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56 9 Ce n'est pas sans une vive, certaine, tendre et considérable émotion 56 9 1 exigeant une double négation initiale 56 10 que je commence
à poser ici, la fin de mon demi-chapitre
approchant, la remémoration et commémoration de ma
visite à TOTO 56 12 j'étais venu assez tôt, craignant la foule ; rien n'est plus désagréable que de devoir, comme c'est trop souvent le cas dans les expositions, partager notre conversation avec le chef-d'uvre avec d'autres regards, souvent peu adéquats, ou pire 56 12 1 je me souviens
de cette réflexion de lycéens français, des
élèves de seconde cornaqués par un malheureux
professeur de lettres, entendue à Londres, à la Clore
Gallery, devant les Turner les plus pré-Rothko : «
Ah ben, i sé pa foulé çuila ! » 56 13 étaient le plus souvent silencieux, ou murmurants. Les élégantes prêtresses du lieu évoluaient presque invisiblement, répondant discrètement à des interrogations techniques, d'un ton où on percevait l'application d'une consigne de pure objectivité, bien compréhensible 56 13 1 Il est vrai que, même si j'avais pu entendre les questions et les réponses, je n'y aurais rien compris 56 14 Le cur du lieu était le TOTO VISUAL SPACE. Vue vaste, intérieure et extérieure. Les meilleures pièces de la collection, sculptures et photographies, somptueusement accrochées, chacune avec son espace propre, n'interférant pas avec ses voisines. Les uvres offertes à ma vue, même si je saisissais le sens général de leur intention, reconnaissais certaines formes, auxquelles je m'attendais, n'ignorant pas la nature particulière, spécialisée, des objets et images présentés, 56 14 1 Ainsi ne sera-t-on pas surpris de reconnaître des formes animales dans un musée d'histoire naturelle turc de province, par exemple, même si on n'est pas capable, pour des raisons linguistiques, d'identifier la plupart des espèces représentées 56 15 avaient souvent
un caractère, pour moi, assez abstrait, puisque je ne pouvais
rien déchiffrer des notices descriptives, ni rien déduire,
étant donnée mon ignorance crasse de la plomberie,
des schémas extrêmement précis les accompagnant.
Mais leur beauté ne faisait pas de doute. 56 18 J'ai découvert TOTO, TOTO m'a été révélé dans le temple de Kyotô où j'ai logé lors de mon premier séjour et où j'ai eu la révélation stylistique arboricole dont je vous ai entretenu en un momentprose légèrement antérieur au momentprose présentement en cours de composition. 56 18 1 l'heure avançant et la nuit, toute hivernale qu'elle est finissant par se dissiper, il me faudra sans doute, pour achever ma narration, un autre moment 56 19 Confronté en effet aux WC japanese-style y régnant, dont l'originalité est évidente par rapport à ceux auxquels je suis habitué, et qui posent quelques problèmes logistiques aux messieurs de mon âge, particulièrement à ceux qui, comme moi, ont quelques empêchements dans les genoux, je constatai que ces faïences étaient signées TOTO. Cela me plut. Agnès et Didier me signalèrent alors le magnifique « musée » TOTO. Et c'est ainsi que je m'y rendis 56 20 56 21 La couverture,
au-dessous du titre, est une uvre semi-abstraite, dont la
moitié inférieure droite s'emplit d'une substance
aquatique bleue, d'où émerge, comme jaillissant, un
mystérieux ovoïde blanc, qui pourrait être un
ovni, son image traversée de très petits carrés
de couleur blanche, ou grise ou violette, rappelant un peu ceux
qui brouillent les écrans des télévisions payantes
aux horaires non gratuits. C'est beau.
