Faites pousser sans moi vos moissons fantômes. Moissonnez sans moi vos
lauriers de carton. Pavanez-vous sans moi dans le vide cosmique.
Mais sans moi, sans moi!

Édouard Kouznetsov
Journal d'un condamné à mort


ans doute ce désir de partir, de quitter mon pays et ce qu'il me restait de famille était-il insensé!
 
1/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Mais je n'imaginais pas alors commettre un crime si épouvantable. Non, je puis vous l'affirmer sans hésiter, je ne voulais pas causer de tort à qui que ce fût. Ce n'était pas insulter ma terre, me figurais-je en ce temps pas si lointain de mes préparatifs, que de songer à vivre sous de nouveaux climats, plus propices, disait-on par ici, plus sucrés, et d'accomplir enfin ce voyage dont tant de mes proches avaient en vain rêve! Croyez-moi, je n'ai pas cherché à convaincre quiconque de me suivre, mais que je reste au village, ça non! c'eût été me condamner moi-même à une fin trop rapide et peu recommandable.
Vous me demandez d'où m'est venue cette envie de fuir et je m'aperçois que mes réponses vous laissent insatisfaits. Mais c'est que le désir de partir est né presque en même temps que moi et c'est à mes dépens qu'il a grandi tandis que je conservais cette toute petite taille que vous avez certainement remarquée : oui, c'est ainsi, je l'ai nourri, l'ai rendu intraitable et, dans mon for intérieur, rien n'a pu résister. C'est vous dire comme il m'est difficile de faire la part des choses et
2/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


d'introduire ce satané esprit d'analyse, que vous exigez, dans une affaire aussi charnelle. Toutefois, je puis vous confier que mon obsession de gagner l'étranger, aussi ancienne soit-elle, remonte à ce nom d'Albeterre que mes parents et grands-parents citaient souvent dans leurs conversations les plus secrètes, qu'il ne m'était pas permis d'entendre mais que j'écoutais cependant, l'oreille dressée, du fond de ma petite caisse en bois où ma vie d'être humain récemment débarqué s'accomplissait. "Albeterre! Albeterre!" chuchotaient-ils en choeur. "Nous y trouverions du pain, et peut-être des fruits et, qui sait? de la viande!" Et ces mots produisaient en moi, malléable enfant de six mois toujours affamé, de si violents effets que j'étais désormais incapable d'avaler notre soupe où trempaient, pour tout aliment solide, quelques pelures d'oignons.
L'esprit d'un enfant est un monde bien étrange, mais le mien ne me semblait pas mieux disposé qu'un autre à chérir ce nom d'Albeterre davantage que celui de mon propre village. Et vous connaissez l'infernal patriotisme des enfants! Aussi,
3/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


permettez-moi de fixer l'origine de ce que vous appelez ma tentative de fuite dans le plus obscur recoin d'un intestin désert. C'est au sein même de ce système digestif d'ordinaire plus impeccable qu'un intérieur japonais que germa ma passion du voyage.
Mais, outre cette lourde famine qui a fait de moi ce que je suis, s'étaient développés parmi notre communauté de très fâcheux comportements, m'a-t-il semblé. Ainsi, j'avais cinq ans lorsque je découvris pour la première fois le terrible abattement qui régnait sur le village : les hommes marchaient à tout petits pas, tête ployée, dos voûté, oreilles sourdes. Il suffisait donc, me demandai-je, de suspendre un instant nos cris d'enfants pour se laisser happer par l'ennui et la désolation ? Albeterre! Albeterre! invoquai-je silencieusement. Tous mes camarades de jeu avaient repris leur course à travers le village sans tenir compte de ce dont nous avions été frappés. Mais j'en fus incapable et mes cavalcades de jeune sauvage s'arrêtèrent là.
4/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sans bien comprendre ce que je décidais, je me mis à fouiller l'étonnant caractère de notre population.
Puisque ma mère était morte depuis peu, j'interrogeai mon père, l'instituteur. Je m'approchai de la chaise inconfortable sur laquelle il avait l'habitude de rester assis des heures durant à ne rien faire, et j'osai une question sur la prostration de nos concitoyens. Mon père ne fut pas peu surpris par mon audace et il me le fit savoir sans tarder en frappant du talon de sa botte le plancher de notre maison, deux coups brefs et sonores qui auraient dû me faire déguerpir comme à l'accoutumée. Mais devant mon insistance, il fondit en larmes en lâchant ce mot de renégat qui, vous le savez bien, induit sous nos climats un nombre infini d'insinuations particulièrement graves.
Je fus consterné mais, considérant que mon père devait être lui aussi très atteint par la disparition de ma mère, je choisis de l'éviter désormais. Il ne me restait qu'à tenter de découvrir par moi-même ce qui désespérait tant de mes compatriotes. Je
5/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


