ictor Hugo : Les Châtiments – Racine : Andromaque, Phèdre – Bossuet : Oraisons funèbres – La Fontaine : Fables.

Debout, face à la fenêtre, calée sur mes pieds posés bien à plat, les orteils écarquillés, le poids du corps sur les talons, je lis à haute voix, afin d'augmenter ma capacité respiratoire réduite par une opération ancienne, diminuée encore par des bronchites à répétition.
L'alexandrin classique est berceur. Toujours le même rythme donne, à la longue, un résultat moyen. En revanche, le romantique aux nombreux
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enjambements fait descendre le souffle au fond de la caisse, comprimant le diaphragme. Il suffit alors de laisser l'air remplir naturellement les poumons, on bâille, on pleure, d'autres phénomènes se produisent, inutile d'insister.
J'apprécie la beauté des textes, j'essaie de mettre le ton. Que dirais-tu si tu m'entendais, Jouvet l'Admirable, foudroyée par ton oeil bleu je rentrerais sous terre. Mais il ne s'agit pas de ça. Pour moi c'est une simple question de santé. Seule exception, le récit de Théramène. Le récit de Théramène me bouleverse.

Excusez ma douleur, cette image cruelle
Sera pour moi de pleurs une source éternelle

J'ai fondu en larmes, continué en sanglotant. Pourtant, à la relecture, Pour moi de pleurs ne me paraît pas très heureux.
La Fontaine a choisi le ton du récit. Ses vers irréguliers ménagent les effets, le suspens.
Quant à Bossuet, devant qui tremblent le Grand Roi et la Cour, du haut de la
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chaire il tonne, et moi, enflant ma voix, je tonne aussi, puis je me mets à tousser, voilà ce que c'est de forcer son talent.

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Tout en essayant de remonter ma pente, je suis distraite, des souvenirs me reviennent d'autres lectures, que je faisais pour toi (quelle idée, de tutoyer un mort !), alors que ta vue avait tellement baissé, baissait encore de jour en jour, au fil des soirées nous avons lu, pourrais-je dire ensemble, et plutôt relu que lu, Chateaubriand, Balzac, Casanova, Las Cases, Fromentin, d'autres encore, que nous commentions ensuite, constatant que nos goûts n'étaient plus les mêmes qu'autrefois, brûlant ce que nous avions adoré (Les Illusions perdues, Nadja...).

Je lisais, je lisais et, chaque fois que je m'interrompais, tu disais : «Continue.» Parfois j'étais tellement fatiguée que je m'endormais en lisant,
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j'entendais ma voix qui s'éloignait, diminuendo, allait s'arrêter comme un vieux disque, et tu me réveillais en sursaut.
Dans la journée, pendant que j'étais au bureau, une dame venait te tenir compagnie et t'inciter à sortir pour une courte promenade que tu refusais presque toujours. Elle était relayée par des lectrices recrutées sur recommandation. La première, une jeune femme qui venait tous les jours ouvrables et restait deux heures, lisait bien, d'une voix posée, s'effaçant derière le texte. Quand elle a annoncé son départ pour les Etats-Unis, a commencé la série des idiotes, des ignares, des petites prétentieuses. L'une, soeur d'une jeune amie, qui préparait le concours d'entrée au Conservatoire, mettait le ton. Dehors ! Une autre, qui ne comprenait rien à ce qu'elle lisait, rendait le texte incompréhensible. À la porte ! Et ainsi de suite.
On a aussi essayé les cassettes éditées par France-Culture : «Des écrivains lisent leurs oeuvres». On a commencé par Nathalie Sarraute, on n'est pas allé plus loin : la lecture était entrecoupée de musiques diverses, comme si le texte ne pouvait pas se défendre tout seul. Au panier ! Le ridicule de tout cela, mais
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aussi, quel malheur, quel indicible malheur.
Tout a changé le jour où je suis tombée gravement malade. D'autres chats à fouetter. Vilains chats.

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J'oubliais : lorsque tu as renoncé à engager des lectrices, Lazare t'a proposé de te faire la lecture trois après-midi par semaine. Tu as refusé, tu as eu tort. Lazare est un excellent lecteur, grand connaisseur de la littérature française, si j'en crois certains de ses étudiants ou anciens étudiants. Sa proposition était désintéressée, pourtant tu as refusé sous prétexte que tu n'avais aucun plaisir à écouter la voix d'un homme, seules les voix de femmes t'étaient agréables. À rapprocher du fait que tu n'avais jamais pu te lier d'amitié avec un homme, uniquement avec des femmes. Ce que je crois, c'est que les hommes t'ont toujours fait peur, que tu n'as jmais voulu avoir avec eux d'autres rapports que profesionnels. Je crois aussi que tu supportais mal mon amitié avec Lazare, une
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tendre amitié, sans plus.
Voilà que je cherche à me justifier vis-à-vis d'un mort, c'est le comble. Pourtant n'est-ce pas ce que nous faisons tous ? nous justifier vis-à-vis de ceux qui n'ont plus droit à la parole ? parce que si nous nous reconnaissions des torts, il n'y aurait plus personne pour nous pardonner ? Ridicule. Mais une fois dit, on se sent mieux. Ou plutôt : une fois que je l'ai dit, je me sens mieux. Que sais-je des autres ? Rien. Rien du tout. Aucune idée. D'ailleurs les idées, je m'en méfie. Ce sont elles qui, toujours à nouveau, me font dévier de mon sujet. Je m'envole sur une idée comme une sorcière sur son balai, et où mène-t-elle ?

