populations rurales.
Quelques jours passés dans les environs de
Poitiers, l'été dernier, à recueillir les témoignages
de plusieurs acteurs/spectateurs (1) de ces mutations permettent de
prendre la mesure de ce bouleversement dont parle Camille Guyot et de
repérer comment sont inscrit dans le réel les choix politiques
et économiques que raconte l'histoire récente des campagnes
françaises. Ne formant plus aujourd'hui qu'une minorité
de la population rurale, subventionnés à 100%, les agriculteurs
sont perçus de plus en plus fréquemment comme des malfaiteurs
- "
Les gendarmes viennent relever nos compteurs d'eau",
déclarent les frères Grollier. Si l'opinion publique s'inquiète
de ce qu'elle trouve dans son assiette et tient le paysan responsable
de la mauvaise qualité des produits qu'elle consomme ainsi que
des dommages écologiques dont souffrent le terroir, il est une
chose entendue souvent aux cours des entretiens autrement plus inquiétante
: l'agriculteur avoue ne pas maîtriser ce
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qu'il fait, n'avoir plus le choix. Et cet aveu n'en fait pas pour autant
un irresponsable, mais montre à quel point le paysan est lui-même
devenu le spectateur impuissant et un des acteurs des politiques concertées
dans le cadre de l'Union Européenne qui permettront à
ces nouveaux techniciens de la terre d'être bientôt concurrentiels
au niveau mondial. A l'aube du prochain millénaire, seuls trois
à quatre pour cent de la population active seront directement
concernés par le secteur agricole.
Camille Guyot a cinquante hectares de terres. Il y a trente ans, c'était
une grosse exploitation qui faisait vivre une famille et donnait du
travail à un salarié agricole deux jours par semaine.
Aujourd'hui, c'est une surface dérisoire : une exploitation céréalière
n'est plus viable à moins de deux cents hectares. Camille n'avait
pas d'argent, pas non plus envie de "voler la terre à
Pierre ou à Paul" pour s'agrandir, "pas envie
de spéculer". Il fait donc du lapin. Hors-sol. Cinq
cents femelles au pelage blanc, aux yeux rouges, inséminées
artificiellement. Dans un coin du hangar,
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de volumineux sacs d'aliment cotoient autant de gros sacs sur laquelle
figure la mention : "antibiotique". En dix ans, Camille a
multiplié par deux son chiffre d'affaires. "Les paysans
ont été les alliés objectifs du libéralisme
en permettant de faire baisser les prix des denrées alimentaires
et donc les salaires. Et cela continue : on demande à l'agriculture
de remplir l'estomac des exclus, car des exclus qui auraient faim, ça
poserait un problème. Ce n'est pas l'agriculture qui est subventionnée,
c'est le porte-monnaie du consommateur". Lucide, Camille est
aussi un rien désabusé : "Je fais des produits
de qualité moyenne". Le destin a été particulièrement
cruel, Camille et sa femme ont perdu leurs deux fils. Aujourd'hui, à
dix ans de la retraite, Camille vit seul avec son épouse. Les
mutations de l'agriculture française ne sont pas encore achevées.
Il faut que les prix baissent, encore, et le prix au kilo du lapin-carcasse
que lui donne l'abattoir ne cesse de suivre la spirale déflationniste.
En l'écoutant, on comprend que la perte de ses enfants fut un
grand malheur. On comprend aussi que Camille n'a plus grand chose
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d'autre à perdre. Sa situation est devenue fragile mais il a
décidé de réagir : "C'est une question
de survie, mais c'est aussi une question de civisme, de citoyenneté".
Nous verrons comment il compte s'y prendre.
Au cours de notre entretien Camille a tout d'abord brossé un
bref historique de l'évolution de l'agriculture française
depuis la fin de la seconde guerre mondiale. "Après la
guerre, pendant les années 45-70 - on les appelle les "trente
glorieuses" - on assiste à un développement technique
qui permet de reconquérir l'autosuffisance alimentaire puisque
la guerre avait eu le privilège de tout foutre par terre. Et
puis, comme avec toutes les guerres, en général, après
on reconstruit et c'est ainsi qu'on justifie parfois la croissance économique..."
