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Patrick Cahuzac :
Peux-tu nous raconter les conditions de ton engagement aux côtés
des sans-papiers ? Comment cela a-t-il commencé ?
Jean-Claude Amara : C'est un long parcours.
Il faut dire que je suis aussi co-fondateur de Droit au Logement (DAL)
et avec le DAL, j'ai mené pas mal de luttes en faveur de l'application
de la loi de réquisition des immeubles vides appartenant à
de très gros propriétaires. Vers le milieu des années
90, nous
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avions décidé de frapper un grand coup et d'occuper un immeuble
de la rue du Dragon, à Paris. C'est le pôle cristallisateur,
le lieu d'où a émergé tout ce que fait l'association
aujourd'hui.
- Comment s'est passée
cette occupation ?
L'occupation a eu lieu le 18 décembre 1994 exactement.
On est partis en janvier 1996. Cela fait quatorze mois d'occupation. C'est
moi qui ai trouvé ce lieu et il me paraissait fabuleux pour toute
la symbolique qu'il portait. Ce lieu planté en plein coeur de Saint-Germain-des-Prés,
en plein coeur de Paris, nous permettait de reconduire au coeur de la
ville justement ceux que l'on met hors les murs, hors la ville. C'était
une ancienne école, le cours Désir. 12 000 m2. C'était
immense. Dans cette école vide depuis des années, des familles,
des personnes seules pouvaient être relogées. 230 personnes
occupèrent ce lieu pour exiger un relogement décent. Mais
il y avait aussi d'autres parties du bâtiment, les bureaux vides,
la cour. C'est en voyant ça qu'est née l'idée d'aller
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plus loin, de matérialiser certains liens qui existaient déjà
avec des créateurs, des intellectuels. J'imaginais très
bien créer dans cette école des ateliers d'artistes afin
qu'un lien durable, réel, s'établisse avec le monde des
exclus.
- Droits Devant ! n'existait
pas encore ?
Non, mais c'est cette idée qui, en définitive,
lui a donné naissance, début 1995. Le but était désormais
d'aller plus loin et de mettre en rapport les différents thèmes
sur lesquels nous voulions intervenir, afin qu'il n'y ait pas de parcellisation
des luttes. C'est pourquoi de nombreuses associations se sont installées
rue du Dragon (associations de lutte contre le chômage, de chômeurs,
d'immigrés, d'étrangers, etc).
C'était un pôle de résistance, un vivier, un creuset
de rencontres. C'était aussi un espace d'échange des savoirs
où des chercheurs, des sociologues, des philosophes - Bourdieu,
Castoriadis, tant d'autres - donnaient des conférences, discutaient
avec ceux qui étaient présents, des exclus. Enfin, c'était
un espace
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de création artistique. Plusieurs ateliers
ont été installés. On rencontrait là des peintres,
des sculpteurs, des plasticiens mais aussi des écrivains, des théâtreux.
Tout cela faisait que dans ce lieu, rue du Dragon, (on disait un Dragon
nommé Désir), des gens se parlaient, aussi différents
qu'un universitaire et un Rmiste, un Rmiste et un sans-papiers, un sans-papiers
et un artiste. C'était une sorte d'agora qui cassait les cloisonnements
entretenus par un système pour affirmer sa suprématie, une
agora où s'affirmait en permanence le principe d'égalité
citoyenne.
- Etait-ce ce que vous vouliez
réaffirmer avec l'Appel des "Sans", durant les grèves
de décembre 1995 ?
Il est clair que la voix des "sans" (sans-papiers, sans-logis,
sans-travail, etc.) ne se faisait pas beaucoup entendre dans ce concert
de revendications souvent - et c'est logique - corporatistes. Mais il
fallait pourtant qu'elle se fasse entendre. On a donc lancé cet
Appel des "Sans" depuis Beaubourg, que nous
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occupions, et c'est alors que s'est réellement
constitué, à partir de cette plate-forme rédigée
par des des syndicalistes, des intellectuels, des associations, ce qu'on
appelle aujourd'hui le mouvement social.
- Quelques mois plus tard,
les sans-papiers occupaient l'église Saint Ambroise, dans le 11ème,
à Paris.
Le 18 mars 1996.
- Puis l'église Saint
Bernard.
Il faut dire quelques mots de ce 18 mars 96. A cette époque,
nous étions seuls avec les sans-papiers. Aucune autre association,
à part le Comité des sans-logis, ne voulait mettre un doigt
dans cet engrenage. C'était la première fois que les sans-papiers
eux-mêmes décidaient d'occuper un lieu. D'apparaître.
