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Au mois de mai, on le sait bien, débute la rentrée littéraire
de septembre. L'arrivée des beaux jours précède
de peu le retour des représentants dans les librairies. Arrêtons-nous
un instant sur cette caste nomade chargée de propager la bonne
nouvelle de ville en ville, les réprésentants des maisons
d'édition et des diffuseurs de livres. Il faut les voir, ostentatoires
et pourtant secrets, chuchoter à l'oreille des libraires les
noms qui feront l'évènement en septembre, dans quatre
mois, à la rentrée si proche et lointaine. Les représentants
des maisons d'édition ratissent le pays au fil d'itinéraires
étudiés avec soin. Leur réputation marche deux
pas devant eux. Ils arrivent ! Ils arrivent ! Ils colportent la bonne
nouvelle. Ils vont révéler la réapparition prochaine
de nos auteurs fétiches. Fébriles, les libraires espèrent
leurs prophètes. Qui ? Qui ? Qui publiera en septembre ? Et où
? Change t-il d'éditeur ? Quel sera le titre ? De quoi nous parlera-t-il
? Allez ? Qui ? Alors se murmurent quelques noms que les libraires jurent
de ne pas révéler. Solignard, Bongot, Kaplignier, Rolsaint.
Pas Houelb ? Ni Darrieus ? Noth alors ? Oui. Noth y sera ! Les libraires
serrent les mains des représentants et cèlent dans les
arrières boutiques d'implicites promesses de commandes.
La rentrée s'annonce passionnante. Exaltante. Un choc de titans
se trame. Les plus audacieux vont jusqu'à pronostiquer les têtes
à couronner par les prix d'automne. Mais ceci est une autre légende,
noire et obscure, lunatique et sauvage, une épopée farouche
et clandestine : les contes ténébreux des prix littéraires
(1).
Parfois, il arrive que deux représentants franchissent au même
moment le seuil d'une même librairie. Un silence gêné
s'en suit. Allez, dans le fond les représentants savent bien
que les libraires ne sont pas des êtres fidèles. Ils voient
bien, lorsqu'ils viennent vanter les nouveautés de la collection
crème au liseré rouge que des livres blancs à l'étoile
bleue sont disséminés dans les rayonnages. Pourtant ils
font comme si. Comme si le libraire n'aimait qu'eux. La nature humaine
est ainsi faite que les représentants se détournent des
preuves brûlant leurs yeux. Les représentants se forcent
à ne pas remarquer dans la chevelure du libraire le parfum d'un
étranger, sur son épaule ce cheveu à la teinte
incongrue, à la commissure de ses lèvres cette rougeur,
vestige d'un baiser récent.
Les représentants des différentes maisons d'édition
s'évitent. Mais si, par malchance, ils se croisent, seul le sang
pourra laver l'affront. Dignes, ils sortent. Craintif, le libraire relèvera
la tête. Pas de blâme à son encontre, pas de scène
de jalousie, de rayonnages renversés. Seule la honte, immense,
étale. La honte de son infidélité, à jamais
gravée dans ses gestes et ses rêves.
Des deux hommes qui sortent, un seul reviendra. Si la ville dispose
d'un fleuve, le corps de l'autre ne sera jamais retrouvé. Quelques
mois plus tard, au large de l'embouchure, un chalut prendra dans sa
traîne les lambeaux dévorés de ce qui fut un homme,
et il se trouvera un rapport de gendarmerie pour consigner l'incident.
Le corps ne sera jamais identifié. Nul ne fera le lien avec la
disparition en mai d'un représentant d'une maison d'édition.
Pour les villes sans fleuve, les représentants devront emporter
le corps dans le coffre de leurs automobiles, la nuque déjà
raide posée sur un carton empli de romans à paraître.
La voiture filera vers le Massif Central et les vaincus disparaîtront
dans la bouche de quelques avens aux emplacements secrets.