L'objectif est atteint au début des années 70. Mais dans
le même temps, la construction européenne oblige les agriculteurs
à tenir compte des pays voisins et cette concurrence qui voit
le jour entre producteurs européens entraîne à la
baisse
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les prix agricoles. En 1973, le premier choc pétrolier renchérit
soudain le coût des matières premières (notamment
celui du soja américain destiné à l'alimentation
du bétail). La situation devient critique et les gouvernements
européens se trouvent dans l'obligation de subventionner les
productions agricoles. "C'étaient des subventions en
terme de soutien de prix. Si, par exemple, le prix du cours mondial
d'un quintal de blé était de quatre-vingt francs, il y
avait un soutien de prix qui le montait à cent ou cent-vingt
francs. Ce système d'aide a permis de maintenir des actifs agricoles
mais la contradiction est qu'il a aussi permis de faire gonfler les
stocks européens qui deviennent gigantesques et sont revendus
sur le marché international à vils prix. Ils participaient
ainsi à la baisse des prix". C'est pour sortir de cette
contradiction (subventions-surproduction-baisse des prix) qu'un système
de quotas est mis en place dans les années 80. Chaque exploitant
se voit assigner un quota de production et des référents.
"Si ce système a le mérite de limiter effectivement
les productions, il conduit à la disparition de
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nombreuses exploitations car il empêche un jeune agriculteur
de s'installer ou de prendre la suite de son père arrivé
à la retraite". La mise en place des célèbres
quotas laitiers par exemple se révéla un moyen efficace
de restructurer et de concentrer la production laitière dans
certaine région et de la faire disparaître dans d'autres.
Elle conduit au niveau local à la disparition du petit élevage
que l'on rencontrait sur presque toutes les exploitations de la région.
Sur la commune de Saint Maurice la Clouère où est installé
Camille Guyot, on comptait en 1985 deux mille cinq cent cinquante bêtes
pour quarante propriétaires, on n'en recensait plus en 1999 que
cinq cents pour treize propriétaires. "Le ratissage a
été important..."
Pierre, Paul ?
En 1992, les eurocrates réforment le système des subventions
agricoles. Cette fois, il n'est plus question d'aides en terme de produit
et de volume de production, mais d'aides à l'hectare, à
la surface. Avec ce nouveau système, l'aide est déconnectée
du produit afin de laisser leur prix flotter sur le marché. L'objectif
de cette nouvelle
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politique est de faire tendre le plus possible le prix des produits
agricoles vers ceux des cours mondiaux. "C'est un système
aux effets pervers, parce que c'est de l'économie sous perfusion.
C'est un moyen camouflé de maintenir une population active un
moment donné. Moi, aujourd'hui, si on m'enlève les primes,
je disparais du jour au lendemain. Mais ce qui est certain, c'est que
ce système d'aides a permis à ceux qui avaient encore
des capacités financières de pouvoir s'agrandir. Les aides
à l'hectare vont gonfler les exploitations agricoles les plus
grosses. A terme, ces aides finiront par disparaître, lorsque
les exploitations auront atteint des tailles telles qu'elles seront
concurrentes des exploitations américaines. Ces gens-là
seront capables d'aller directement se frotter sur le marché
international".
"Au départ le lapin était une activité
complémentaire. Il y avait un gros abattoir dans la région.
J'ai commencé avec cent vingt-huit femelles puis rapidement je
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suis passé à cinq cents. Pourquoi a-t-on été
obligé de monter à cinq cents ? Tout simplement parce
que toutes les productions agricoles, y compris le lapin, sont prises
dans la spirale de la mondialisation. Et tous les matins quand on se
lève, il y a un petit malin qui arrivent à produire avec
un coût de production inférieur et qui peut se permettre
de rabaisser ses prix pour entrer dans une grande surface. Ou alors,
c'est un fabriquant d'aliment qui se pointe. Il vient de passer un contrat
de soja, de manioc, etc. à des prix hyper-compétitifs
et il est prêt à nous refiler un aliment un peu moins cher,
et l'autre, il peut revendre ses lapins un peu moins cher. Et l'abattoir
aussi, il se dit que le producteur, il peut faire un peu moins cher.
Et pour arriver à tenir le coup, on est aspiré dans ce
circuit-là. C'est-à-dire que : soit on disparait, soit
on augmente notre productivité pour rester compétitif.