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Au cours d'une même journée, deux amis m'ont fait la lecture : l'un pour me faire apprécier une oeuvre littéraire, l'autre pour me convertir à ses idées politiques. Inutile de citer leurs noms, pas plus que les textes, qui permettraient de les reconnaître. Je me suis interrogée sur leurs motivations : simple amitié ?
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ou une façon de faire sa cour lorsqu'on est trop timide pour exprimer ses sentiments ? On devrait pouvoir le deviner au timbre, à un léger tremblement de la voix, mais je manque de finesse et ma vanité me trouble l'entendement.

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Quand tu étais petite, ma chérie, je te faisais la lecture tous les soirs, dans ton lit. (Cette fois je ne m'adresse pas à une morte mais tout de même à quelqu'un qui n'existe plus.)
Lisbeth aimait les histoires tristes mettant en scène des enfants : David Copperfield, Oliver Twist, Elle se conduit mal et autres contes d'Andersen. Elle fondait en larmes, pleurait à gros sanglots. Avait-elle envie de pleurer et la lecture n'était-elle qu'un prétexte ? Pleurer soulage, on aurait tort de s'en priver. Croyez-moi, je sais ce que je dis, frustrée sur ce plan, j'en suis restée marquée pour la vie.
Lisbeth, donc, pleurait, insistait pour que je reprenne les passages les plus
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tristes, après quoi elle s'endormait paisiblement.

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Ma mère ne m'a jamais fait la lecture. Même si elle avait fait d'immenses progrès en français pour faire plaisir à mon père, elle avait conservé son accent qui mettait en valeur son charme slave. Résultat : dès qu'on m'a permis d'aller à l'école, j'ai appris à lire en un temps record.

Mon enfance pas très heureuse m'a cependant laissé un bon souvenir, celui de ma rougeole. J'avais fait une complication, comme le médecin l'avait dit à ma mère. Une complication, ce n'est pas donné à tout le monde, me disais-je, aussi n'étais-je pas peu fière. Dans un premier temps. Ensuite, j'ai déchanté car cette complication, c'était une conjonctivite. J'avais les yeux rouges, les paupières enflées, brûlantes. Cela peu devenir grave, très grave. Allongée dans une quasi-obscurité, les rideaux tirés, dès que la fièvre a baissé, ma mère ne s'est plus
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guère occupée de moi, elle prenait mon mal en patience.
C'est alors qu'est intervenue ma grande soeur, ma grande soeur que je détestais et qui a eu pitié de moi. Tous les jours, quand elle avait fini d'étudier sa trigonométrie, de dessiner des épures sur du papier finement quadrillé, avec toutes sortes d'instruments bizarres (ces mots que je ne comprenais pas me fascinaient, je leur trouvais un aspect menaçant qui m'a définitivement dégoûtée des maths), tous les jours donc elle venait s'asseoir dans ma chambre et me faire la lecture en éclairant son livre avec une lampe de poche, afin de me laisser dans la pénombre. Elle m'a lu notamment Le bon petit diable, dont je me souviens tout particulièrement parce qu'il y est question de lire à haute voix.

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Mme Mac'Miche, la vieille avare, oblige Charles, son pupille, à lui faire la lecture pendant qu'elle tricote : Nicholas Nickleby, un Dickens que je n'ai jamais lu. Moi qui aime tant Dickens, la comtesse m'a détournée de celui-là. C'est
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tellement ennuyeux que Charles s'endort en lisant et sa cousine, pour le réveiller, le pique avec l'une de ses longues aiguilles. Décidément Dickens n'est pas en odeur de sainteté dans la littérature française. Zola, de son côté, se moque de lui dans Pot-Bouille en le mettant entre les mains d'une bourgeoise sentimentale, clouée au lit par une «maladie de femme».
Ce n'est pas que Charles répugne à faire la lecture. Seulement il y a les méchantes et les gentilles auditrices. Il y a aussi les mauvais livres (profanes) et les bons livres (pieux). Charles, voyant la Mac'Miche endormie, se sauve chez son autre cousine, Juliette, la jeune aveugle, et lui fait la lecture pendant qu'elle tricote. Vous connaissez la suite.