devins, je l'avoue, un parfait petit espion qui sut fort bien se dissimuler afin de saisir une piste, quelle qu'elle fût, qui pût lui permettre de comprendre un peu mieux. Mais les visages ne me livrèrent qu'expressions figées et regards vides, de la crainte mais point d'explication. Et si hommes et femmes se battaient souvent entre eux, dans nos ruelles, ce tempérament ne cessait d'être démenti par l'extrême lassitude qui dominait leurs combats. Ils se battaient, oui, cruellement même, mais sans y croire.
C'est dans ces circonstances que je conçus très secrètement le projet que vous savez. Albeterre était alors mon unique consolation devant l'affligeante morosité de notre petit bourg. Je me grisais dans mon coin, tombant en pâmoison quand j'apprenais la disparition de l'un des nôtres, car je ne doutais pas que celui-là était parvenu à gagner la cité de mes illuminations. Imaginerez-vous ma stupéfaction quand je vous dirai qu'il m'a semblé reconnaître hier, parmi les ombres que vous tenez enfermées dans l'entrepôt, quelques-uns de mes voisins disparus ? Ce serait
6/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


en effet une terrible désillusion pour moi s'il en était ainsi. Quoi qu'il en soit, je songeais beaucoup à cette ville, non plus sous la seule emprise de mon estomac vide, mais avec cette jeune puissance naissant dans mes bras ; car loin d'être satisfait de l'engourdissement qui régnait sur le village, j'aspirais à de vrais travaux fraternels grâce auxquels je devais contribuer à consolider les fondations de cette Albeterre, refuge des renégats pensais-je alors.
Vous avouerai-je que je me surpris à croire à l'incroyable ? Ainsi, ma mère n'était plus morte mais elle avait bel et bien fui notre village, notre effrayant petit village, en dissimulant son départ vers Albeterre sous une sombre mascarade qui avait réuni la moitié de notre communauté, au cimetière d'abord puis autour de longues tables dressées dans la grange. Ce simulacre de mort, me dis-je, avait été l'occasion de comportements très dégoûtants. Nos concitoyens qui sont, entre parenthèses, de véritables amateurs de scènes macabres, avaient célébré à leur détestable manière ce qu'ils appelaient "l'inexorable triomphe de la mort". Ils avaient
7/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


bu plus que de coutume et, l'ivresse aidant, leur vulgarité n'avait rencontré aucune limite. Les visages ruisselant de sueur, les bouches prodigues d'insanités lancées comme autant d'hommages posthumes, les mains sales grattant les plats offerts par mon père, cela je ne l'oublierai pas de sitôt.
"Loulou!" m'apostropha, un an plus tard, Pamela ma marâtre. "Si tu m'aimais un peu, je te donnerais des bonbons." Pamela avait des poches sous les yeux et, malgré sa relative jeunesse, un esprit très corrompu. Depuis l'apparition de Pamela sous notre toit nous mangions en effet beaucoup mieux, mais l'affaire des bonbons m'ayant en somme retourné l'estomac, je ne touchai plus à rien et me demandai, en revanche, d'où provenait cette abondance de nourriture. Les honnêtes gens continuaient de mal manger, je ne pouvais pas l'ignorer mais je n'avais pas encore deviné l'existence de ce commerce très singulier qui liait Pamela à certains d'entre vous, Messieurs, quoique je la tinsse déjà, instinctivement, pour une femme peu scrupuleuse.
8/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À cette époque de ma vie, déterminante dans l'affaire qui nous concerne, je tentai mes premières incursions en solitaire dans la forêt qui borde notre village sur sa face ouest. Et je puis vous dire ceci : au cours de ces fréquents séjours en forêt, mon dessein de gagner la ville que vous savez prit sa forme définitive ; là, je grimpais dans les arbres et il me semblait distinguer au loin les toits d'or et de vermeil, les collines nues, le bleu d'un ciel nouveau ; sans doute songeais-je d'une manière encore abstraite au moyen de rejoindre ma mère enfuie vers Albeterre, mais j'y songeais cependant, jour et nuit.
Je me mis bientôt à fureter partout, dans le sous-bois d'abord, et puis plus avant parmi les arbres. Les chemins de traverse me tentèrent tout particulièrement, et je dois avouer que la grande solitude de ces sentiers broussailleux me convint à un point que je saurais dire sans me trahir. Sachez seulement qu'envisageant l'existence qui m'attendait parmi les miens, je détalais invariablement vers la forêt. C'est ainsi que, jour après jour, je découvrais l'existence d'un réseau de chemins forestiers qui

