Philippe Bourgois ,
En quête de respect, le crack à New-York
éd. du Seuil, coll. Liber,
394 pages, 22.87 euros



e me souviens parfaitement, c'était un jour gris et pluvieux, en octobre 2000. Je résidais chez un ami dont le logement se situait sur la 110 ème rue, Central Park North, sur la ligne 2 du métro new-yorkais. M'aventurant quelques blocs vers l'East River, j'eus l'occasion d'apercevoir deux jeunes dealers portoricains faisant le guet au bas d'une immense cité HLM, un housing project comme on les appelle là-bas. Un petit crachin vicieux tombait d'un ciel sombre et crevassé, la grisaille fracturait les trottoirs crades, et j'eus cette vision, deux gamins au pied de cette tour
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monumentale, avec des filets d'anéantissement qui leur coulaient du nez et des yeux. Me planquant derrière une voiture, j'observais leur manège autour du crack spot (lieu de revente) pendant quelques minutes, puis je repris mon chemin avec ces flashs lancinants qui explosaient en gerbe dans ma tête. Aujourd'hui je suis à Paris et c'est avec une certaine fébrilité que je me suis procuré le livre de Philippe Bourgois En quête de respect - le crack à New-York. Car c'est un ouvrage qui parle de la vie des deux gamins que j'avais vus dans la cité de East Harlem. Il avait donc rencontré ces gosses - des fantômes dans l'épuisant labyrinthe de ma mémoire - il leur avait parlé, il avait connu leur promiscuité. Bourgois a habité le Barrio pendant cinq ans, de la fin des années quatre-vingt au début des années quatre-vingt-dix, en plein cœur de cette guerre que les Républicains livraient aux pauvres, aux minorités, aux sans abris, aux vandales.
L'Amérique, à cette époque, est submergée par une drogue de synthèse : le crack, une substance alors inconnue " composé friable de cocaïne et de bicarbonate de soude transformé en boulettes fumables ". Cette drogue bon
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marché, cinq dollars l'ampoule ( a peu près vingt-cinq francs à l'époque), provoquant des décollages paroxystiques de 90 secondes, arrive à point nommé pour soulager la douleur des quartiers pauvres et l'underclass noire et hispanique. La ville de New York connaît alors un taux de criminalité record : les têtes à crack (Crack Head) se métamorphosent en zombies que le manque rend ultra violent. Philippe Bourgois arrive dans le Barrio à une époque où une véritable guerre de la drogue se déroule dans les rues.
Candy et Primo sont deux fourgueurs de crack qui discutent d'un récent passage en prison devant de la salle de jeux, QG de la vente de dope dans la cité. Extrait :
Candy : " C'est un endroit où…Je vais te dire, une personne honnête et convenable n'a qu'une envie, c'est se suicider, et c'est ce que j'ai fait. Tu vois je porte un soutien gorge avec des armatures, ok ? Alors j'me suis dit, si c'est du métal, je vais me couper les veines, ok ? Mais après que j'ai déchiré le soutien (accompagnant du geste), j'ai vu que c'était du plastique, ououh…
Primo : " Tu t'es fait avoir, tu pouvais pas te suicider. "
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Candy : " Je pensais que si je me mettais à saigner ou quoi, ils me sortiraient de là, et me mettraient à l'hôpital où c'est plus clean ; tu vois, un endroit plus convenable ; meilleure bouffe ; ce genre de truc. "
Primo : " Tu pouvais pas supporter, hein ? "
Candy : " Mais le dernier jour, quand les gardiens avaient toujours pas appelé mon nom, et qu'il y avait des gens qui rentraient et sortaient, et j'étais genre : Et moi je vais rester ici pour toujours ? (bruits de fusillade.)
