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Maurice Blanchot,
Écrits politiques
Guerre d'Algérie, Mai 68, etc. – 1958-1993
,
éd. Léo Scheer, coll. Lignes
191 pages, 17 euros




 


Ce livre est précieux à plus d'un titre. D'abord, il reprend des textes épars que Maurice Blanchot a publiés de 1958 à 1993 en revues, dans des quotidiens, sous forme de lettres, ou comme partie prenante de manifestes, déclarations collectives, tracts, et qui demeuraient difficiles d'accès. Ensuite, les organisant chronologiquement et thématiquement – 1958-1962 : critique du pouvoir gaulliste, des guerres coloniales, de l'édification du mur de Berlin; 1968 : l'événement de Mai, le fourvoiement du communisme officiel à Paris et d'Etat à Cuba et à Prague, relecture de Marx ; 1981-1993 : le judaïsme et les figures tutélaires que sont Heidegger, Lévinas et Antelme –, il permet de saisir plusieurs lignes de force de la pensée blanchotienne tandis qu'elles se constituent en prise directe sur l'événement et s'affinent à l'épreuve de la durée, c'est-à-dire à l'épreuve du réel politique. Cette deuxième vertu d'Écrits politiques n'est pas sans être paradoxale s'agissant de textes du théoricien principal, et de l'un des éminents praticiens, de l'écriture fragmentaire. Elle permet du coup à ce volume d'offrir un point de vue saisissant sur la puissance d'analyse et de mobilisation de la politique blanchotienne – comme de son lien essentiel à une stylistique de l'impersonnel. Dans sa dense Présentation, Michel Surya (à l'énergie duquel on doit ce volume mais aussi la réédition dans la revue qu'il dirige, Lignes, d'autres textes rares de Blanchot) qualifie cette détermination politique en mettant en exergue la notion de «refus» comme «maître-mot» de tous ces textes. Et en effet, c'est bien d'un refus qu'il s'agit : celui de l'assignation du réel politique, social et culturel par les forces de la conservation, de la réaction, et de l'oppression.
Maurice Blanchot a participé à la création et au projet de plusieurs revues, toutes éphémères (quand elles virent effectivement le jour) : c'est d'abord, en 1958, 14 juillet (trois numéros parus, dirigée par Dionys Mascolo et Jean Schuster), puis le projet de Revue internationale au tout début des années 1960, et enfin Comité (un seul numéro), en 1968. De fait, pour ces deux dernières, certains des textes réunis ici traitent autant de ce que peut, de ce que doit être une revue en son temps, que de l'époque elle-même. Ou plutôt : ils offrent une précieuse réflexion sur la forme 'revue' comme mode de pensée du temps historico-politique, façon de le vivre sans y succomber ou y sombrer, intellectuellement comme littérairement. Qu'est-ce qu'une revue ? «La revue – dit Blanchot à propos de Revue internationale, qui ne paraîtra donc pas – sera faite de fragments, non d'articles (l'essai à la recherche d'une forme)». Elle mettra en rapport des cultures et problématiques politiques variées, déploiera une critique marxiste, ouverte à la littérature et au «cours intellectuel des choses»dont l'intelligence sera non pas «engagée» au sens sartrien, mais «indirecte», c'est-à-dire, à la manière de Bataille, instruite de la «discontinuité» et de la nature fragmentaire du réel et du sens. Blanchot : «On peut dire, en simplifiant, qu'il y a quatre sortes de fragments : 1. Le fragment qui n'est que le moment dialectique d'un plus vaste ensemble. 2. La forme aphoristique, obscurément violente qui, à titre de fragment, est déjà complète. L'aphorisme, c'est étymologiquement l'horizon, un horizon qui borne et qui n'ouvre pas. 3. Le fragment lié à la mobilité de la recherche, à la pensée voyageuse qui s'accomplit par affirmations séparées et exigeant la séparation (Nietzsche). 4. Enfin une littérature de fragment qui se situe hors du tout, soit parce qu'elle suppose que le tout est déjà réalisé (toute littérature est une littérature de fin des temps), soit parce qu'à côté des formes de langage où se construit et se parle le tout, parole du savoir, du travail et du salut, elle pressent une tout autre parole libérant la pensée d'être seulement pensée en vue de l'unité, autrement dit exigeant une discontinuité essentielle. (…) C'est toujours la question de la revue comme forme, comme recherche de sa propre forme» 1. Autrement dit, la question du sens d'un collectif – littéraire (une revue), ou politique (une communauté sociale) – c'est déjà celle de sa forme – et réciproquement. La forme c'est le fond, et inversement. Une crispation de la forme, de la périodicité, de la structure, et c'est ce dont il est parlé qui est pareillement emporté dans un raidissement. La question 'Qu'est-ce qu'une revue' est ainsi éminemment politique – 'qu'est-ce qu'un vivre ensemble ?' – et esthétique – 'qu'est-ce qu'un publier ensemble des fragments ?'