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ans le domaine qui nous intéresse comme en dautres,
il est tout sauf certain que notre époque se
distingue par la lucidité. Vertige des flux dinformation,
frénésie de linterconnexion généralisée,
fantasme de la communication sans entraves : voilà
en effet quelques-uns des noyaux
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durs du mirage communicationnel qui accapare aujourdhui
une partie des énergies sociales. Cette chimère
est véhiculée de façon insistante par
une apologie aussi naïve quenthousiaste de la «
société de communication », la prétendue
utopie réalisée dune humanité libérée
des pesanteurs héritées, dune société
« communicante » exempte de toute inertie et de
tout blocage. Elle est soutenue par la soif sociale de nouveauté
et trouve son complément de justification dans une
idéologie du « nouveau » jugé bon
comme tel. Et le développement phénoménal
des NTIC lui fournit à lévidence un point
dappui supplémentaire.
Lillusion communicationnelle ne
règne cependant pas sans partage. De nombreuses voix
discordantes se font entendre, qui rompent résolument
avec les discours dominants, optimistes et lénifiants,
sur les NTIC et leurs effets bénéfiques. Sans
chercher à cartographier exhaustivement ces objections,
on peut mentionner en particulier trois angles dattaque.
La critique de lidéologie
de la « communication », dabord, qui souligne
la vacuité de la communication érigée
en valeur suprême et substance même de
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la vie sociale alors que, bien entendu, la question
est : communiquer quoi ? pour quoi faire ? et qui communique
? et comment ? Cette critique met en lumière lillusion
de la transparence et de limmédiateté
communicationnelles, et, derrière, le fantasme dune
suppression de toute opacité ou part aveugle, difficulté
ou résistance, médiation ou effort nécessaire.
Nous trouvons ensuite la critique de la
marchandisation extensive et accélérée
du monde, que le mirage communicationnel vient masquer. Appuyée
sur une insistante et incessante mise en condition publicitaire,
qui instrumentalise ledit mirage et manipule le désir
de nouveau à des fins commerciales, la mobilisation
massive des individus consommateurs trouve en effet dans les
NTIC un vecteur puissant. Et il ny a quà
observer lengouement pour la « nouvelle économie
», le e-business ou les (ex-)mirifiques start-up
pour voir que cette critique a de beaux jours devant elle.
Enfin, nombreux sont ceux sattachant
à mettre en évidence que les NTIC recèlent
de nouveaux dangers pour la société, la socialité
et la condition humaine elle-même. Les risques pointés
ici concernent aussi bien labolition de la
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frontière social / privé ou le contrôle
totalitaire que la fuite en avant dune société
de moins en moins enracinée dans le réel.
Fortes et sans conteste salutaires, ces
critiques fournissent des éclairages puissants pour
la compréhension des réalités actuelles.
Prenant respectivement pour cible le fantasme de transparence
sociale, la société de consommation et le capitalisme,
la technique et lillusion dangereuse dune société
déliée de toute limite, elles permettent de
mieux décrypter certaines tendances lourdes caractérisant
les sociétés contemporaines.
Mais elles népuisent pas
la complexité des phénomènes. À
le croire, nous pourrions tenir pour avérés
le règne absolu de lutopie communicationnelle,
la réification complète des individus dans et
par le jeu de la marchandise, leur asservissement total aux
pouvoirs en place ou encore la folie technologique comme destin
de la modernité. Ce qui est faux. De telles exagérations
ne sont pas sans fondement, mais elles évacuent sans
reste dautres aspects du réel tout aussi essentiels
et clôturent prématurément les interrogations
aussi bien théoriques que
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pratiques.
Dans ces conditions, il faut commencer
par nous défier de toute vision univoque et par trop
simplificatrice des NTIC et de leurs effets. Il ne sagit
pas de renvoyer dos à dos les discours qui construisent
le mirage communicationnel et ceux qui en dévoilent
le caractère illusoire et la mise à profit par
les manipulations de toute sorte. Mais nous devons raison
garder et récuser les discours-écrans, quels
que soient leur provenance et leur signe, positif ou négatif.
Et dès lors que nous refusons lalternative entre
technophilie et technophobie, entre lassimilation naïve
du développement technique au progrès libérateur
et la prophétie de linéluctable chaos,
force est dadmettre que le véritable problème
est celui de la maîtrise sociale des innovations
liées aux NTIC et au-delà, de la réalisation
de leurs potentialités libertaires, émancipatrices
et démocratiques.