Philippe (l'auteur du livre) : " C'étaient des pétards ? "
Candy : " Pour moi c'était un Uzi. "
Primo : " Nan, c'est un 9 mm. "
Des conversations comme celles-ci, Bourgois en a enregistré des centaines. Des dizaines d'entre-elles sont ponctuées d'indications comme " coups de feu " ou " bruits de fusillade ". Bourgois a gagné la confiance d'un groupe de Portoricains vendeurs de crack. Pourtant c'était loin d'être gagné pour ce jeune anthropologue blanc, habitant Manhattan, propre sur lui et pas du tout prêt à affronter cette tempête chaotique qu'est la pauvreté et la violence des cités new-
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yorkaises. Bourgois rêve de frotter les théories ethnographiques à l'asphalte puante des Innercities, ces îlots de désolation à l'intérieur des agglomérations urbaines. L'ouvrage relate la confrontation de deux regards radicalement différents : celui de Philippe, représentant la bourgeoisie blanche et anglo-saxonne (Wasp), incarnant la culture dominante, analytique et horrifié, et celui du dealer moyen, ravagé, déformé, focalisant l'instant présent. Le jeune Bourgois va devoir payer de sa personne son entrée fracassante dans la sous-culture de la rue. Des flics le tabassent régulièrement, n'éprouvant qu'haine et rancune pour ce junkie blanc, qui aux yeux de l'autorité répressive, a perdu tout respect pour lui-même. Un jour, Bourgois, à vélo, s'enfonce dans le Barrio, East Harlem. Des flics l'accostent et lui propose de le raccompagner dans le quartier blanc, " le bas de soie de Manhattan. ". Un autre jour, alors qu'il est assis sur le perron de sa maison, des flics viennent à lui et lui demande ce qu'il fait là. Bourgois répond qu'il habite dans ce quartier et les flics hallucinent littéralement. C'est une violation en règle du bon apartheid américain : criminaliser les quartiers noirs et hispaniques et protéger à tout prix la frontière qui les sépare du
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reste de la civilisation. Ironie, seuls quelques rues séparent East Harlem, au niveau de la 110ème rue, des richesses exorbitantes de Central Park West. Harcelé par les flics, soupçonné d'en être un par les dealers, Bourgois en prend plein la gueule : les théories sociologiques apprises à la fac viennent échouer sur le sol d'une cage d'escalier jonché d'ampoules de crack. Dans l'apartheid américain, si un Blanc traîne dans le hall d'une cité à deux heures du matin, soit c'est un fou soit c'est un flic. Au début de son enquête, Bourgois perturbe le deal, consommateurs et vendeurs voyant dans ce blanc dégingandé un agent infiltré des stups. Pour établir le contact, " Felipe ", comme l'appellent les Portoricains du hood (le quartier) doit souvent montrer patte blanche, et surtout ne pas manquer de respect. Une nuit, Felipe montre un article du New York Post a Ray, l'un des caïds locaux. La photo de Felipe Bourgois illustre un article sur la violence et la came à East Harlem. Felipe, tout fier, donne le journal à Ray. Tous les lieutenants de Ray sont là, à vanner, écluser des litres de bière, fumer des blunts (herbe enveloppée dans un cigare vidé). Ray ne sait pas lire et Felipe, ignorant cela, l'encourage à jeter un œil sur le papier. Ray, humilié, saute
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dans sa voiture et démarre en trombe. Le jeune anthropologue réalise alors sa bévue. Felipe devra se cacher pendant les quelques jours qui suivent, Ray pouvant le descendre à la moindre occasion.
Le livre s'appelle effectivement en quête de respect : Les Latinos vivant la culture des rues sont ignorés, méprisés par l'administration anglo-saxonne. La plupart des mères portoricaines travaillent dans des ateliers de confection dans des conditions pénibles et pour un salaire de misère. Certaines vivent et meurent sans jamais avoir prononcé un seul mot d'anglais. Les fils squattent les cages d'escalier des gigantesques cités. Les appartements sont surpeuplés. Environ 36% des hommes échappent au recensement, on imagine facilement le nombre de locataires clandestins parqués dans ces grands ensembles. Ces conditions de vie, un énorme sentiment d'oppression et d'anéantissement, poussent certains habitants sur la corde raide. Dans un quartier ou il est plus facile de trouver un flingue qu'un Bécherelle, la violence menace d'exploser à tout instant. Voilà quelques saynètes de la vie à East Harlem auxquelles a pu assister Felipe.
" - Un tir mortel, devant la fenêtre de mon appartement, sur une revendeuse
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( qui se trouve être la mère d'un enfant de trois ans).
- Une attaque à la bombe et à la mitraillette d'un local de paris par des factions rivales de la mafia locale encore à portée de vue de ma fenêtre.
- Une fusillade et une course poursuite avec la police devant une pizzeria où je prenais un repas avec ma femme.
- Les suites d'une bombe incendiaire lancée par un fournisseur qui n'avait pas été payé sur une maison d'héroïne au coin de la rue.
- Une demi-douzaine de bagarres avec hurlements et vêtements déchirés. "
C'est en huit chapitre (Violer l'apartheid aux Etats-Unis, Une histoire des rues du Barrio, Gérer une maison de crack : toxicomanie, discipline et dignité, Devenir réglo : respect et résistance au travail, L'école : un apprentissage de la délinquance, Redistribution des rôles dans la rue, Souffrance des familles et des enfants et enfin Vulnérabilité des pères) que le médecin légiste Felipe Bourgois pratique l'autopsie de l'Amérique stratifiée en ghettos : une autopsie sans gants stérilisés puisque l'auteur s'est lui même plongé dans les entrailles de la vie de rue.