Mgr Lustiger est rapidement venu les voir, et apporter sa commisération.
Le
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lendemain, il faisait enlever les Saints Sacrements
de l'église afin de permettre l'expulsion par la police. C'était
terrible. Il fallait absolument trouver un lieu d'accueil pour les 300
sans-papiers de l'église et notre isolement était presque
total. Il fallait voir notre convoi, dans Paris, pourchassé par
la police
- L'occupation de Saint Bernard
est une date importante dans le mouvement des sans-papiers. Pouvez-vous
nous dire pourquoi ?
Ce que je trouve exemplaire, dans la lutte des sans-papiers,
c'est qu'en quelques mois, ils avaient réussi ce tour de force
de transformer le mot "clandestin" en "sans-papiers",
ils avaient gagné la bataille des mots. Cette prise en main de
cette lutte par les sans-papiers eux-mêmes a provoqué une
déflagration qui a traversé toute la société
française. Saint Bernard a été , vraiment, je le
crois, une date très importante dans cette lutte qui est la plus
difficile de toutes. Moi, qui depuis dix ans me bagarre aux côtés
des exclus, je sais que la lutte des sans-papiers, c'est l'infinie difficulté.
On ne peut pas savoir
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la somme d'efforts, de courage, d'entêtement qu'il a fallu pour
qu'un mouvement comme celui-là puisse enfin émerger.
- Comment expliquez-vous cette
difficulté ?
Le sans-papiers, c'est "le sans" des sans.
Sans papiers, sans logis, sans couverture sociale, sans travail. C'est
vraiment celui qu'on cale dans l'ombre et qui doit y rester. Et je crois
que ce qui a choqué les gens, c'est qu'ils ont osé sortir
de l'ombre pour aller en pleine lumière. Ils ont osé. C'est
une chose fondamentale. Quand on occupe un immeuble avec des sans-logis,
par exemple, on se fait expulser par la police. C'est difficile à
vivre. Mais pour le sans-papier, c'est un risque inouï, vital, celui
d'être expulsé du territoire ! Lui risque plus que tous les
autres. Je crois que ce courage, cette obstination des sans-papiers sont
devenus presque aveuglants. Leur cause à laquelle personne ne croyait
a progressé grâce à cela et à leur intelligence,
à leur mobilisation constante. C'est pourquoi c'est une lutte vraiment
exemplaire.
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- Quelques mois après
l'expulsion de St Bernard éclatait l'affaire Jaqueline Deltombe
et l'appel des cinéastes à la désobéissance
civique.
La connerie de J.-L. Debré a été
de s'attaquer à ceux qui pouvaient soutenir les sans-papiers. Les
consciences ont besoin d'exemple et Jaqueline Deltombe est devenue une
sorte de symbole de la répression qui s'exerçait. Si cette
femme
pouvait être condamnée pour délit de solidarité
avec un sans-papier en vertu de l'article 21 de l'ordonnance de 1945,
alors n'importe qui était susceptible de l'être. Le relais
médiatique exercé par les cinéastes, les pétitions
signées par les écrivains, les artistes et bientôt
par la société tout entière a été incroyable.
Le gouvernement d'alors n'imaginait pas qu'il existait et qu'il existe
encore dans ce pays une sorte de citoyenneté silencieuse. Il existe
en France, en dehors des associations et des partis, un très grand
nombre d'individus silencieux qui ne sont pas dénués de
sens citoyen et démocratique. Et ces gens-là ont été
interpellés par le cas de Jaqueline Deltombe, une femme comme tant
d'autres.
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- Pensez-vous que cette mobilisation
a eu sa part dans le retour de la gauche au pouvoir ?
Oui, je le crois. Voir 100 000 personnes défiler
dans les rues de Paris contre
l'article 1 de la loi Debré et donc pour soutenir
de près ou de loin la cause des sans-papiers était un
moment extraordinaire.
- Comment avez-vous vécu
cette mobilisation qui soudain dépassait tout le monde ?
Le principe, dans une lutte qui, on le sait, va durer
des années, est de savoir comment, à partir d'un certain
moment lui redonner une consistance afin d'éviter l'érosion,
la banalisation. En concertation avec les principaux intéressés,
les sans-papiers eux-mêmes, nous avions décidé d'organiser
une marche des "121 noms difficiles à prononcer", solidaires
des sans-papiers. Cet appel coïncida avec l'appel à soutenir
Jaqueline Deltombe. Et ce jour-là, en
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février, tout le monde est descendu dans la rue. On espérait
au grand maximum 30 000 personnes. Il y en eut 100 000! On était
complètement stupéfaits.