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Avant daller plus loin, quelques
précisions sont nécessaires à propos
de la « société de linformation
». En effet, au-delà du nouveau lieu commun qui
tient la une des gazettes, de profondes mutations techniques
et sociales sont bel et bien en cours. Nullement réductibles
à la manipulation consommationniste de la société
par lindustrie du multimédia, ces phénomènes
inédits sont bien plus complexes et ambigus que lapologie
de la « société de communication »
ou la dénonciation de la Technique ne le laissent
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accroire. Porteurs de transformations considérables
(visibles au moins in nuce) de léconomie,
de la société, de la culture, ils comportent
en outre des effets à la fois positifs et négatifs.
Le bouillonnement actuel est fondé
sur une mutation technique couramment désignée
comme la « révolution des technologies de linformation
». Assise sur les développements fulgurants de
linformatique et des télécommunications
depuis les années soixante, elle sinscrit dans
une série dinnovations relatives au traitement,
à la sauvegarde et la circulation de données
informationnelles de toute nature : économiques et
financières bien sûr, mais aussi scientifiques,
technologiques, militaires ou encore génétiques.
Malgré les apparences, il serait
faux de considérer que cette révolution se réduit
à lexplosion du multimédia grand public
à partir de 1995. Les processus en jeu sont autrement
profonds. À certains égards, les technologies
de linformation apparaissent même comme les vecteurs
dune mutation sociale globale dont les racines sont
multiples et enchevêtrées, et qui dépasse
à tout point de vue le
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strict cadre technique.
Résultat de cette mutation technosociale
in progress, la société de linformation en train de se mettre en place na
rien à voir avec une quelconque « société
de communication » au sens cité plus haut. Cest
une structure socio-économique où linformation
joue comme matière première et support des échanges,
richesse et valeur sociale, objet dinvestissement au
sens économique strict mais aussi au sens social et
culturel.
Lentrée dans cette «
ère de linformation » se traduit donc au
niveau de léconomie. Liée à une
modification du régime productif le passage
du modèle industriel au modèle tertiaire de
léconomie des services , cette révolution
est le support dune économie politique et stratégique
de limmatériel inédite, fondée
sur la possession et le négoce, laccumulation
et léchange de data de toute nature 1.
Mais elle a aussi de lourdes incidences
sur la morphologie et le fonctionnement de la société
dans son ensemble. Sans pouvoir sy étendre, il
vaut de mentionner ici le travail que Manuel Castells a consacré
à la montée de la
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« société en réseaux ». Nous
assistons selon lui à une extension de la « logique
du réseau » à la structure sociale tout
entière. Trouvant sa base matérielle dans le
nouveau paradigme des technologies de linformation,
elle bouscule lensemble des structures et dynamiques
établies et affecte aussi bien les relations sociales
et techniques de production que les relations de pouvoir ou
la culture.
En outre, cette transformation globale
ne se restreint nullement aux cadres sociopolitiques anciens,
car un autre aspect essentiel des mutations en cours tient
à leur coïncidence avec le mouvement général
de mondialisation, ou plus justement dit, de « globalisation
». Il en ressort un monde nouveau où les repères
traditionnels perdent leur évidence 2.
Le tout pose des problèmes inédits, focalisant
à juste titre lattention mais nécessitant
une réflexion approfondie et non réductrice
3.
Pouvons-nous conclure pour autant à
lavènement dun paradigme sociétal
absolument nouveau ? Il est hors de doute que lémergence
dun système technique très spécifique
construit autour des NTIC, et plus largement de
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linformatique et des télécommunications,
a eu des implications sociales immenses. Mais la réponse
ne peut être que balancée, car les phénomènes
en cause ici mettent en scène une imbrication entre
le nouveau et lancien. Ils modifient le contexte dans
lequel ils sinscrivent, mais en même temps ne
font à de nombreux égards quen prolonger
les tendances profondes. En outre, ces nouveautés sont
loin de découler simplement du déploiement des
NTIC. Celles-ci rendent possibles de nouvelles pratiques,
chamboulent certaines sphères dactivité
sociale et sont à la racine de nouveaux agencements
structurels. Mais le tout renvoie immédiatement à
la substance même des réalités antérieures.
Il suffit de considérer laspect
le plus visible des transformations présentes, qui
concerne léconomie et les échanges économiques.
Contrairement à la vulgate actuelle, il est tout sauf
certain que la prétendue « nouvelle économie
» ait grand-chose de fondamentalement nouveau.
Certes, au niveau micro-économique,
celui des entreprises, de leur fonctionnement et leurs interactions,
on note une tendance à la suppression des intermédiaires,
par exemple entre fournisseurs de produits de base et
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producteurs de biens de consommation, laquelle est rendue
possible par les NTIC. Mais pour le reste, et notamment la
relation entre commerçants et consommateurs, on assiste
seulement à la mise en place de nouveaux modes de distribution,
directs en loccurrence. La forme aussi bien que le fond
de léconomie marchande capitaliste nen
sortent nullement modifiés.