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Fait-on encore la lecture aux enfants ? Il y a tant de disques aujourd'hui, de dessins animés, de jeux vidéo. Le décervelage des enfants, c'est la tranquillité des parents. Jusqu'au jour où, mais là nous entrerions dans le domaine de la
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politique, n'entrons pas. D'aileurs je suis peut-être exagérément pessimiste, si j'en juge par la quantité de livres pour la jeunesse qui se publient tous les jours je me dis que la lecture à haute voix n'est peut-être pas tout à fait morte.

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Revenons au passé. Il n'y a que le passé qui m'intéresse, si mouvant, si riche, si divers. Le présent, on ne sait pas ce que c'est. Quant à l'avenir, dites-vous bien qu'il n'existe pas. L'avenir n'existe que lorsqu'il s'est transformé en passé.


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Jadis les reines et les dames de haut rang se faisaient faire la lecture. Jugeaient-elles indigne de lire elles-mêmes, comme de s'habiller ou de se déshabiller toutes seules ?
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Sous le règne du Grand Roi, à Paris (la ville, opposée à la Cour de Versailles), chacun donnait lecture, dans les salons, des lettres qu'il recevait et dont l'ensemble constituait une sorte de gazette. Elle le savait bien, la Sévigné, qui composait ses petits chefs-d'oeuvre apparemment primesautiers, avec une simplicité calculée. Même sa fille chérie, qu'elle aimait pourtant d'amour tendre, trop tendre, même son gendre dont elle était carrément amoureuse n'étaient pour elle qu'un prétexte à faire admirer son esprit d'observation, la finesse de ses analyses, la justesse de ses jugements. Ces lettres cent fois recopiées et lues à haute voix, parcouraient l'Europe qui recevait, sous forme de missives, les nouvelles de l'étranger.

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Naturellement on lisait aussi, comme en témoigne l'illustre Trissotin, dans les salons où Précieuses et Précieux donnaient le ton, mais il n'y avait pas qu'eux, ces dames rivalisèrent pour attirer chez elles tout ce que le monde comptait de
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philosophes, de savants, d'écrivains de talent. Cela se passa surtout au XVIIIe siècle, au cours de cette période bénie où l'efflorescence des beaux esprits fut à son comble et où les plus avisés préparèrent innocemment des massacres dont ils n'avaient pas idée. Oui, avant le choc des armes, ce fut le choc des idées, dans les salons des Lumières, à l'insu du peuple qui allait bientôt se laisser déborder par la populace (sans-culotte brandissant une tête au bout d'une pique), finis les salons, finies les lectures à haute voix, triomphe de l'éloquence dans les sections, dans les tribunaux et jusque sur la plate-forme à Sanson. Plus d'un grand savant, plus d'un grand poète se vit ainsi couper le sifflet.

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Sous les yeux effrayés, incrédules, de l'Europe, les Français culbutaient leurs régimes les uns après les autres. Aux révolutions et aux guerres succédaient de brèves périodes de répit, de revanche pour les uns, d'amertume pour les autres.
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Napoléon, à Sainte-Hélène ressassait ses souvenirs, analysait ses erreurs, à ses côtés l'auteur du Mémorial l'observait à la promenade, au bain, notait ses propos. Tout près de chez moi, la paisible et très résidentielle rue Las Cases commémore la mémore de l'hagiographe.

Toujours est-il que Napoléon, lui aussi, pour meubler les longues soirées, faisait la lecture à son entourage. Que lisait-il ? On imagine aussitôt Plutarque, ou César, ou Tacite. Pas du tout : Andromaque, voilà ce que Napoléon lisait tout haut , au milieu du cercle de ses intimes.


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L'un des plus beaux passages du film Le guépard, c'est le moment où le soir dans le grand salon, le maître de maison, debout, fait la lecture aux dames
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penchées sur leurs travaux d'aiguille. Lecture brutalement interrompue par l'irruption du jeune Tancredi qui apporte des nouvelles de l'insurrection. C'est ainsi que le grand courant d'air de l'histoire en marche refoule dans le passé les créations de l'esprit : d'une génération à l'autre, nous assistons à la fin d'un monde qui déjà se sentait menacé.