Épuisé, blessé parfois, empli de la lassitude du
vainqueur, le représentant survivant sait alors qu'il vient de
marquer le libraire de son ascendant. La virilité du combat gagné
et la honte du libraire le dispenseront de son habituelle politesse.
Le représentant n'a plus d'effort de séduction à
produire. Il s'est battu pour le libraire. Le libraire mangera alors
littéralement dans la main du représentant et signera
d'importantes pré-commandes.
À la toute fin, juste avant de partir, le représentant
se retournera de trois quart et lancera un Oh, si j'osais que
le libraire saisira au vol. Comprenez le libraire, l'étreinte
s'achève, il voit le représentant partir et devine confusément
qu'il n'est pas seul dans la vie du représentant. Le libraire
sait l'adage cynique de la profession de représentant : un libraire
dans chaque port. Le libraire est prêt à tout pour demeurer
quelques ridicules secondes de plus en compagnie de ce grand corps victorieux
et initié aux secrets des parutions à venir.
Quoi ? Qu'y a-t-il ? Dites vite !
Et le représentant de répondre noble et exténué.
Non, rien. Le représentant se détourne, le libraire se
jette à ses pieds, déchire ses vêtements, se couvre
le visage de cendres. Ému par tant de soumission, le représentant
évoque alors un petit jeune qui sort un livre à la rentrée.
Un inconnu. Un premier ou deuxième roman. Un truc mal foutu,
pas assez travaillé, autosuffisant, un canard boiteux mal parti
dans la vie. Un auteur qui se fera laminer par les gros, que la critique
cassera ou oubliera. Un livre, en vérité, destiné
à demeurer dans les cartons. Un auteur promis au suicide ou à
l'alcoolisme, et qui le mérite bien, non mais, pour qui se prend-t-il
cet aventurier, cet audacieux.
Que le représentant n'en jette plus, avec un sourire coquin le
libraire se déclare prêt à endosser une part de
cette abjection. Il en commandera deux exemplaires pour se moquer. Fin mai arrivent les épreuves. Peu connu du grand public, ce
préliminaire à l'étreinte de l'édition mérite
que l'on s'y arrête. Livre pour impatient, les épreuves
sont les photocopies vaguement reliées de l'ouvrage à
venir, un état hybride entre le manuscrit et le livre achevé,
compromis destiné à une poignée de libraires et
de journalistes triés sur le volet. Deux catégories d'épreuves
existent : les épreuves corrigées et les épreuves
non corrigées par l'auteur. Les premières ne sont mentionnées
que pour l'exhaustivité de ce récit, elles constituent
un sous-livre, une minable copie sur papier vulgaire de l'oeuvre à
paraître, et ne présentent aucun intérêt.
La seconde catégorie, celle des épreuves non corrigées
par l'auteur, fait battre les coeurs. Epreuves non tamisées,
des grumeaux affleurent à leur surface. L'esprit vif du journaliste
ou du libraire peut y dénicher les traces involontaires laissées
par l'écrivain : fautes d'orthographe, répétitions
incongrues, phrases à rebâtir, et autres imperfections.
L'auteur n'a pas corrigé ses épreuves, il n'a pas consigné
ses remords dans le texte. Le libraire ou le journaliste entrent sur
la pointe des pieds dans l'atelier de l'auteur, assistent au seuil du
bureau de l'auteur au travail de l'auteur. Le journaliste ou le libraire
guettent au travers des coquilles des épreuves non corrigées
l'intimité de l'auteur, ils lisent par dessus l'épaule
de l'auteur. Quelle exaltation ! Pour peu que le libraire ou le journaliste
lise les épreuves non corrigées au lit, il y entraîne
l'auteur avec lui. La littérature est affaire de langue. Jamais
hors de la lecture des épreuves non corrigées par l'auteur
le journaliste ou le libraire n'a tant le sentiment de sentir la langue
de l'auteur glisser sur lui. Juin. L'encre sèche sur les feuilles, la colle des reliures
durcit. Venus de provinces reculées les poids lourds ramènent
à la capitale les quintaux de livres imprimés en vue de
la rentrée littéraire. Le périphérique parisien
s'engorge. Certains éditeurs peu scrupuleux font le coup de poing.