Et là-dessus, faut pas être naïfs et faut comprendre
que système-là est une logique économique qui nous
mène dans le mur. Et que le mur, je risque de l'avoir devant
moi avant d'atteindre l'âge de la retraite".
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Cette logique économique qui nous mène dans le mur,
Camille la refuse, politiquement et philosophiquement, mais dans la
pratique : "j'y vais à petite dose". Et c'est
sans doute ce qu'"on" lui reproche. Depuis le début
de l'année, il assiste, impuissant, à une baisse régulière
du prix du lapin. "C'est un moyen de provoquer une restructuration
du secteur".
- Comment voyez-vous l'avenir ?"
Camille marque un temps avant de répondre à cette question.
- La concentration, elle va continuer. Mais, je crois qu'on n'a plus
le choix, soit on défend une logique libérale, et il y
a des éleveurs qui la soutienne : pour eux, il faut que leur
élevage continue de s'agrandir, mais pour cela il faut que d'autres
élevages disparaissent, soit on cherche d'autres solutions. Nos
revendications ont l'intérêt
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d'éveiller les gens, ça permet de redonner un peu d'énergie
dans le contexte actuel où on ne se bat plus. Mais faut pas rêver.
Au point où on en est arrivé en France et aux Etats-Unis
dans l'économie libérale, si cela continue comme cela,
la seule solution que je vois, c'est qu'à un moment, les exclus,
qu'ils soient paysans ou autres, rassemblent leurs énergies pour
travailler ensemble. On voit apparaître en France des S.E.L (système
d'échange local). Ce sont des systèmes où il n'y
a pas d'argent échangé mais des compétences. Je
pense qu'on verra bientôt de petits paysans avec cinq ou dix hectares
sauver leur activité grâce ce système. Ce sont des
gens qui vont dire : "Messieurs, l'Etat, on vous salue, mais
nous, on va fonctionner avec des gens qui sont exclus". Des
S.E.L commencent aujourd'hui à fonctionner. Par exemple, il y
a un agriculteur qui va faire venir un électricien au chômage,
et comme il ne peut pas le payer en argent, il va le payer en viande
ou avec des légumes, avec des prestations de ce type-là.
C'est encore petit, mais ça existe déjà. Et je
crois que dans 20 ou 30 ans, on verra fonctionner des systèmes
comme
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ça.
- Un autre débat anime aujourd'hui l'opinion française
: celui de la qualité des produits alimentaires. Les produits
bio représentent-ils un nouveau créneau ?
-Oui. Mais on est en train d'installer une alimentation à deux
vitesses, comme la médecine à deux vitesses, la bouffe
des pauvres et celle de ceux qui ont du pouvoir d'achat. Pour l'agriculteur,
se mettre à l'agriculture bio demande des investissements et
un bouleversement complet de ses modes de production. On ne devient
pas bio en l'espace d'un an, il faut trois ou quatre ans et la période
intermédiaire est dure.
- Mais n'est-ce pas ce que vous cherchez à faire avec l'expérience
que vous lancez ?
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- Le problème du bio aujourd'hui est que c'est contraignant
et ce n'est pas ça qui va sauver un agriculteur en difficulté,
sur le point du dépôt de bilan, qui se reconvertirait en
bio. Il y a plusieurs problèmes. D'abord un problème technique
: il faudrait dépoussiérer le cahier des charges des productions
bio. On se croirait encore au Moyen-Age ! Dans le lapin bio par exemple,
on n'a pas le droit d'utiliser les antibiotiques, mais les sulfamides,
oui. Or les sulfamides sont ce qui persistent le plus à l'état
de résidus dans la viande. Le second problème est que
je veux bien qu'on fasse du bio, mais à une période où
on revendique les 35 heures - et j'y suis favorable, il ne faut pas
que d'un côté on les revendique pour les salariés
et que les mecs qui produisent bio rament comme des cons parce qu'ils
passent la binette dans les betteraves. Il y a une contradiction. Enfin,
le dernier problème est que ces produits sont excessivement chers,
certes de qualité, encore que cela ne soit aussi évident
que cela. Dans l'expérience que je suis en train de mettre en
place, je ne revendique pas l'appellation bio. Mais je vais faire un
produit de très bonne qualité.