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Plus près de nous, les membres fondateurs de la Nouvelle Revue Française nous donnent un bel exemple de rigueur : chacun lisant à haute voix ses travaux en cours ou ses oeuvres achevées, soumis à la critique sans indulgence de chacun des autres.
Aujourd'hui tout a changé. Si les écrivains lisent encore leurs oeuvres, ce n'est plus dans un salon mais sur une estrade, devant un public mélangé qui tient à voir ses auteurs préférés en chair et en os, comme si cela lui apportait quelque chose de plus. Commis voyageurs de leur littérature, les écrivains parcourent le
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monde, participent à des colloques où ils se rencontrent pour se refiler les bonnes adresses, les bons circuits de conférences. Cela fait partie du jeu des complaisances, multiplié par celui des communications qui font le tour de la planète en cinq sec.


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Quel drôle de monde tout de même ! Je n'y comprends rien. Ma chère fille prétend que c'est ma faute, que je ne fais aucun effort pour comprendre. Elle est gentille, ma fille. Son désir de me réformer part d'un bon sentiment. «Tu vas voir, me dit-elle, ça te retombera sur le nez.» «Je me demande bien quoi», ai-je répliqué. «Non, a-t-elle dit, tu ne te le demandes pas. C'est là ton erreur.»
Cela m'a laissée sans voix.

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Je dis cela en riant, mais sans voix, je le suis depuis plusieurs jours. Voilà comment c'est arrivé. Un soir, en lisant tout haut avant d'aller me coucher, je me suis forcée à continuer malgré un début de rhume. Le lendemain matin, plus rien, extinction complète.
Je me suis dit que cela allait passe en buvant beaucoup, et tiède mais, si ma voix est un peu revenue, en revanche j'avais mal à la gorge d'un côté, ce qui m'a fait craindre un abcès plutôt qu'une angine. Heureusement, le lendemain j'avais mal aussi de l'autre côté. Une petite fièvre, pas grand-chose. Pour faire court, comme on dit aujourd'hui, alors que le mot «bref» est tellement plus court, mais je tiens à montrer que je reste la page, pardon, dans le vent, branchée, chaque fois que je peux employer un mot jargonnant, une expression jargonnante, je ne veux pas manquer l'occasion, pardon, l'opportunité, d'accord ? Quoi qu'il en soit, je suis allée voir mon médecin qui a diagnostiqué une laryngite et m'a prescrit le traitement ad hoc, assorti de cette recommandation : «Parlez le moins possible. Moins vous parlerez, plus vite vous guérirez.»
J'ai donc annulé tous mes rendez-vous et prévenu mes amis. Quand j'ai
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annoncé la nouvelle à Nadia, elle a eu son petit rire de gorge, ce rire que je déteste parce qu'il annonce qu'elle va se moquer de moi. Et cela n'a pas manqué, elle a dit : «Alors, tu as voulu te punir ? Qu'est-ce que tu ne veux pas voir et pas savoir ? Rentre en toi-même, Clémentine.» Cela m'a mise tellement en colère que je lui ai raccroché au nez.
Et, tout d'un coup, ce silence que j'avais accueilli comme une bénédiction (enfin libre, plus besoin de me défendre, plus de comptes à rendre à personne) m'a fait peur. Ai-je vraiment voulu me punir ? De quoi ? Ou ai-je été punie ? Par qui ? Pourquoi ? Et si je n'allais plus jamais retrouver ma voix ? «Qu'est-ce qui te prend, Clémentine ?» me suis-je dit. Oui, il m'arrive de me tutoyer quand j'ai un problème.
L'autre jour j'ai rêvé que je tombais dans un trou. J'avais fait un faux pas. Ce trou devait être une crevasse. Moi qui pour iren au monde n'irais me promener en montagne, j'étais tombée dans une crevasse qui, à mesure que je m'enfonçais, devenait de plus en plus étroite. De plus en plus serrée, oppressée, je voulais crier, je ne pouvais pas. Je me suis réveillée en sursaut, en nage.
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Ensuite j'ai bien ri. «Cela m'apprendra, me suis-je dit, à me poser des questions idiotes.»
C'est mon silence forcé qui m'a poussée à écrire. À essayer de comprendre ce besoin que j'ai de donner de la voix, comme si des signes patiemment ou fébrilement tracés sur une page blanche ne suffisaient pas à faire exister les choses. Je n'y suis pas arrivée. Et puis je me dis que c'est ma façon à moi de voir le monde.
Chacun de nous, à un moment ou à un autre, cherche à interpréter sa vie. Seuls les imbéciles y arrivent.
Je guérirai. Je retrouverai ma voix, je recommencerai à lire tout haut les auteurs que j'aime parce qu'ils expriment ce que je pense et ce que je sens tellement mieux que je ne pourrai jamais le faire.


Lire tout haut / Constance Delaunay



Constance Delaunay est l'auteur d'une dizaine de livres publiés par les éditions Gallimard. On citera Une mauvaise lecture (nouvelles), Leçon de chant (nouvelles), Conversations avec Federman (roman) ainsi que Autour d'un plat, menus et propos qui vient de paraître.

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