Sur le bas côté d'une départementale sarthoise un
routier ralentit pour cueillir une auto-stoppeuse fraîchement
habillée, même pour la saison plutôt précoce.
Mal lui en prend. Trois hommes cagoulés le forcent à déverser
sa cargaison de livres dans le lit d'un ruisseau voisin. Et voici les
belles promesses agglomérées en quelques minutes en pâte
à papier gluante. Le commando et l'auto-stoppeuse disparaissent
au volant d'une voiture dont l'immatriculation s'avérera fausse.
Les livres parvenus sous bonne escorte aux sièges des maisons
d'édition encombrent les couloirs en hautes piles. Les toilettes
parfois sont momentanément condamnées pour servir de stockage.
Sncf et Ratp affrètent des rames spéciales pour permettre
aux auteurs de se rendre auprès de leurs ouvrages fraîchement
imprimés. L'augmentation du trafic ferroviaire est l'indicateur
fiable permettant à Livres Hebdo, la gazette des professionnels
de la profession, d'estimer l'ampleur de la rentrée prochaine.
Les journalistes de Livres Hebdo hantent les couloirs de métro
afin de dénombrer les auteurs. La méthode est efficace.
À peine les hordes d'auteurs franchissent le seuil des maisons
d'édition que Livres Hebdo prédit une inflation
des titres, une catastrophe économique, une folie. Cette année,
comme les précédentes, le nombre des livres commercialisés
à la rentrée sera trop élevé. On en appelle
à la responsabilité des éditeurs qui devraient
faire acte citoyen au lieu de se frotter les mains avec cupidité.
On menace d'actions de force publique, on parle d'autodafé nécessaire.
On compare le lecteur à ce perpétuel chercheur d'aiguille
condamné à soulever les montagnes de paille.
Débute alors la parade du service de presse. Stylos, crayons
de couleur, feutres, plumes en or ou pointes bic, des centaines d'auteurs
inscrivent à la main des centaines de dédicaces pour obliger
des centaines de journalistes à découper des centaines
de premières pages avant de revendre des centaines de romans
à une dizaine de bouquinistes.
Laconiques, drôles, poignantes, les dédicaces représentent
pour l'auteur la partie immergée et invisible de son oeuvre littéraire.
En effet, pour quelques milliers de caractères imprimés,
combien de millions de ces dédicaces manuscrites ? Et obligation
d'être original à chaque exemplaire, de produire de l'inédit.
Vous n'imaginez pas. Quelle honte si deux journalistes concurrents,
déballant avec de grands gestes leurs services de presse à
la terrasse du café de F. ou des 2M. découvraient la même
déclaration d'amour fou inscrite sur la première page
de leurs livres. L'éditeur est là qui s'assure que, par
paresse, l'auteur ne commettra pas ce sacrilège. Déclarer
son identique flamme à deux journalistes distincts c'est comme
d'offrir un cadeau identique à deux maîtresses, de réciter
la même poésie à son épouse et à sa
liaison adultérine. Les journalistes auront leur déclaration
personnalisée, unique, irremplaçable. Celle qui les fera
fondre, qui les appâtera, les affolera, les livrera, offerts et
ouverts, aux caresses des phrases de l'auteur. Une bonne dédicace
en préliminaire et c'est déjà 50 % d'un orgasme
de lecture obtenu. Mi-juin, les livres ont épuisé les épaules pourtant
athlétiques des facteurs, les critiques menacés de voir
les paquets s'empiler à même les trottoirs organisent des
chaînes de la solidarité autour de leurs boîtes aux
lettres. L'importance du critique, sa renommée, la nécessité
de flatter son goût se traduisent en mètres cubes de papier
déversés chaque jour devant sa porte. Conversation entre
P. et S., journalistes incontournables :
P - Cette année j'ai carrément condamné mon salon.