9/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


me conduiraient, je voulais y croire, vers les feux du couchant.
Cette découverte eut d'extraordinaire conséquences : je cessai vite d'être tout à fait dupe de vos agissements. C'est ainsi que je ne pouvais plus souscrire aux tristes poèmes que vous affichiez si souvent à nos portes, où il était proclamé qu'il n'existait pas, sur cette terre, d'autre village que le nôtre. J'ignore encore quel était votre but mais enfin je ne pouvais plus vous suivre puisque j'étais certain d'avoir aperçu, dans mes courses vers l'ouest, un village, certes semblable au nôtre, aussi sombre, humide et sale, mais tout imperceptible que fût la différence, ce n'en était pas moins un "autre" village. Deux n'est pas un, vous ne me contredirez pas, mais que tenterez-vous alors contre cette promesse d'infini que le chiffre deux nous apporte irrévocablement ?
Quant à moi, je vous avoue que le délabrement de notre vie communale m'était, à cet âge de dix ans, devenu odieux : vous, les véritables maîtres de notre petit bourg, ne songiez qu'à ruiner les meilleurs volontés en répandant partout vos
10/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


sinistres mensonges : vous appuyant sur la terrible affirmation de notre solitude sur terre, vous encouragiez en chacun de nous ce qui s'y trouvait de plus bas : d'un homme qui aimait la merveilleuse texture de l'alcool vous faisiez un ivrogne, d'une danseuse vous tiriez une putain d'un mélancolique un insatiable cafard à votre solde. C'est ainsi, inexplicable au fond, mais votre présence parmi nous a causé plus de dommage encore que cette interminable famine dont je vous soupçonne un peu d'être la cause.
Vous me demandez une nouvelle fois pourquoi j'ai depuis si longtemps rêvé d'aller vivre là-bas, mais que ferez-vous de mes raisons quand vous savez tout cela mieux que moi-même ? La crasse, la méchanceté et l'hébétude régnaient sur nous tandis que vous défiliez dans nos rues, assis sur vos ânes, bien mis, chapeautés et grassouillets, clouant partout ces affichettes de papier où étaient imprimées vos inspirations quotidiennes. Or, c'est à la complicité et à l'admiration que vous exigiez de chacun d'entre nous que je ne pouvais plus entièrement adhérer. Comme je
11/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


doublais le cap de ma onzième année, le désir de partir fut si pressant que je conçus enfin le moyen de me soustraire à votre fantaisie.
Le petit emploi de maçon que j'occupais depuis peu me laissait assez de loisir pour réfléchir utilement à la meilleure manière de vous fuir. Mais il faut que vous sachiez comme il était difficile de mêler l'esprit pratique à ce rêve de vivre là-bas, car Albeterre n'était pas seulement un lieu à atteindre, non ; j'entretenais avec elle des relations bien plus complexes qu'il vous sera, je crois, impossible de comprendre.
Ainsi admettrez-vous que cet endroit où je ne suis jamais allé pût être à mes yeux ma seule terre natale véritable ? Croire n'être pas encore né, sans doute est-ce là quelque folie, je vous l'accorde, mais je ne peux m'empêcher d'y voir l'inévitable conséquence de votre présence dans ce village. Car, Messieurs, il faut considérer que vous jouissez d'une enviable santé et vous avez belle apparence quand vous allez sur vos ânes, n'hésitant pas à glaner parmi nos femmes les fruits de vos charmes
12/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


indéniables, tandis que nous-mêmes errons dans les rues, chaque jour plus chétifs et plus faibles, affamés, certes mais étonnés davantage encore. C'est que vous nous offrez sans compter l'image de ce que nous ne sommes pas, n'avons jamais été et ne serons jamais. Et cette indigestion d'"être" produit chez nous de terribles ravages. Nous en sommes réduits à douter de notre propre consistance et certains vont jusqu'à se convaincre qu'ils ne sont rien que chimères issues de votre grande imagination. Ceux-ci finiront mal, soyez-en sûrs. Mais pour ma part, il me semble seulement que je ne suis pas encore né. Oui, c'est un sentiment curieux mais que voulez-vous, je n'y peux rien.
Afin de me faire un peu comprendre, j'aimerais vous mener sur le terrain de la métaphore, votre terrain : prenez un oeuf fraîchement pondu, regardez-le, regardez-le de près. Ne vous paraît-il pas qu'il se dégage de sa rondeur, de sa paroi lisse et coriace, une impression de plénitude très prometteuse ? Mais que penserez-vous de cet oeuf après douze années de couvaison infructueuse ? Qu'il a
13/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


déçu son monde ? Sans doute. Qu'il est tout à fait mort ? Voilà, Messieurs, ce qui nous différencie de la plus radicale manière! Car, je vous en prie, considérez-moi un instant comme cet oeuf avec lequel je vous ennuie peut-être et laissez-moi vous dire combien est impétueuse encore son impatience de vivre, et vigoureuse son envie d'éclore et de rattraper le temps perdu!
Mais loin d'ici. Très loin.
C'est à Albeterre que je désirais aller mettre bas à moi-même, mais l'absence au village de tout autre moyen de locomotion que les ânes vous appartenant me fit concevoir la possibilité du vol. Oui, voici une charge que vous devez retenir contre moi, l'emprunt d'un petit âne pris dans vos enclos. Peu vous importeront les circonstances de ce vol, mais peut-être serez-vous étonnés d'apprendre que l'âne, sur lequel je déposai mon maigre chargement, se montra tout guilleret et singulièrement fringant! Je pénétrai enfin dans la chambre que mon père partageait avec Pamela : "Nous sommes si différents", pensai-je une dernière fois. Puis, mon
14/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