. Ces questions sont si prégnantes qu'on ne s'étonne pas que les revues de Blanchot aient été courtes ou avortées : lourdes, avant même leur premier numéro, sur-déterminées dans leurs marges invisibles par une pensée extrêmement exigeante de leur incongruité de fond comme de forme. D'une certaine façon, leur très passagère durée ou les dossiers de préparation qui restent inconcrétisés, tels des vestiges un peu fantomatiques d'un futur qui n'a pas eu lieu, sont les traces paradoxales, inversées, de la pertinence, de la justesse, et de la fertilité de fossile de ces entreprise éditoriales – importance théorique, politique, littéraire. Et cette caractéristique donne de sa force, par contrecoup, au présent volume, qui agence collectivement des textes destinés à être publiés séparément ou même pas du tout. Qu'est-ce, en effet, qu'un volume réunissant des textes préparatoire de revues futures n'ayant jamais vu le jour, ou ayant succombé après le premier, ou le troisième numéro ? Un concentré. Une dose à très forte teneur, révélant l'intensité d'un projet virtuel, d'une pensée de l'écriture et de la conscience politique comme pensée du devenir plus que de l'actuel, du nécessaire plus que du réalisé, de l'œuvre comme force plutôt que de l'œuvre comme produit : «comment réintroduire le «désœuvrement», l'insouciance du temps dans une publication périodique ?» s'interroge lucidement Blanchot, théoricien du «désengagement» et de la littérature «désengagée».
Ces pistes paradoxales, ces contradictions, ce programme sous forme d'oxymore d'une lucidité politique et d'une exigence littéraire, trouvent leur effectuation maximale, me semble-t-il, dans Mai 68, dans l'événement de désir pur, gratuit, manifesté, porté et exprimé par Mai : «Il est scandaleux de ne pas reconnaître dans [le mouvement des étudiants] ce qui s'y cherche et ce qui y est en jeu : la volonté d'échapper, par tous les moyens, à un ordre aliéné, mais si fortement structuré et intégré que la simple contestation risque toujours d'être mise à son service. (…) il est d'une importance capitale, peut-être décisive, que le mouvement des étudiants, sans faire de promesses, et, au contraire, en repoussant toute affirmation prématurée, oppose et maintienne une puissance de refus capable, croyons-nous, d'ouvrir un avenir» écrivent Blanchot et d'autres en mai 68. Dénonciation de la policiarisation de l'Etat gaulliste perçue comme la conséquence logique du «coup de force militaire» de 1958, appels publiques à la résistance, tentative de sortir, par la parole, la société française de l'état de «mort politique» dans laquelle l'a plongée et la maintient ce même Etat («Durant dix ans (…) De Gaulle lui-même n'a été rien d'autre que le délégué de cette mort, le représentant d'un néant à la fois distingué et vulgaire»). Joie devant le «soulèvement» des «forces nouvelles» («jeunesse ouvrière et étudiante»), la «puissance d'invention politique extraordinaire [d'un] mouvement à la fois de liberté et de refus (…) mettant en cause, par une contestation incessante, le pouvoir et toutes les formes de pouvoir (…) se gardant de toute affirmation ou programme prématurés, parce qu'il pressent que, dans toute affirmation telle que peut la formuler un discours nécessairement aliéné ou faussé, il y a le risque d'être récupéré par le système établi (celui des sociétés capitalistes industrielles), système qui intègre tout, y compris la culture, fût-elle «d'avant-garde» ». La rupture célébrée ici, c'est celle de l'indéterminé, de l'impersonnel, du désir pur recodé par rien ni personne : «En quelques jours, toute une société moderne est entrée en dissolution ; la grande Loi a été ébranlée ; la grande Théorie s'est effondrée ; la Transgression fut accomplie et par qui ? Par une pluralité de forces échappant à tous les cadres de la contestation, venant à proprement parler de nulle part, institués instituables. Voilà, je crois, ce qui est décisif». Derrière la critique anti-capitaliste, c'est peut-être aussi de Lacan (la permanence d'une Loi avec un grand L), Althusser ou le communisme scientiste (la Théorie) et Bataille (une Transgression débouchant enfin sur quelque chose plutôt que se mordant indéfiniment la queue de son propre échec) qu'il est question ici. Ce qui est «décisif», pour Blanchot, c'est la «dissolution» comme fracture d'un cercle identitaire, d'un cycle du désir et de sa répression, d'une structure prédéterminante de la subjectivité et de ses actes. Ce qui importe c'est ainsi la sortie, la pure échappée hors d'un système et vers aucun autre, de «nulle part» vers pas mieux. Marx