J'ai classé les piles par pays d'origine, j'y ai passé
trois jours.
S - Quoi ? Trois jours seulement ! Moi je ne m'embête plus, je
prends quatre stagiaires sur deux semaines pour ranger les romans par
ordre alphabétique... Mi-juin, c'est l'époque des grandes émotions de lecture
et du ras-le-bol généralisé. Trop de livres, trop
d'auteurs, trop d'éditeurs. Il faut organiser des martingales
pour savoir quelles couvertures soulever, recourir aux conseils de chiromanciens.
Conversation (suite) :
P - J'ai obtenu, en graissant la patte du facteur, qu'il dépose
directement les livres à la bouquinerie du coin, cela m'évite
de redescendre les vendre.
S - Moi j'en garde une partie, j'ai trois cheminées, je me chauffe
aux livres tout l'hiver... J'allume avec les petits formats et j'alimente
avec des gros pavés de plus de 600 pages avant de me coucher.
Comme j'ai toujours peur qu'il fasse très froid, j'en stocke
un peu plus que nécessaire. S'il m'en reste j'utilise les derniers
au printemps pour les grillades dans le jardin. Fin juin, critiques et libraires s'accordent à dénoncer
le scandale de la rentrée littéraire. Solidaires, les
éditeurs joignent leurs voix au lamento et jurent n'y être
pour rien. Chaque maison d'édition, statistiques à l'appui,
prouve qu'elle n'a pas publié un ouvrage de plus que l'an passé.
Ce sont les autres qui commettent trop de livres. Juillet, rien. Ce sont les vacances. Journalistes et libraires ne
vont pas emporter du travail en vacances. Déjà que personne
ne respecte la rtt dans la profession. Seuls les auteurs passent un
très mauvais été et restent cloîtrés
en s'essayant à l'alcoolisme ou en se remettant à fumer.
Le nombre croissant d'auteurs passant l'été enfermés
dans leurs appartements libère un peu de place sur les plages,
ce dont tout le monde se félicite. Août. Dessous de table, tractations, négociations, luttes
d'influence, bakchichs, pots-de-vin, cadeaux, voyages aux Seychelles,
intimidations, rackets, cocaïne, prostitution, tueurs à
gage, chantages, échange d'otages, raids punitifs, promesses
de vote lors des prix littéraires (2),
corruptions, mises à sac, bombardements, pourparlers, parachutages
de ninjas surentraînés, menaces de guerre bactériologiques,
manuscrits piégés à l'Anthrax, convocations au
tribunal, lettres anonymes, rumeurs, fausses rumeurs, démentis,
faux démentis, fausses fausses rumeurs et faux faux démentis
sont employés par les éditeurs afin que leurs auteurs
soient dans les sélections des médias et des libraires.
Une véritable guerre souterraine se trame dans la clandestinité,
de son issue dépendra le sort des livres. La logique est la suivante
: naïf et peu cultivé le lecteur ne saura où donner
de la tête avant d'acheter l'un des livres proposés par
centaines à la vente. Et pourtant le lecteur voudra en acheter
un, un seul, pour l'offrir en cadeau à une lointaine parentèle
qui jamais ne le lira. Naïf et peu cultivé le lecteur aura
donc besoin de conseil avant d'acheter ce livre. Il s'engouffrera sans
remords dans le sillage d'une sélection proposée par un
média. Ainsi, soucieux d'aider le lecteur naïf et peu cultivé,
chaque média propose sa sélection, distincte des autres
médias si possible, un journal progressiste de gauche ne peut
s'enthousiasmer, par exemple, pour le même roman que son confrère,
profondément ancré à droite. Les lecteurs naïfs
et peu cultivés ne comprendraient plus rien aux clivages traditionnels
de la société si tel était le cas. Donc, chaque
média réalise sa sélection en regardant
par-dessus l'épaule du voisin pour éviter les doublons.