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Je suis fondamentalement d'accord pour produire de la qualité
et produire sainement. Mais à condition que tout le monde en
profite. Parce que s'il s'agit de produire de la qualité pour
le bien-être de 10% de la population, je ne suis plus d'accord
! Je produis du lapin hors-sol, c'est-à-dire que c'est un élevage
industriel qui est dépendant des firmes qui produisent de l'aliment.
Nous, on élève les lapins et on les refilent à
l'abattoir qui nous les repaie. C'est-à-dire qu'on ne maîtrise
ni l'alimentation ni l'état sanitaire lié à la
production d'aliments industriels. Enfin, on ne maîtrise pas plus
la commercialisation de nos produits. Je suis en train d'essayer de
changer l'image négative du hors-sol en reliant ce type d'élevage
au sol. C'est-à-dire : produire sur l'exploitation les matières
premières qui vont servir à fabriquer l'aliment pour l'élevage
afin de sortir une viande de lapin de qualité. Par exemple aujourd'hui,
dans un aliment industriel lapin, on trouve entre douze et quatorze
matières premières. Ce sont des sous-produits industriels
et des co-produits issus des céréales (de l'écorce
de céréales, des sons de blés). Les
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sous-produits industriels sont par exemple de l'extrait de vinasse,
de la mélasse de cannes, de la pulpe de citrus, de la pulpe de
betteraves, de la coque de cacao, du marc de pommes, du marc de raisins,
des radicelles d'orges. En tant que sous-produits, ce ne sont pas forcément
des produits de mauvaise qualité, mais le problème est
que pour les travailler industriellement, on doit utiliser des adjuvants
chimiques et qu'on ne sait pas ce que ces adjuvants donnent lorsqu'ils
se retrouvent dans l'aliment. Et il est clair que les firmes d'aliment
ne cherchent surtout pas à en savoir plus. Un autre problème
est que ces sous-produits industriels viennent en concurrence des matières
premières nobles. C'est-à-dire que si on considérait
que ces sous-produits ne doivent pas rentrer dans la chaîne alimentaire,
mais devraient plutôt servir à alimenter des chaudières,
on pourrait utiliser des matières nobles, des céréales,
pour nourrir les bêtes. Je suis en train de mettre au point un
aliment composé uniquement de produits de l'exploitation. Et
actuellement, je fais un aliment avec cinq matières premières
au lieu de douze : de la luzerne déshydratée,
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de l'orge, du blé, de l'avoine et du lupin, plus de la paille.
Dans notre démarche, on a exclu le soja américain pour
éliminer le risque OGM. Alors, ce produit qu'on sort en lapin,
est-ce qu'on va en faire un produit de luxe ? Non, parce qu'en terme
de coûts de production, on sort identique à l'aliment industriel.
On sort un peu plus cher que l'aliment industriel mais comme en supplément
potion antibiotique, on peut travailler nettement en dessous de l'aliment
industriel, finalement ça s'équilibre et on peut sortir
un produit compétitif sur le marché. Et je suis en train
de constituer une société avec trois éleveurs pour
essayer de commercialiser directement nos produits en sous-traitant
avec un petit abattoir qui n'est plus celui qui nous prend actuellement
nos lapins. Notre lapin, on va le commercialiser sous deux étiquettes.
Une étiquette à 20% plus cher que le prix grandes surfaces
et une autre, avec le même produit, commercialisée en grandes
surfaces au prix du lapin industriel. On veut essayer de sauver notre
peau sur le plan économique, mais on veut aussi essayer de pas
perdre notre foi ! Je ne sais pas si on réussira à tenir
le
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pari ! On essaie de recréer une filière que l'on maîtrisera
d'un bout à l'autre. On va maîtriser la production, l'élevage,
l'abattage et la commercialisation. Dans notre cahier des charges, on
a prévu la possibilité d'associer d'autres éleveurs
mais à condition qu'ils acceptent de se caler sur ce cahier des
charges pour ne pas dénaturer le produit et l'esprit de notre
démarche. J'espère que ça va marcher. Revenez l'année
prochaine et on fera le point. Mais si l'année prochaine, on
a disparu, vous aurez compris...
Sylvain Cardonnel
Tatsuro Suehara
(1) Cette enquête fait partie d'un programme de recherches
pluridisciplinaires sur le thème : agriculture, environnement
et communautés rurales, étude comparative entre la France
et le Japon. Elle est financée par le ministère de l'éducation
japonais.
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