est ici crucial. Le Marx ontologue et pas seulement politique. Ce même Marx sur lequel insiste le jeune Sartre (celui de de la «transcendance de l'ego»), puis, plus tard, le Deleuze de Différence et répétition et Logique du sens, et le Foucault de Les Mots et les choses : «Marx – insiste Blanchot – a dit avec une force tranquille : la fin de l'aliénation ne commence que si l'homme accepte de sortir de lui-même (de tout ce qui l'institue comme intériorité) : sortie de la religion, de la famille, de l'Etat. L'appel au-dehors, un dehors qui ne soit ni un autre monde, ni un arrière-monde, il n'y a pas d'autre mouvement à opposer à toutes les formes de patriotisme, quelles qu'elles soient». À cette absence de téléologie ontologique correspond une absence de téléologie politique : «détruisant tout sans rien de destructeur, détruisant, plutôt que le passé, le présent même où [la révolution de Mai 68] s'accomplissait et ne cherchant pas à se donner un avenir, extrêmement indifférente à l'avenir possible, comme si le temps qu'elle cherchait à ouvrir fût déjà au-delà de ces déterminations usuelles. Cela a eu lieu. La décision d'une DISCONTINUITÉ radicale, et l'on peut dire, absolue (…)».
Comité ne se réclame pas de 68 au sens où elle tenterait de se l'approprier comme thème, motif ou étendard. Elle n'essaie jamais de le représenter : elle s'en nourrit, s'en instruit, de la façon la plus modeste qui soit, en se mettant à son école, en tentant de se brancher à ce qui, dans ce mouvement, est in-recodable. Les modalités de ce 'programme' (toujours la force du paradoxe comme principe actif plutôt que de contemplation stérile) sont radicales : anonymité des contributions comme moyen de «constituer une parole collective ou plurielle» ; caractère fragmentaire des textes comme moyen de «rendre possible la pluralité (…) lui ouvrir un lieu et en même temps ne jamais arrêter le devenir même : toujours déjà rompus et comme destinés à la rupture, afin de trouver leur sens non en eux-mêmes, mais dans leur conjonction-disjonction, leur mise en commun, leur rapport de différence» ; pluralité et hétérogénéité des genres et provenances ainsi «mis en commun». Avec application, il s'agit de manifester et de réaliser, en l'intensifiant, l'aptitude «latente» à l'impersonnalisation, l'implicite ou potentielle «appartenance au fragmentaire» : «[Abandonner] toute idée préconçue d'originalité ou de privilège d'inédit» au profit «des fragments, des phrases, lesquels, mis en rapport avec d'autres, peuvent prendre un nouveau sens, ou servir notre travail de recherche». Il se dégage de ce premier et unique numéro de Comité une clarté quant aux objectifs – une dissidence radicale d'avec ce que Bataille appelait «l'économie homogène», un «refus qui affirme», une «résistance» explicitement comparée à celle de 1940-44, une «rupture» – et une violence froide, assumée, libre, quant aux moyens : «à nous, la pénurie, le défaut de parole, la puissance de rien, ce que Marx nomme à bon droit «le mauvais côté», soit l'inhumain, certes une idéologie encore, mais déjà radicalement autre et telle que, pour l'atteindre, il nous faudra et toujours à nouveau nous libérer des valeurs, y compris de la liberté comme valeur déjà acquise. Autrement dit, et en toute gravité, non sans peine : destruction de la catégorie de l'universel. Cela conduit à une sorte de déraison ? C'est vrai. Mais il faut aussi comprendre que (…) si nous acceptions, comme on nous le propose amicalement, de guérir, ce serait pour nous retrouver à notre insu derrière l'invisibilité des barreaux». Refus, du coup, d'écrire «sur» Mai 68, meilleur façon de «le fausser et [de] l'avoir toujours déjà manqué». Célébration de cette autre écriture, celle des «tracts distribués hâtivement dans la rue et qui sont la manifestation de la hâte de la rue, les affiches qui n'ont pas besoin d'être lues mais qui sont là comme défi à toute loi, les mots de désordre, les paroles hors discours qui scandent les pas, les cris politiques (…) tout cela qui dérange, appelle, menace et finalement questionne sans attendre de réponse, sans se reposer dans une certitude». Désir évident de Comité de participer de ce type d'écriture, formellement, théoriquement, et littérairement : écriture murale, publique – «Tracts, affiches, bulletins, paroles de rues ou infinies» – qui clignote sur le réel urbain («Ils apparaissent, ils disparaissent. Ils ne disent pas tout, au contraire ils ruinent tout, ils sont hors de tout») et ne «laissent pas de traces : trait sans trace» qui «passent avec le passant qui les transmet, les perd ou les oublie».
