xceptés des apprentis kamikazes vides de raison et d'humanité et des fous furieux, personne ne peut rester insensible aux attentats sur le sol américain. Un carnage ! Une horreur inadmissible ! Ces milliers de victimes, de la femme de ménage au Golden boy, ne méritaient pas de mourir de cette manière ignoble.
Mais quelque chose me semble déplacé dans les minutes de silence qui ont suivi cet horrible attentat. Aucun officiel n'avait demandé la moindre seconde de silence pour tous les morts Rwandais, Bosniaques, et toutes les autres victimes de la folie meurtrière. Y- aurait-il des victimes de premières classe ? Et d'autres, de seconde classe ? Quand les Etats-Unis ont mal, la planète entière doit porter le deuil. Ceci étant dit, nous sommes un grand nombre à être solidaires du peuple américain… mais pas de ses dirigeants. Le meurtre d'un Africain ou d'un Américain est à mettre sur la même échelle. Le deuil ne doit pas être sélectif.
Maintenant, il faudrait tourner les projecteurs sur ces femmes survivant dans le noir total. Ces victimes permanentes : otages du capitalisme cynique et de l'obscurantisme intégriste qui est un nouveau fascisme. Comme les nombreuses victimes des attentats aux Etats-Unis, ces femmes afghanes ne méritent pas de mourir sous une couverture de bombes. Elles sont déjà quasiment mortes étouffées sous le voile.
Peut-être en commençant par cesser de leur graisser le baril à coups de dollars ? Tendre l'oreille vers les héritiers de Massoud ? Et surtout ne pas oublier les femmes afghanes.

Nous sommes tous des femmes afghanes / Mouloud Akkouche

 

I/I