Les plus fameux des auteurs, les stars de la littérature, ceux
qui vendent à chaque nouvelle parution au moins soixante voire
cent livres, n'auront aucun mal à trouver le soutien d'un média.
D'autres, inconnus, primiromanciers, devront seulement compter sur la
chance. En ce sens, l'organisation d'une loterie officielle, où
chaque auteur se verrait attribuer un numéro afin qu'il soit
procédé à un tirage au sort effectué sous
contrôle d'huissier par une animatrice blonde en mini-maillot
échancré serait apprécié par l'ensemble
de la profession. Les gagnants verraient leurs noms s'étaler
dans les journaux, les perdants gagneraient tout de même un lot
de consolation, un dictionnaire, un Bescherelle, un stylo-plume...
Que les auteurs anonymes se rassurent toutefois, il se trouve souvent
un journaliste pour s'émouvoir de leur sort, pour glisser entre
les grands noms de la sélection celui d'un parfait inconnu. Un
petit, un mal écrit, un scrofuleux s'il le faut. Voire un mineur
(ou une mineure, la précocité en écriture semble
affaire féminine). Aux foules, le journaliste présentera
fièrement sa trouvaille, son goitreux. Avec condescendance il
flattera sa bosse, déclarera que le livre du méconnu est
mal écrit, raté, mal édité, bancal. Que
l'histoire est prévisible, pas originale, un peu ridicule. Que
la langue est hésitante, insuffisante, pas assez travaillée.
Que le livre sera laminé, oublié et qu'il ne mérite
aucun succès. Mais que, tout débile qu'il soit, l'auteur
a su l'émouvoir par un petit quelque chose, une vague lueur,
une faible étincelle, qui, veillée, besognée avec
acharnement, pourrait éventuellement, dans des années
et des années, laisser entrapercevoir la chétive possibilité
que l'auteur devienne un écrivain. Peut-être..
Bavant de plaisir, l'auteur roulera de grands yeux ou fondra en larmes,
et il se trouvera un ou deux lecteurs naïfs et peu cultivés
pour s'en émouvoir et acheter le livre du bout des doigts, avec
la sensation d'accomplir une oeuvre de charité. Septembre, la rentrée est enfin là. Il se vendra des
dizaines de milliers d'exemplaires du Cid, des Femmes Savantes
au programme du baccalauréat cette année. Une top model
livrera le récit de toutes les bassesses sexuelles qu'elle a
dû accepter pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Un footballeur
révélera que l'équipe de France tenue par la mafia
russe portait des caleçons piégés lors du dernier
mondial, caleçons susceptibles de priver par télécommande
les joueurs de leur virilité si jamais ils marquaient un but.
La top et le footballeur vendront des millions de livres, ce seront
les seuls. Les poids lourds réquisitionnés en juin seront
là, à l'arrière des cours humides des librairies
pour rapatrier les milliers d'invendus vers les hautes usines de pilonnage.
Une fumée noire s'élèvera au dessus des villes
qui masquera le soleil, ce dont personne ne s'étonnera puisque,
l'automne succédant à l'hiver, on est préparé
à subir pour quelques mois les caprices du ciel. Naïf et
peu cultivé, le lecteur frissonnera, relèvera le col de
sa veste et réfrénera une légère impatience
d'être à l'automne pour pouvoir, cette année encore,
offrir le nouveau prix G. à sa grand-mère impotente.
La rentrée littéraire, récit d'un combat / Eric Pessan
Eric Pessan, La rentrée littéraire, récit d'un combat © Les amis d'Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2003 w w w . i n v e n t a i r e - i n v e n t i o n . c o m
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