On n'oublie pas que Blanchot a publié un certain nombre de textes de jeunesse dans des revues d'extrême droite 2. Mais ce qui ressort de Écrits politiques c'est une admirable aptitude à saisir la singulière puissance d'un événement sans précurseur – mai 68 – et la volonté farouche de la servir, de la maximiser, de la pousser le plus longtemps possible et de se laisser pousser par elle. Tout ce que Deleuze et Guattari, Lyotard, Foucault et d'autres conceptualiseront dans les années 1970 est déjà présent, concentré (comme on dit d'une drogue qu'elle est 'pure'), dans ces pages : la gratuité du désir et son éternel combat avec ce qui le recode, thématiquement comme institutionnellement, la puissance du Non, l'impersonnalité comme antidote à tous les fascismes, la nécessité vitale pour toute expression, conceptuelle, analytique, ou littéraire, de se former paradoxalement dans la conscience et l'expérience de ce débranchement fondamental. Une crépusculaire critique du personnage De Gaulle en père fouettard incarnant la pétrification, la pure image durcie et morte du passé par opposition à un présent vivant, préfigure ainsi singulièrement les critiques de la théâtralité du désir œdipien au cœur de Capitalisme et schizophrénie : «C'est un acteur, jouant un rôle emprunté à la plus vieille histoire [celui du Père], de même que son langage [français classique embaumé en pure idéologie louis-quatorzième des «lampes à huiles» et des «équipage»] est le langage d'un rôle, une parole imitée [théâtrale, représentationnelle], parfois si anachronique qu'elle paraît depuis toujours posthume» ; et : «(…) en France, là où le seul principe de gouvernement est la stabilité, et le seul changement attendu, la mort d'un vieillard spectral qui semble toujours se demander s'il est ou non au Panthéon et si sa mémoire, qui n'oublie rien, n'a pas simplement oublié l'événement imperceptible de sa fin : soit la fin d'un simulacre». On a rarement vu une telle lucidité sans pitié capable de dissoudre et pulvériser du même geste la concaténation poussiéreuse d'un ordre discursif réactionnaire pourtant puissant (De Gaulle est aussi l'homme du verbe, d'un certain verbe) et la naïveté d'une culture de la contestation comme simple «signe d'appartenance» à rien d'autre qu'elle-même, «nouvelle tradition qu'on respecte et même sacralise».
On peut aussi dire que Blanchot perd son temps et ses flèches à tirer sur une ambulance. Je ne le pense pas. Plus : je crois que ce serait pêcher par manque de relativisme historique et, du coup, s'interdire de reprendre pour le compte d'aujourd'hui la puissance de décodage de Blanchot, sa sobriété sidérante. «[Prenons] bien conscience de notre état de mort-vivant – enjoint-il – (…), mais en gardant ce droit supplémentaire de dénoncer notre destruction, fût-ce au moyen de paroles elles-mêmes déjà détruites. D'où ici et là, aujourd'hui, demain, d'autres tireront peut-être un nouveau et fort pouvoir de détruire. Demain, ce fut Mai : le pouvoir infini de détruire-construire». Ce ne sont pas là les paroles d'un prophète négatif, se complaisant dans son rôle de 'pèlerin du pire', mais le 'cadeau' qu'une culture et qu'une société reçoivent d'un esprit doué d'une rare lucidité à laquelle s'adjoint une non moins fréquente aptitude à soutenir le poids d'une liberté vraie, vitale, c'est-à-dire fatalement, mais en partie seulement, douloureuse. Une série de moments historiques et leur analyse par Blanchot révèlent une politique, laquelle implique une forme (d'expression, d'action) qui rende possible un sens libre. Le tout fait une résistance, – une vie. Ce tout fait de contradictions et d'appels à une existence déprogrammée fait aussi un bréviaire pour l'aujourd'hui, un viatique paradoxal pour temps de fascisme rampant.




"Maurice Blanchot, ou une politique de l'impersonnel.", une lecture de
Écrits politiques
Guerre d'Algérie, Mai 68, etc. – 1958-1993, de Maurice Blanchot
Par Jérôme Game





1
. Le numéro de Magazine littéraire d'octobre 2003, dont le dossier est consacré à Blanchot, publie une correspondance de Blanchot sur la désintégration de l'équipe de Revue internationale rendant impossible un premier numéro. [retour]






2
.Dans les années 1930, Blanchot écrira pour le Journal des débats, publication d'extrême droite. Dans la même période, il collaborera également à la Revue française, au Rempart, à l'Insurgé et à Combat. Dans son long article, Eric Loret donne une présentation factuelle synthétique de cet aspect de Blanchot, " Blanchot s'efface ", Libération, 24 février 2003. [retour]



Jérôme Game,
"Maurice Blanchot, ou une politique de l'impersonnel.", une lecture de Écrits politiques
Guerre d'Algérie, Mai 68, etc. – 1958-1993, de Maurice Blanchot

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