anne LUTHAUD...

Est née en 1962 à Grenoble et vit à Paris. Après des études de stylistique et d'histoire, elle a participé à la création de la Fémis avant d'en devenir directrice d'études, puis a travaillé dans l'édition, entre autres comme lexicographe et directrice de collection pour les Éditions Larousse. Elle a ensuite dirigé une revue de cinéma Cinémas croisés y organisant notamment la rencontre d'écrivains et de «fabricants de cinéma».


bibliographie


Anne Luthaud est l'auteur d'un premier roman, Garder (Verticales, 2002, Prix de l'INFL ; Prix de l'ENS Cachan), et mène des travaux d'écriture (ateliers, interventions avec des plasticiens...) auxquels elle mêle un travail sur l'image. Elle a écrit deux textes pour le théâtre : Le Bleu de Madeleine et Les Clés, la grand-mère et la haine, 3 monologues pour 3 femmes, mis en scène par Anne-Marie Marquès, qui tourne depuis sa création en 2005. Elle écrit également des feuilletons intitulés L'œuf et la banane, textes courts mis en scène par Anne-Marie Marquès.


Elle a fait paraître chez Verticales son deuxième livre, Blanc fin septembre 2006.

Elle travaille actuellement à l'écriture d'un nouveau roman et d'un texte pour le théâtre.


 


GARDER
d'anne LUTHAUD

éditions Verticales, 2002.

 

BLANC
d'anne LUTHAUD

éditions Verticales, 2006.

 


 

 

 


 ...à Bagnolet  


en résidence d'octobre 2007 à octobre 2008
infos pratiques

 

© Catherine Hélie


la résidence d'Anne LUTHAUD

 

Comment faire ?

Évidemment on n'écrit pas à partir de rien. Évidemment on fabrique. Avec quoi et comment ?

Ce qui m'intéresse, au cours de cette résidence en Seine-Saint-Denis, à la médiathèque de Bagnolet, c'est d'essayer de montrer ce processus de fabrication, si toutefois on peut le « montrer ». Le mettre au jour en tout cas, en donner des éléments, des bribes, des bouts.

Faire apparaître comment on fait, avec quelles matières : quelles rencontres, quelles lectures, quels éléments de réel (lesquels on retient), quel(s) passé(s), quel(s) désir(s).

Ce que l'on attrape autour de soi et comment on trie. De quoi on se nourrit, avec quoi on construit.

Écrire est aussi pour moi un acte politique – au sens de « inscrit dans la cité » (j'essaie de le faire entendre dans des ateliers d'écriture que je mène dans des quartiers « difficiles ») ; l'écriture s'inscrit dans un environnement (il n'y a pas d'étanchéité) : c'est le sens du travail que j'ai mené lors de résidences en Franche-Comté en 2004-2005 et 2005-2006 (à l'Espace Gantner – Territoire de Belfort en recueillant les mots des habitants du village où je séjournais, en écrivant des textes à partir de ces mots et en les restituant aux habitants (évidemment on en revient à ses propres mots – ceux qui fabriquent nos propres histoires), puis à la Fraternelle – Saint-Claude, l'une des premières coopératives créée par un cercle ouvrier à la fin du XIX°siècle, devenu lieu culturel multiple, à propos duquel j'ai écrit un texte-images, par strates, entre documentaire et fiction).

M'intéressent alors les croisements qui se font entre soi et les autres – ses lieux propres et ceux des autres, les infiltrations...

Au cours de cette résidence à la médiathèque de Bagnolet, il s'agira pour moi d'aborder ce processus à travers une fabrication individuelle (la mienne) mais aussi à travers des fabrications croisées : rencontre avec un metteur en scène et transformation – adaptation d'un texte écrit lors de son passage à la mise en parole – mise en scène, rencontre avec un photographe et jonction – disjonction du texte et des images, échanges avec des écrivains qui travaillent avec des musiciens, avec d'autres écrivains (performance)… Je souhaite qu'au cours de ces rencontres les processus de fabrication soient mis en perspective, mis en lien, que se dise alors, dans des échanges simples et concrets, « comment on fait quand on fait », et comment on fait ensemble quand on décide de construire en commun.