Au niveau de léconomie mondiale,
les transformations liées aux NTIC paraissent avoir
des conséquences plus substantielles, en conditionnant
lémergence dune nouvelle économie
capitaliste globale. Mais là encore, il est clair que
la logique dominante demeure celle dun capitalisme transnational
depuis longtemps en place 4.
On peut dresser un constat analogue si
lon envisage les incidences du mouvement général
de globalisation sur les cultures et les identités.
Lentrée dans une ère
de globalité, énormément accélérée
par la mise en place des NTIC, pose certes de façon
aiguë et très concrète la question des
rapports entre luniversel et le particulier. Lémergence
de nouvelles voies pour limpérialisme culturel,
elles-mêmes plus ou moins directement connectées
au
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néo-impérialisme économico-politique,
constitue assurément une lourde menace pour lintégrité
des cultures et la cohérence des identités traditionnelles.
Mais le problème na rien
dinédit. Les aspects véritablement neufs
la globalisation des réseaux, la mondialisation
de la communication, le fait que linclusion dans la
sarabande du monde ait des effets rétroactifs quasi
immédiats sur les acteurs concernés
sont indéniables, mais ils ne modifient pas essentiellement
les données dune question posée depuis
déjà longtemps, et à vrai dire consubstantielle
à loccidentalisation du monde en marche depuis
les grandes découvertes. Tout juste la compliquent-ils
considérablement, en y ajoutant de nouvelles dimensions
5.
Il importe donc de résister à
lidée dune société et dun
monde inédits apparaissant par génération
spontanée. Les mutations actuelles ne suppriment pas
la société old style, ni les conflits
qui lhabitent et lirriguent ni les stratifications
et segmentations sociales, économiques, culturelles,
politiques qui lui donnent corps. Au final, il y a superposition
de nouveaux schémas, nouvelles pratiques, nouveaux
conflits, aux anciens, et imbrication, souvent
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chaotique, entre les deux.
Mais pour cette raison même, la
situation présente na rien de figé.
Elle laisse entrevoir une série de virtualités fortes
et pour le moins divergentes. Préciser les contours
de ce champ de possibles est un travail de première
importance, qui requiert délucider la dynamique
des processus objectifs, repérer les forces sociales
qui les portent, expliciter les logiques sous-jacentes, clarifier
les implications pour lensemble des sphères dactivité
sociale, sans oublier dexaminer les discours sur les
faits, révélateurs de la société,
de son autoreprésentation, ses affects, sa «
poussée ».
Les questions à traiter dans cette
optique sont innombrables. Elles concernent par exemple les
mutations du travail, limpact des NTIC sur la communication
humaine-sociale, la socialité elle-même, lautoreprésentation
des individus et de la collectivité, ou encore léventualité
dune véritable mutation anthropologique 6.
Ce passionnant champ de réflexion, en constante recomposition,
est tout sauf épuisé, et la seule certitude
ici est que les alternatives du type « tout change /
rien de nouveau » ou « tout change en bien / en
pire » ne nous sont
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daucune utilité.
Au-delà de lidée
que les innovations technosociales actuelles sont de puissants facteurs de mutation, je crois possible davancer
dans la réflexion à partir du constat que des
logiques sociales multiples sont à luvre
aujourdhui au cur des processus objectifs et que
les virtualités plurielles et souvent contradictoires
que nous pouvons discerner sont liées à ces
logiques incarnées.
Dans ce contexte, les NTIC et les transformations
découlant de leur diffusion accélérée
peuvent être considérées comme un lieu
de conflit entre logiques contradictoires, auxquelles
elles servent de support concret, de relais, de vecteur.
En lespèce, nous avons dun
côté les logiques de la marchandise (du
capitalisme) et du contrôle social (de la bureaucratie),
orientées respectivement vers la maximisation de la
production et de la consommation et vers la surveillance, la manipulation
et la domination. Prises ensemble, et se renforçant
mutuellement dans les faits, ces logiques sont dominantes.
De lautre côté, nous
trouvons les logiques de lautonomie et de la
démocratie,
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qui sont minoritaires, mais tout aussi effectives que les
précédentes. Mettant en scène la résistance
à la logique socio-économique du capitalisme
et le court-circuitage du contrôle bureaucratique, elles
sont au cur de certaines pratiques sociopolitiques qui
mobilisent les NTIC en tant que vecteurs démancipation,
déducation, dautonomie, de démocratie
en acte.
À partir de là, le problème
nest pas de prendre la défense dInternet
et des NTIC ou de les combattre, mais de les instituer
comme question, enjeu et lieu de conflit sociopolitique.