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La rigidité cadavérique de l'Amérique pauvre, droguée et portoricaine est venue très vite. Sous la lumière crue de la terrible analyse de Bourgois, le Barrio présente une morphologie quasi-spectrale. Des petites anecdotes glaçantes attestent l'engagement total de l'anthropologue : comme celle, parmi tant d'autres, de son fils âgé de 11 mois atteint d'encéphalopathie. Felipe discute à bâtons rompus en bas de la cité avec Primo et Benzie, deux vendeurs de crack. La conversation tourne autour des femmes enceintes accrocs au crack, et des conséquences néfastes du crack in utero. L'un des dealers largue une blague peu subtile, innocemment (un des traits caractéristiques de la culture de rue étant cette propension à vanner, à se moquer de ses compagnons) et voilà Felipe profondément blessé. La soi-disant objectivité du chercheur sur le terrain vole en éclat. Felipe devient alors acteur de la vie du Barrio, et non plus simple observateur universitaire. Ce qui fait la force de cet ouvrage, c'est d'avoir su retranscrire la vie bouillonnante du ghetto. Car on oublie souvent que le ghetto américain n'est pas un territoire en guerre, comme a pu l'être la Bosnie par exemple. Si parfois des coups de feu claquent, 90% des habitants ne dealent
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pas de came et vivent des existences pauvres quoique ordinaires. La hood life (vie de quartier) se manifeste par les sons et les couleurs : Bourgois aime à décrire les trajectoires de la salsa et du rap qui se percutent dans une gerbe cacophonique, le maelström de ciment gris progressivement effacé par les bombes des artistes graffitis. La nuit, en revanche, tous les fourgueurs sont gris. Bourgois ne tombe pas dans le cliché du sensationnalisme : en effet très souvent les transactions illégales sont d'une déprimante monotonie. Les toxicos achètent leur came comme les ménagères choisissent leurs céréales dans un couloir de supermarché. Dans la culture hyper matérialiste américaine, les dealers perpétuent le culte de la liberté d'entreprise et la poursuite du bonheur, même s'il est narcotique. C'est pour cela qu'ils ne sont en rien des extra-terrestres dans une Amérique ultra-normalisée. " Plus subtilement, je voudrais aussi placer les revendeurs de drogue et les petits criminels à leur juste place dans la société de ce pays. Ce ne sont pas des " autres exotiques " opérant dans un enfer irrationnel. Au contraire ils sont Made in America. Au cours des années 80-90, si les jeunes ambitieux et hypermotivés des cités ont été attirés par une
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économie de la drogue multimilliardaire à forte croissance, c'est précisément parce qu'ils croient à la version du rêve américain selon Horatio Alger. " explique Bourgois.
La plupart des Nuyoricains (contraction de New-yorkais et de Portoricain) rencontrés par Felipe ne sont pas toujours ouvriers de l'économie clandestine et illégale. Beaucoup ont essayé de travailler pour des salaires minimum, le plus souvent pour des employeurs blancs de Manhattan. Le cas de Primo, à cet égard, est assez révélateur : jouissant du respect dans son quartier, parce que sachant jouer les durs et les débrouillards, qualités indispensable pour survivre dans la culture de la rue, il est totalement perdu dans le monde de l'entreprise. Bossant dans le secteur tertiaire (l'industrie américaine a connu une forte récession à cette époque, conséquences : une avalanche de chômeurs issus des quartiers de l'inner-city), il passe son temps à photocopier des documents et à faire le coursier. Sa patronne lui interdit de répondre au téléphone jugeant son accent portoricain et son vocabulaire limité trop flagrant. Un univers cosmique sépare les bureaux huppés de Midtown Manhattan des cités HLM puant
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l'urine, infestées de cafards d'East Harlem. Primo viole les codes culturels : codes langagiers, codes vestimentaires. Dans l'ascenseur, il cède le passage à une femme blanche. Elle bondit et manque de hurler. Devant cette manifestation spontanée de peur liée au racisme, le jeune Latino n'est plus qu'une machine à produire de la frustration. De plus, Primo, petite frappe pathologiquement machiste, ne supporte pas d'avoir une femme pour supérieure hiérarchique. En parfait rebelle des bas-fonds, il proclame sa profession de foi : FTW (Fuck the world, nique le monde). Adieu les petits boulots et retour dans la rue, à vendre de la dope, mettre des filles en cloque, fumer de la marijuana. Les confessions de Primo sont souvent démoralisantes, et les autres dealers se voient tous mort ou incarcérés dans un avenir proche. L'aide sociale, les tickets d'alimentation, la violence domestique, le deal de crack-cocaïne, et les flingues broient ces hommes jeunes dans un cauchemar centrifuge.