âne et moi nous enfonçâmes dans l'obscurité de la forêt. Je quittai le village.
Et j'entrai dans la nuit la plus étrange de ma courte existence. Humide et froide nuit de novembre. Nous avancions sans y voir. À petits pas. Je parlais à mon âne, je lui glissais dans l'oreille bien des mots tendres, je le caressais. Dans la fuite, on ne sait pas toujours ce qu'on veut laisser derrière soi et la fuite elle-même, je crois qu'il faut du temps pour savoir ce que c'est. Je partais mais ne pensais à rien. Tête vide, sans tristesse, j'écoutais les mille bruits de la nuit. Le craquement des branches, les frissons de l'herbe sur laquelle il me sembla soudain que quelqu'un se glissait, tout près, la chute des pommes de pin. "Avancer, me disais-je, avancer le plus que je puisse. La nuit me cache." Je ne voyais plus mes propres mains. Je ne voyais plus mon âne.
Après que l'eau de pluie qui s'était mise à tomber eut fait de moi un amoncellement de maigres torrents, je sautai de l'animal et me postai devant lui afin de l'arrêter. Et nous pénétrâmes sous les arbres. Il n'y avait pas de vent, que cette
15/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


pluie qui aime se faufiler lentement à l'intérieur des maisons et des êtres par d'étroits sentiers connus d'elle seule. Mais après quelques minutes, il plut également sous les arbres. Je nous remis donc en marche, les mains plongées dans mes poches humides. Mais quand mon visage, comme la veste et le pantalon, fut trempé par la pluie, quand les cheveux se collèrent sur le front, quand un filet d'eau froide courut sur la peau de mes reins, je ne sus pas comment m'y prendre pour faire un pas de plus. Il faut de grandes forces pour marcher, sans hésiter, vers l'inconnu.
Dans cette nuit noire, je pressai mon cerveau de me livrer une fois encore ses images de la ville, et je lui demandai aussi un peu de musique, car je ne doutais pas que la musique tînt une place de choix dans mon Albeterre de rêve. Et mon cerveau fut, cette nuit-là, très aimable : il me combla. Quelque chose prit forme d'une incroyable manière, un soleil d'abord, comme je n'en avais jamais vu, puis au coeur même de ce soleil, m'a-t-il semblé, des bouquets de jeunes filles chamarrées qui
16/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 


me regardaient entrer dans la ville, sur mon âne ; l'une d'elle approchait et me souhaitait la bienvenue dans une langue qui n'était pas la mienne mais que je comprenais pourtant : "Es-tu un renégat ?" me demandait-elle tandis que je devinais combien ma mère avait dû ressembler à cette jeune fille, jadis. J'inclinais la tête et descendais de l'animal. "Veux-tu t'asseoir sur mon âne ?" lui proposais-je, mais sans m'écouter elle m'offrait à boire une eau pure au goût de fruit. "Comme j'ai eu raison de fuir!" me réjouissais-je. "Mon nom est Anna et le tien ?" Je lui disais mon nom mais devais le répéter, car je parlais sans doute trop bas pour être entendu par elle. "Tu es muet ?" s'étonnait-elle, tristement.
Mais tout cela peut-il vous intéresser alors que vous savez fort bien que je me suis endormi sur l'âne, cet âne qui profitant de mon sommeil m'a reconduit dans ce village maudit où vous m'attendiez tranquillement. Depuis cette nuit-là, je ne dors plus, croyez-moi, bien qu'il soit trop tard pour un nouveau projet de fuite. Je ne dors plus car trotte inlassablement dans ma tête cette obsédante question : "Pourquoi,
17/18

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Messieurs, les ânes sont-ils de votre côté et non pas du mien ?" Vous ne voulez pas me répondre, tant pis ; nous nous sommes donc tout dit. J'ajouterai cependant, à ma décharge, qu'il n'est pas si facile d'évoquer les nombreux mystères de la destinée quand on vous tient en joue et que déjà sifflent les balles.

 

Patrick Cahuzac

Patrick Cahuzac est l'auteur de Parole de singe et de L'énergumène, parus aux éditions Gallimard

 

 

18/18