Les questionnements pourront être aussi simples que : Comment on commence ? Comment on décide ? Quand sait-on que « ça a pris » ? Et comment, alors, on continue ? Que laisse-t-on de côté et que retient-on, quelle traces, quelles strates, quelle épaisseur demeurent ?

Et quand on est deux ou plus : Qui commence ? Qui décide ? Comment ont lieu les va-et-vient?

Lorsque je m'occupais d'une revue de cinéma ( Cinémas croisés ), j'ai mené des entretiens croisés avec des « fabricants de cinéma » : réalisateur et musicien, scénariste et décorateur, réalisateur et écrivain… Ces rencontres ont révélé à quel point les pratiques de création étaient semblables tout en étant bien évidemment induites par le domaine en question et la singularité de chacun (Le réalisateur Alain Guiraudie expliquant comment il accumule les rushes avant de choisir et l'écrivain Philippe Raulet racontant comment il accumule le texte avant de le « monter » et de n'en retenir que le « nécessaire »; L'écrivain Annie Ernaux expliquant comment elle refabrique le réel et la réalisatrice Claire Simon ne disant pas autre chose…)

Et finalement, peut-être, le « comment faire » évoquera comment une langue se tisse – en concomitances ou en décalages – avec celle(s) que l'on lit et celle(s) que l'on entend.

La langue et la voix d'un texte. Comment une voix conduit un texte et s'organise dans une narration, devenant histoire, toutes les sortes d'histoires (y compris celles qui ne sont pas – à première lecture – de l'ordre de récits). Puisque c'est bien de cela aussi qu'il s'agit : des histoires. D'où elles viennent, comment on se les colporte, comment on se les choisit. Je crois qu'une histoire en appelle une autre – que cette autre vienne de soi ou d'ailleurs, du « dehors ». Et c'est ce parcours des histoires en soi comme fondement des textes, que j'aimerais donner à voir, à travers mon travail, à travers celui de ces « autres » avec lesquels se vivront des moments de rencontre.

Je proposerai donc des ateliers de lecture pour faire entendre des voix. Les voix singulières d'auteurs singuliers. Je voudrais qu'au travers de ces lectures partagées des langues soient repérées, découvertes, reconnues.

 

DES PROPOSITIONS

Il va de soi que je ne peux dire aujourd'hui ce que sera cette résidence; il est nécessaire de laisser les choses advenir. Imaginer à l'avance un temps de résidence serait l'empêcher d'exister. Ce qui suit est donc davantage un ensemble de propositions – pouvant être adaptées, transformées... – que des cases dans lesquelles seraient enfermée la résidence à venir.

 

<> Comment ça se fabrique ? 

:ateliers croisés et ateliers lectures

(une fois par mois ?)

avec un groupe de la bibliothèque ( voir avec la bibliothèque comment il peut se constituer )

 

> ateliers croisés 

ateliers menés avec Anne-Marie Marquès, comédienne et metteur en scène des arrosoirs-compagnie , avec laquelle j'ai l'habitude de travailler et qui a monté deux de mes textes de théâtre (dont Le bleu de Madeleine en tournée depuis 2006, nombreuses dates prévues en 2007-2008).

Il s'agirait de partir d'un nouveau spectacle, L'œuf et la banane , une « petite forme », avec deux comédiennes, construite en feuilletons, que j'ai écrite et qu' Anne-Marie Marquès a mis en scène.

2-3 de ces feuilletons pourraient être présentés en ouverture de la résidence.

L'idée serait ensuite de mener des ateliers à partir de ce travail, « comment ça se fabrique », comment se font les allers-retours texte / mise en scène.

On pourrait prévoir :

•  des « ateliers de fabrique » avec Anne-Marie Marquès et moi-même (3 ateliers au maximum)

•  des ateliers d'écriture avec le groupe de la bibliothèque qui produirait des textes pouvant nourrir les ateliers de fabrique.

 

> ateliers lectures

ils pourraient avoir lieu en parallèle avec les ateliers croisés, envisagés comme une « nourriture » supplémentaire offerte, puisée dans la bibliothèque.

