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omme nous l'avons annoncé au mois de juillet,
la revue Inventaire/Invention édite désormais certains
des textes publiés dans la revue sous la forme de livres
diffusés par le site.
Elle a commencé par la publication de
cinq titres. A terme, tous les textes de la revue, ou du moins une
grande part d'entre eux, pourraient être édités.
Ces livres d'un nombre de pages réduit réintroduiront
dans l'espace de la
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lecture publique les textes courts, un genre dont les éditeurs
se désintéressent et quasiment disparu des librairies. Ce
sera aussi, pour les lecteurs de la revue, une autre manière de
s'approprier les textes qu'elle met en ligne.
En outre, après plus d'un an de travail sur
le sujet des rapports entre Internet et l'édition littéraire,
il nous est désormais possible d'affirmer ceci :
- Internet est évidemment une révolution
technique de très grande ampleur. Ses principes de gratuité
et de diffusion universelle nous paraissent inestimables. Ces principes
nous ont permis d'être lus dans 92 pays et d'offrir à ces
lecteurs éloignés des textes inédits écrits
par les meilleurs écrivains français contemporains.
- Mais l'écran ou l'impression à domicile des textes n'est
pas un mode de lecture idéal. Les difficultés de lecture
sur écran et la mauvaise qualité des impressions privées
nuisent à la force d'expression des textes, à leur conservation,
et au plaisir qu'on est en droit d'attendre de leur lecture. Le livre
se prête, s'échange, se donne, se
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vole. On le rature. On le cajole. L'écran ne
permet pas cela.
- C'est pourquoi nous avons décidé de
fabriquer des livres à partir de nos textes disponibles et de les
mettre en vente sur le site d'Inventaire/Invention. Nous avons commencé,
en octobre de cette année, par ceux d'Alina Reyes, François
Bon, Tanguy Viel, Joris Lacoste et Patrick Bouvet.
- La «
révolution »
Internet s'accompagne d'une «
révolution »
dans le monde de l'imprimerie. Les perspectives créées par
l'imprimerie numérique (petits tirages de très bonne facture
à coût relativement faible) sont autrement adaptées
que les avancées proposées par livre électronique,
surtout dans le domaine littéraire. Cette double «
révolution »
permet de répondre au problème du faible nombre de lecteur
de certains ouvrages de très grande qualité
(Molloy, de Beckett s'est vendu à moins de 400 exemplaires à
sa première édition
).
- Pour nous, Internet ne menace pas nécessairement
le livre en tant qu'objet mais remet en cause les modes actuels de fabrication,
de diffusion et de ventes de ces
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livres. Il est une occasion unique de repenser l'organisation actuelle
de l'édition. Des rapports originaux entre l'édition et
Internet doivent être inventés.
- Internet va certainement contraindre le monde de
l'édition à réformer ses structures en profondeur.
- Internet ne remet pas forcément en cause le
droit d'auteur attaché à la vente des livres. (La publication
des petits livres nous permet d'expérimenter une augmentation
de ces droits justifiée par le faible coût de diffusion de
ces livres sur Internet.)
Nous pensons qu'il est désormais indispensable
de faire vivre ensemble deux types de lecture d'un même texte littéraire.
L'une, gratuite et ouverte à tous ceux qui peuvent avoir accès
à Internet, l'autre, sous la forme d'un livre que le lecteur s'appropriera,
au prix le plus bas possible, commercialisé par le Réseau.
En éditant ces livres d'un nouveau type, nous participons à
l'invention d'une nouvelle économie de la littérature, aujourd'hui,
en privilégiant la rencontre entre les mondes virtuel et réel,
plutôt que l'extermination réciproque.
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