- Comment expliquez-vous l'affaiblissement
de cette mobilisation de masse, après le retour de la gauche
au pouvoir ?
Depuis juin 1997, beaucoup de choses ont changé.
Lionel Jospin a tout d'abord compris qu'il fallait marquer le coup en
direction des sans-papiers. Il annonça la publication rapide
d'une circulaire définissant le cadre des futures régularisations.
Mais nous, nous voyions bien le danger que représentait cette
circulaire ségrégative pour l'égalité des
droits. Le calcul de M. Jospin était de régulariser les
femmes et les enfants car il avait bien compris que la population française
supportait mal de voir des images de femmes et d'enfants arrêtés
ou expulsés, même si ce n'était que des immigrés.
Mais les célibataires, ceux-là on allait les virer! Cette
circulaire, on l'a vite compris, avait avant tout pour but de transformer
la question politique du droit des sans-papiers à être
régularisés en
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question administrative indifférente aux principes.
Ensuite, L. Jospin a eu l'intelligence de se servir de J.-P. Chevènement,
son pion essentiel dans le gouvernement, pour prôner une sorte d'équilibre,
sur la question des sans-papiers notamment, entre Chevènement et
les autres composantes du gouvernement. C'est pour nous une énorme
difficulté à contourner. Toutefois, la mobilisation et le
soutien aux sans-papiers ne se sont pas éteints et aujourd'hui
près de 90 000 d'entre eux ont été regularisés
quand la première circulaire en avait programmé 30 000.
Mais pour les quelques dizaines de milliers qui restent, cela va être
très difficile.
- J'aimerais que vous reveniez
sur le rôle du Ministre de l'Intérieur dans cette affaire
?
Lorsque J.-P. Chevènement, à l'Assemblée
Nationale, se fait ovationner par la droite sur des thèmes sécuritaires,
il devient du même coup le relai idéal de L. Jospin dans
cette partie de l'opinion. C'est sa fonction de rabattre les voix de
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droite en vue des prochaines élections.
- Il y a autre chose, pourtant.
Ne pensez-vous pas que J.-P. Chevènement développe une
idée foncièrement ambiguë de la République
? Quelle est donc cette République dont il se réclame
? Il n'y a pas de modèle éternel de la République,
mais des visages très différents dans l'histoire. Se réfère-t-il
à la Première République, issue de la Révolution
ou bien à la Troisième, laïque, certes, mais aussi
nationaliste et surtout colonialiste ? J'aimerais qu'on en parle. Cela
me semble être un point important.
La République du Ministre de l'Intérieur
me parait en effet aux antipodes des principes gravés dans la
pierre des édifices publics : Liberté, Egalité,
Fraternité. Prenons un exemple. En 1792, le baptême républicain
permettait aux enfants étrangers vivant en France d'aquérir
la citoyenneté française. A Droits Devant!, nous nous
sommes volontairement inspirés de ce modèle pour créer
le parrainage républicain des sans-papiers et je dois dire que
la rage de J.-P.
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Chevènement contre ces parrainages était incroyable. Il
écrivait aux parrains en les taxant d'anti-républicanisme
! C'était son obsession.
- N'est-ce pas parce qu'il
entretient la confusion entre les termes de citoyenneté et de
nationalité, entre la république et la nation ?
Je pense que le Ministre de l'Intérieur est
avant tout un nationaliste.
- Il est difficile aujourd'hui
de faire la différence entre ces deux notions de citoyenneté
et de nationalité qui, historiquement, n'ont pas grand chose
à voir. Ne pensez-vous pas que cette difficulté à
faire la part des choses permet à M. Chevènement d'affirmer
que sa vision de la République, nationale, est la bonne ?
Nous combattons cette idée de République nationale et nous
voulons réaffirmer le principe de République citoyenne,
d'égalité citoyenne. Mais si
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l'ambiguïté de M. Chevènement
est grande (il a quand même appelé son parti le Mouvement
des Citoyens et non pas le Mouvement des Républicains Nationalistes),
l'ambiguïté de M. Jospin l'est tout autant. M. Jospin s'abrite
derrière M. Chevènement. Ce n'est pas l'inverse. Et puis
M. Chevènement parvient à séduire pas mal de gens
à droite de ce bon vieux clivage droite-gauche qui, à
mon avis, est dépassé.
- Un nouveau clivage n'est-il
pas en train d'apparaître, mis en lumière par la demande
des sans-papiers, qui poserait à nouveau les questions de la
citoyenneté et de la nationalité. Sommes-nous des citoyens
d'une République française ou des Français, accessoirement
citoyens d'une république? Si on se fonde sur le principe de
la citoyenneté, le combat des sans-papiers est légitime
et rejoint d'ailleurs le combat perdu des musulmans d'Algérie
qui dans les années trente exigeaient la citoyenneté française.