56 25 en dessous, et en assez petits caractères, on lit 56 25 1 sur la page
de gauche uniquement 56 26
56 26 1 1 j'ai d'abord tenté, mais en définitive abandonné la « traduction au correcteur orthographique », qui aurait été comme suit : In a gattine of people, terre fis communier an social richesses. This fis not simplexe matériel welter, but provis a deeper satisfaction thrombine interaction vit fellah man. TOTO vas fouet in 1917 to manufacture the firme vitres china toilette bol in Japon, ... 56 26 2 je me répète,
extatiquement : 56 27 L'image en dessous de ce texte est une composition géométriquement cubiste, mais sans déformations picassesques, en tons bruns, qui assemble savamment divers éléments d'une salle de bain, lavabo en vedette page de droite 56 27 1 mais dont la « vitreous china toilet bowl », discrètement, s'absente 56 28 La table des matières offre un choix alléchant de possibilités, qu'on voudrait pouvoir présenter, que sais-je, essayer toutes 56 28 1 grâce à un programme de vente à l'essai avec des clauses du genre « satisfait ou remboursé » 56 29 d'un beau vert pâle est la liste des « Series » qui s'ouvre par Zaza, et énumère les séries Excelsior 56 29 1 sic itur ad astra 56 30 Superior, Évasion, Delicia et Romancia 56 31 Évasion permet 8 couleurs Pastel Pink, pastel Ivory, Pastel Blue, Fancy Rose, Fancy Green, Excel Blue, White Gray, Harvest Gray 56 31 1 Mendy, je le reconnais, ne parvient qu'à de bien faibles approximations 56 32 la TOILET est, vous serez heureux de l'apprendre « Siphonic Elongated », le BIDET est une « Over-rim douche », l'URINAL, « Integral trap » 56 32 1 caractéristique
légèrement inquiétante 56 33 2 1 À la fin des années quarante, on avait tenté de vendre le bidet au public américain 56 33 2 1 1 peu habitué à ce genre d'ustensiles, les Anglais l'ayant toujours tenu en suspicion, associé qu'il était dans l'âme victorienne à la débauche continentale et surtout française 56 33 2 2 avec le slogan : « You don't need a bath every day. What you need is a French Bidet » 56 33 le LAVATORY
est un peu une surprise, le terme désignant, d'après
la vignette associée, ce que j'ai l'habitude de nommer lavabo 56 34 1 quoique l'Excel Wine Red, ou la teinte « Silky Violet », par exemple, ne soient disponibles « qu'à la demande ». Mais quand même ! 56 35 Delicia
est « TOTO's high class series ». Et pas par hasard
! Quand on voit le portrait de la « Siphon-jet anti-sweat
close-coupled toilet bowl » et celui du « Stall urinal
with detachable trap », on comprend que TOTO n'exagère
pas. 56 36 1 simple énumération dans la catégorie TOILETS : (i) One-piece Toilets 56 35 2 1 (trad. computérisée) (i) Une-pièce Toilettes 56 36 2 certains sont reconnaissables sur l'image d'accompagnement, d'une grande sobriété bleue, noire, beige 56 37 Avec regret nous délaissons le chapitre FLUSH VARIATIONS, et le suivant WATER SAVING TOILET, avec sa variante 56 37 1 on peut combiner les deux 56 38 la QUIET TOILET, munie de son appareil de NOISE REDUCTION : With a silencing mechanism incorporated, tank refilling noise has been sharply reduced 56 38 1 un graphique compare les performances-bruit des toilettes ordinaires et des « Quiet » : avantage certain pour les secondes 56 39 et nous arrivons à ce qui est sans aucun doute le « clou » de la brochure, le système WASHLET, The micro-computerized toilet seat with multiple functions. Nous avons choisi pour vous, lecteur patient, les 9 principales 56 40 alpha 56 40 1 RECTAL LAVEMENT - Avec juste une poussée du bouton, un bec s'étend de dessous le siège pour vous donner un apaisant et doux eau chaude lavage de trois bec ouvertures. Ample volume de chaude eau est disponible avec chaud réservoir capacité augmentée du 15% jusqu'à 1600cc, et l'eau température est ajustable entre 30-40°C, donnant vous une personnelle préférence sélection 56 41 bêta 56 41 1 BIDET - Avec just une poussée d'un bouton, le bec s'étend à une position légèrement en avant de la rectal lavante position pour donner un doux eau chaude lavage de nombres de bec ouvertures 56 42 gamma 56 42 