Si la plupart de ces dealers sont les victimes de l'oppression structurelle américaine, leur rébellion passe par une valorisation de la culture de rue. Bourgois montre bien que si les yuppies branchés de Manhattan dictent les lois
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du marché dans leur fiefs, les jeunes gangstas latinos s'évertuent, eux, à faire tourner l'économie dans le leur. Agressés quotidiennement par la société dominante, les dealers portoricains affichent une certaine arrogance faite de fierté et de je m'en foutisme. C'est la vie de rue érigée en système. Contre le système. Plusieurs passages de Bourgois me rappellent des conversations que j'ai eues avec des citoyens lambda à New York. Ces honnêtes travailleurs, père de famille, rejetaient la faute sur les dealers. Si les dealers vendent de la drogue, c'est que ce sont des fainéants et des incapables, souvent affublés de tares génétiques... Ces citoyens modèles m'écœuraient profondément lorsqu'ils disaient " vous savez les Latinos et les Noirs sont violents de nature, ils sont paresseux, ne veulent pas se lever le matin et aller bosser huit heures d'affilée, ils préfèrent se droguer et se tirer dessus. " Le débat sur la drogue aux Etats-Unis est assez insipide : on rejette tout sur l'individu et rien sur les inégalités structurelles de la société. Les Américains nantis (blancs pour la plupart) veulent continuer de regarder leur match de base-ball tranquillement, sans que leur paisible quartier soit envahi par des Noirs et des Latinos " culturellement
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violents ".
Le passage sur les femmes intoxiquées au crack est l'un des plus intéressants. Alors que la presse diabolisait les mamans sous crack ( le New York Times avec des titres putassiers comme " Des mères se transforment en monstre " et sous-titre " les instincts de la parenté sont le prix à payer pour passer au pays du crack "), Bourgoin analyse cette situation avec une subtilité et une intelligence rare. " Ce n'est que lorsque je quittais le barrio que je fus frappé par l'idée que l'on doit réinterpréter la représentation des mères toxicomanes : ce sont des femmes qui cherchent désespérément un sens à leur vie et refusent de se sacrifier à la tâche impossible d'élever des enfants en bonne santé dans les cités. Les toxicomanes au crack enceintes peuvent être déchargées de l'image monstrueuse de la mère cruelle et insensible et être reconstruites comme des rebelles auto-destructrices. "
De Porto Rico à East-Harlem, Felipe Bourgois a voulu comprendre les mécanismes intimes qui poussent une fraction de la population du Barrio à se détruire. Face au terrible rouleau compresseur que constitue le gouvernement
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américain, les gens du ghetto n'ont que peu d'alternatives. Vendre de la drogue ou toucher un salaire minimum à préparer des hamburgers dans la cuisine puante d'un Mc Donald's suburbain. Bourgois dresse un constat et propose aussi certaines solutions comme celle de dépénaliser les drogues illégales. Des spécialistes affirment qu'on peut produire trente grammes de cocaïne pure pour huit à dix dollars. A East Harlem, cette même quantité de coke, coupée et conditionnée en ampoules à 10 dollars, vaut 2000 dollars. Et Bourgois de conclure que cet " extraordinaire bénéfice montre bien tout l'intérêt qu'il y a à participer à la facette la plus violente et la plus destructrice de l'économie clandestine. Car, paradoxalement, la dépénalisation aurait pour effet de rendre les drogues moins accessibles aux jeunes des cités parce que le trafic de petites quantités au coin des rues ne serait plus aussi lucratif pour les dealers. Selon les lois de l'économie néo-classique, les revendeurs de rue se retrouveraient au chômage. Si les drogues illégales étaient dépénalisées, ajoute Philippe Bourgois, les jeunes de East Harlem qui vont tous les jours à pied à l'école ne seraient plus bombardés d'offre de psychotropes parce que la revente de drogue au détail ne connaîtrait plus de bénéfices aussi extraordinaires. De même, le gouvernement n'aurait plus à gâcher des millions de dollars à poursuivre et enfermer les
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consommateurs de drogue dans des prisons qui reviennent ridiculement cher et sont parfaitement inefficaces. Si les toxicomanes n'avaient plus à payer des sommes exorbitantes pour leur dose quotidienne, la criminalité, le vol et les dépenses médicales diminueraient considérablement. Les revendeurs n'auraient plus à se battre pour des bénéfices aussi importants. L'alternative, bien sûr, est d'incarcérer tout le monde. L'incarcération ne revient pas seulement extrêmement cher, mais elle ne peut se réaliser sans violer les droits humaines élémentaires. Dans les années 1990, les Etats-Unis supportent déjà la honte d'avoir le taux d'incarcération per capita le plus élevé du monde. "
Comme disait le rappeur Guru, du groupe Gangstarr : " Ils construisent plus de prisons que d'écoles. " Et le complexe pénitentiaro-industriel ne cesse de s'accroître, fournissant plus d'emplois que l'Education Nationale.
Au pays de George Bush, il fait bon vivre.


La loi du marché noir / Jimmy Hoffa


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