Dans un premier temps, je lirai des textes à voix haute, je proposerai de faire entendre des voix, une langue. Les participants qui le souhaitent pourront ensuite prendre eux-mêmes en charge les lectures de texte qu'ils aiment et ont envie de partager.

 

<> On se raconte des histoires ?  

ateliers avec les femmes de l'association La boutique de la solidarité

(une fois par mois)

Il s'agira ici de rencontres avec des femmes qui ne maîtrisent pas toujours l'écrit ; ces ateliers se dérouleront dans un premier temps autour de l'oral. Certaines de ces femmes d'origine étrangère viennent de pays où la tradition orale est encore forte, raconter des histoires est un mode d'échange qu'elles pratiquent couramment.

Ces ateliers d'écoute, sans en avoir l'air (!), aborderont des questions de l'oralité : qui parle et comment, qui prend la parole à qui, quel espace crée la parole lorsqu'elle s'énonce.

Il s'agira tout d'abord de dire et d'écouter des histoires, leurs histoires, celles qu'elles racontent à leurs enfants, celles qu'elles se transmettent entre elles et au dehors… 

Pour la suite… laissons les choses se faire…

 

<> Rencontres et partages (cartes blanches et expositions)

Les rencontres seront également l'occasion de dire comment on fait pour soi, avec les autres, comment les autres font, quant à eux. Elles s'inscriront dans la ligne de ma résidence : « Comment faire ? » Comment fabrique-t-on lorsque l'on crée ?

Des échanges se feront avec d'autres artistes sur des travaux achevés ou en cours.

Dans ce cadre se croiseront les pratiques, des façons de création seront questionnées :

>> L'écrivain Olivia Rosenthal ; performance avec l'écrivain Denis Lachaud : Écrivains en colère  : comment cette performance s'est construite à deux.

>> L'écrivain Arnaud Cathrine et le chanteur Florent Marchet (jusqu'à l'écriture de chansons ?)

 

>> jeunesse :

Michel Bastien, graphiste plasticien qui produit des ouvrages originaux (sérigraphie…) fabriqués et conçus avec des classes mais également avec des artistes (Editions «  La Hotte du chamagnon »). Une exposition de ce travail tourne actuellement, incluant des kamishibaïs. J'ai réalisé avec lui un kamishibaï en trois épisodes dans le cadre d'une résidence ; une lecture pourrait en être faite (des lectures ont déjà eu lieu).

 

Encore une fois, ce ne sont que des propositions, il est nécessaire de laisser ouvert mais aussi de préciser un calendrier et des coûts. Il y aura tout ce qui peut advenir dans le temps d'une résidence et que l'on ne peut, évidemment prévoir. Comme des liens avec d'autres lieux de Bagnolet, tel le Théâtre du Colombier dont j'ai rencontré le Directeur, Gilles Sampiéri, qui a évoqué la possibilité d'ouvrir la résidence dans son théâtre avec « les petites formes », et envisagé de possibles croisements autour de sa programmation « concordans(s)e ».

 

Anne Luthaud 1er juin 2007

 

 

 

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SON AGENDA

 

Les cartes blanches à la Médiathèque

Vendredi 5 octobre 2007 à 19h
Lancement de la résidence
En compagnie d'Anne Marie Marquès, metteur en scène et comédienne et de Jeanne Ben Hammo, comédienne - Les arrosoirs compagnie
Feuilletons L'Oeuf et la banane

Vendredi 18 janvier à 19h
Arnaud Cathrine et Florent Marchet

Mardi 18 mars à 19h
Programmation en cours

Mardi 20 mai à 19h
Olivia Rosenthal et Denis Lachaud

 

Médiathèque de Bagnolet
Dominique Macé
Tél. :  01 49 93 60 90
Courriel : dominique-mace@ville-bagnolet.fr

 

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Les ateliers

•  A la Médiathèque

13 novembre à 19h, avec Anne-Marie Marquès
? décembre à 10h 30
janvier à 10h 30
6 février à 19h, avec Anne-Marie Marquès
11 mars à 19h, avec Anne-Marie Marquès
 ? avril à 10h 30

•  Avec la Boutique de la solidarité

Le 1 er mardi de chaque mois
1 ère séance en novembre
5 séances de novembre 2007 à mars 2008