1 PULSANT VAPORISATEUR LAVEMENT - Le rythmique fort-faible pulsant vaporisateur effectivement stimule boyaux avec son 0.8 par sec. Cycle, et vaporisateur pressure est ajustable, avec six différentes positions, pourvoyant confort pour chacun 56 43 delta 56 43 1 BEC POSITION CONTRÔLE - cette fonction autorise vous à faire fine bec position (front, arrière) pour la meilleure position pour les deux rectal lavement et bidet 56 44 epsilon 56 44 1 OSCILLANT LAVEMENT - Cette fonction autorise le bec à osciller arrière et avant, procurant maximum lavante action pour toutes positions 56 45 êta 56 45 1 OZONIQUE DÉODORISATION SYSTÈME - Le ozonique déodorisation système opère automatiquement pendant que le siège est en usage et pour 60 secondes après, activé par un poids senseur et compte-minutes. Le encastré éventail inhale odorant air, qui est alors éliminé à travers chimique réaction d'ozone 56 46 dzêta 56 46 1 LENT FERMANT SIÈGE ET COUVERCLE - Un lent-fermant siège et couvercle prévient bruyant bangs. Le couvercle et siège de la nouvelle Lavette G-alpha ferment lentement, même si vous jetez les 56 47 thêta 56 47 1 CHAUFFÉ SIÈGE - le chauffé, facilement contouré siège assure que même le plus froid hiver jour peut être confortable. Vous sélectez la température désirée entre 30-40° degrés. Un intégral senseur maintient la sélectée température 56 48 iota 56 48 1 DOUX DÉPART - Pour rectal lavage et bidet, il démarre vaporisant eau, qui graduellement devient plus forte jusqu'à elle atteint à une fixée force 56 49 remarque : le développement assez considérable de « l'affaire TOTO » tient à la circonstance suivante : comme vous ne l'ignorez pas, la consigne d'écriture « à la suite », sans retours et sans repentirs qui gouvernait cette prose a dû être, pour la cinquième branche, version longue, légèrement modifiée et adaptée. Quand je reviens en arrière pour composer une couche parenthétique quelconque, m'appuyant sur les couches précédentes 56 49 1 je suis donc bien forcé de les relire, même si c'est, « à la suite », etc. 56 50 il me faut réviser plus ou moins les antérieures. Dans le cas présent, celui de ce demi-chapitre, j'ai pris soin, pour mon ré-examen, de vérifier l'adéquation stylistique. L'affaire TOTO était, jusqu'à ces jours-ci, nettement plus courte ; mais une certaine incertitude stylistique m'est apparue. Surtout d'ailleurs j'ai constaté un flottement dans la « mood » générale de l'épisode, dans son « humeur » qui décide du style ou du cocktail de styles que j'emploie. J'avais choisi la wabi-mood, au sens ancien, 56 50 1 sens du waka, de l'époque Heian 56 51 dénuement,
privation, dépossession, délaissement, désolation,
détresse, langueur. Mais, conformément à mes
réflexions subséquentes, cette interprétation
du wabi, qui aurait parfaitement convenu à la prose
du Projet, était impossible ici, et il me fallait lui donner
une « couleur » positive, dans une certaine mesure comme
dans le Way of Tea. 56 53 1 comme il s'agit
d'une variété de blanc, j'ai pris la « couleur
de police » « blanc », ce qui fait que rien
ne se voit sur l'écran, of course 56 54 Il y a plusieurs
types de miroirs : « decorative » (avec variations :
« regular », « theft-proof », « round
mirror, heavy duty » (sic)...
56 57 C'était pluie. Si pluie, une forêt de parapluies surgit sur les trottoirs, 56 57 1 Comme sur Princes street, Édimbourg, en parallèles circonstances 56 58 certes, j'ai un parapluie, à 500 yens, acheté au pied d'une station Yamanote en même temps que le Japan Times, mais parfois je sens que j'encombre. Pourquoi pas, alors le métro ? 56 58 1 Lu dans un Japan
Times : Professor Mud Turtle Waxes Poetical in New Anthology - «
Nobayiko Takahushi is a world famous scientist, in Japan he is commonly
known as "Dorogame Sensei", or "Professor Mud Turtle",
after his best-selling anthology named after the reptile Takahushi
says his lifestyle matches. The book of 39 poems, titled "Mud-Turtle",
vividly conveys the essence of forest life, and thousands of people
have been inspired by it since its publication in Japanese in 1988.