Dans cette perspective, je fais lhypothèse que
les NTIC sont des médias potentiellement démocratiques
et quelles méritent dêtre sérieusement
questionnées du point de vue de linvention de
nouvelles formes dorganisation et daction sociale
et politique. Le tout étant soumis à cette condition
impérative : leur appropriation par les gens
pour en faire autre chose que des moyens de consommation et
de contrôle social. Ainsi envisagées et pratiquées,
elles pourraient devenir des ressources supplémentaires
pour lautonomie et la démocratie.
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Notes
1. Dans ce cadre, linformation
na pas seulement une valeur dusage en tant quélément
pour la connaissance. Elle est surtout valeur déchange
et bien stratégique, moyen pour la manipulation économique
et politique, substrat de nouveaux pouvoirs et de nouvelles
fortunes. retour page 10
2. Centré sur la dimension sociologique
du changement technique, le travail de Castells va bien
au-delà de ces simples constats, puisquil vise
à établir ni plus ni moins quune «
théorie interculturelle de léconomie,
de la société et de la culture à lère
de linformation ». Là encore, je ne peux
que renvoyer à son ouvrage : The Information Age.
Economy, Society and Culture, Oxford, Blackwell, 3 tomes,
1996-1998 ; tr. fr. LÈre de linformation,
tome I : La Société en réseaux,
Paris, Fayard, 1998 ; tome II : Le Pouvoir de lidentité,
Paris, Fayard, 1999 ; tome III : Fin de millénaire,
Paris, Fayard, 1999. retour
page 11
3. Ainsi, il est clair que le monde
rendu accessible en temps réel moyennant le déploiement
de la technologie des réseaux ne se réduit
en aucune façon à la globalisation financière.
Traiter de la « mondialisation » sans plus de
précisions ne fait donc avancer en rien la compréhension
des phénomènes. retour
page 11
4. Faire comme si les firmes transnationales
étaient nées la semaine dernière est
au mieux une illusion doptique. Les marxistes du début
du siècle sintéressaient de très
près aux problèmes du capitalisme financier
et de limpérialisme. Plus près de nous,
dans les années soixante et soixante-dix, la question
des multinationales, liée en particulier au problème
du néocolonialisme, occupait le devant de la scène.
On pourrait multiplier les références montrant
que la réalité du capitalisme transnational
est ancienne et depuis longtemps objet de réflexion
et enjeu de débats. Certes, la mise en place dune
nouvelle économie capitaliste globale résultant
de la coïncidence entre la libéralisation et
globalisation des échanges et le développement
des NTIC implique de nouveaux efforts danalyse. L«
économie mondialisée » (R. Reich) comme
champ de manuvres du « capitalisme informationnel
global » (M. Castells) na pas fini de nous questionner.
Mais tout cela ne modifie pas les tendances profondes du
capitalisme, ni les logiques qui en régissent le
fonctionnement. Lhorizon des développements
actuels reste la conquête des « marchés
» et la mainmise planétaire des industriels,
des commerçants et des financiers. Et la concurrence
orientée vers la maximisation du profit fait tout
autant rage dans le domaine des réseaux, dont le
contrôle est lenjeu dune véritable
bataille mondiale, que dans les secteurs dactivité
classiques. retour page 13
5. Dire cela ne signifie pas que toute
transformation profonde soit exclue, ni même quil
ne se passe rien de notable aujourdhui. On ne peut
se contenter daffirmer que la communication de masse
globalisée joue purement et simplement en faveur
de lempire culturel américain. De nombreux
éléments vont dans ce sens, mais force est
de constater que les processus liés à la globalisation
et les effets de linsertion obligée des sociétés
et des cultures dans le système-monde ne sont pas
univoques, et surtout, ne sont en aucune façon pilotés
par un centre absolument souverain. Tout aussi importante
que la dépendance accrue du monde entier à
légard des États-Unis est la mise en
place dune interdépendance entre parties du
monde qui affecte en profondeur le(s) centre(s) aussi bien
que la (les) périphérie(s). retour
page 14
6. En effet, lidée se généralise
que les NTIC sont grosses dune révolution
de lintelligence, ces technologies jouant comme
amplificateur de capacités et générateur
de possibles pour la pensée et la connaissance, portant
ainsi en elles une véritable révolution cognitive-anthropologique.
Dans une autre direction, certains insistent sur les perspectives
ouvertes par lémergence de la cyberculture,
synonyme de mutation radicale des repères traditionnels
et de chaos créateur ; par lexpansion du cyberespace,
espace-temps virtuel, nouvelle dimension du réel
et de la perception ; par la découverte de nouvelles
strates de réalité et la création dun
cybermonde. Enfin, certains consacrent leurs efforts
à mettre en évidence les risques de déréalisation
induits par lexpansion du virtuel comme tel, laquelle
a des implications non seulement techniques et productives,
mais aussi culturelles, sociétales, anthropologiques.
retour page 15
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