Mais si on se fonde au contraire sur le principe de la Nation, la lutte
des sans-papiers parait plus incertaine.
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L'enfermement dans l'Etat-Nation et le combat pour
l'égalité citoyenne sont deux mouvements complètement
opposés.
- Quels sont les grands axes
autour desquels le mouvement social se développe aujourd'hui ?
Notre travail est de relier toutes les luttes engagées
avec les sans-papiers, les sans-logis et les chômeurs pour le respect
de l'égalité des droits. Mais il est aussi de relier ces
luttes avec le problème de fond que constitue le libéralisme
économique. Pourquoi avons-nous lutté, depuis deux ans,
contre l'A.M.I., avec un certain succès d'ailleurs ? Parce que
les gouvernements acceptent de plus en plus de faire allégeance
aux pouvoirs économiques. Le pouvoir politique s'appuie aujourd'hui
sur deux piliers : le pilier caritatif, d'un côté, de l'autre,
le pilier répressif. D'un côté, on empêche tout
juste les pauvres de "crever", de l'autre, on condamne des militants
syndicaux, associatifs, on redéploie la police vers la banlieue.
Or nous pensons que notre travail est,
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justement, d'aider les individus les plus démunis à sortir
du cadre de la fatalité dans lequel ils sont enfermés et
de les inciter à se tourner vers ces "sommets" où
les décisions sont prises. Mais c'est un travail énorme.
- Quels sont aujourd'hui les
réseaux alternatifs qui se mettent en place? Je pense notamment
au réseau A.T.T.A.C. créé avec l'aide du Monde
Diplomatique
Les problèmes sont mondiaux et non plus seulement
français. Si nous avons pu remporter un certain succès
sur la question de l'A.M.I., c'est parce que nous avions créé
un réseau international très important avec les pays du
Sud, les paysans sans-terre du Brésil, les agriculteurs d'Inde,
les salariés sud-coréens notamment. Et depuis deux ans,
ces réseaux se renforcent considérablement. Nous apprenons
à nous connaître, à réfléchir et à
agir ensemble. Nous ne voulons plus seulement nous opposer mais proposer.
Il faut pour cela inventer de nouveaux outils. Ainsi, avec ces réseaux
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internationaux, nous avons récemment élaboré un traité,
l'A.C.P.I.R (Accord des Citoyens et des Peuples sur l'Investissement et
la Richesse). A travers ce traité, nous voulons signifier que c'est
aux transnationales de répondre à nos exigences de citoyens
et non plus l'inverse. Le succès de la marche européennes
de Cologne prouve que cela commence à fonctionner.
- Est-ce qu'Internet peut jouer
ou a déjà joué un rôle dans la constitution
de ces nouveaux réseaux ?
Dans la lutte contre l'A.M.I., Internet a été un outil majeur.
C'est Laury Wallach, une juriste américaine à la tête
d'un consortium d'ONG, qui a intercepté ce traité qui s'élaborait
dans le plus grand secret depuis trois ans. Une fois intercepté,
elle l'a mis sur Internet. Cela a produit un certain effet quand il est
arrivé chez nous! Nous n'étions pas préparé
à cela. Nous avons beaucoup travaillé dessus avec Suzan
Georges, de l'Observatoire de la Mondialisation. Par ailleurs, Internet
nous permet de contourner en partie le
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silence de la presse sur notre travail. L'information circule désormais
par des canaux qui échappent au contrôle politique, les
réseaux se renforcent grâce à cet instrument.
- Quels sont les projets de
Droits Devant ! ?
Nous avons eu l'idée, il y a près d'un
an, de créer une cour internationale et citoyenne de justice
économique pour mettre en lumière tous les abus des transnationales
et des gouvernements qui les soutiennent. Il faut créer des contre-pouvoirs
autonomes, indépendants. Toutefois, on ne va pas se raconter
d'histoires en disant que nous avons un "projet de société".
Nous n'en sommes pas là non plus. Mais il n'y aura pas de projet
de société qui ne soit activé par celles et ceux
qui sont les premières victimes du libéralisme. Tout cela
signifie qu'il nous appartient de rassembler nos forces afin de combattre
ce système, bien sûr, mais afin surtout d'en inventer un
autre.
Un dragon nommé désir / Patrick Cahuzac
Nldr : cet entretien a
été réalisé avant l'échec de
l'assemblée générale de l'Omc à Seattle.
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