» An example : « In the forest / is beauty / there is
love / fierce contest too / however / of lies, there are none! //
» 56 59 Et me voilà sur la Marunouchi Line.
Je suis debout, accroché à quelque accrochage ; debout,
et donc plutôt dominant une foule de taille assez moyenne.
La rame est pleine. Je suis, du coin de l'il, le progrès
du petit rectangle lumineux vert et plat et allongé qui m'annonce
les progrès que nous faisons dans notre direction commune
le long de la ligne. La foule des usagers de la Marunouchi Line,
comme celle d'autres lignes de métro, dans d'autres villes,
n'est pas fixe comme dans un tgv non-stop Paris-Londres ; ça
va, ça vient. Quand on stationne, ça descend et ça
monte. Y en a qui descendent, y en a qui montent. Parfois ça
descend plus que ça ne monte ; parfois ça monte plus
que ça ne descend ; c'est selon ; parfois les montées
et les descentes s'équilibrent à peu près.
S'il y avait moins de monde (mais y a-t-il jamais moins de monde
(il peut y avoir plus de monde (il peut y avoir beaucoup, beaucoup
plus de monde)) ?), je compterais les entrants et les sortants ;
compter les variations numériques dans les rames ou les voitures
est une activité de métro ou d'autobus ; quand je
ne lis pas, quand je ne compose pas, quand je ne « penser
à rien » pas. Mais dans le métro de Tokyo, toute
mon énergie, si c'était un trajet dont je n'avais
pas l'habitude (au bout de quelques jours de mon séjour de
1996, il arriva que je connaisse un trajet), était consacrée
à un but unique ; toute ma concentration employée
à m'assurer que je n'allais pas rater la sortie. Ainsi ce
jour-là, jour de pluie, en ce trajet-là, je reste
ferme, point fixe autour duquel circule la foule qui vaque. Et voilà
que je vois, avec surprise, voleter un insecte ; un insecte, ça
volète ; il hésite, virevolte, va par ci, va par là,
reva par ci, reva par là, puis tout à coup se décide,
vient droit sur moi et se pose sur mon épaule (gauche) (je
m'interroge du coin de l'il du souvenir et c'est bien l'épaule
gauche). J'ai le temps de reconnaître une coccinelle. Elle
est noire avec des pois rouges. Pas le moindre doute, a ladybird,
une coccinelle. J'essaye de bouger le moins possible, de rester
bien droit, fier de la confiance qu'entre tous les voyageurs, elle
a choisi d'accorder, sans le moindre chauvinisme, à un «
gaijin ». Mais je suis inquiet, très inquiet pour elle
: d'où vient-elle ? Qu'est-ce qui l'égare en ces lieux
souterrains sinon stygieux ? A-t-elle voulu échapper à
la pluie dont les larges gouttes l'ont chassée de son arbre
? Quel genre d'arbre ? Et que va-t-elle devenir ? Je me dis qu'au
moment de descendre, je la prendrai, délicatement, dans ma
main, et, une fois dehors, je la déposerai sur un tronc d'arbre,
un buisson, une feuille, espérant qu'elle saura se retrouver
dans la grande ville. Je m'attendris à cette idée.
Maruna (je la nomme Maruna) ne bouge pas. J'imagine entendre son
petit cur battre sur mon épaule (gauche). Je sens qu'elle
me fait confiance ; qu'elle m'a choisi ; pour ma grande taille,
certes ; mais aussi parce qu'elle a reconnu en moi un être
qui a de la sympathie, de l'affection même pour les coccinelles,
sans distinction de nationalité ou de sous-espèces,
qui l'a montré à maintes reprises depuis son enfance
à des milliers de kilomètres du Japon, en Languedoc,
en Angleterre aussi, à Kew Gardens, en Écosse (et
je fais défiler dans ma tête, très vite, les
images de quelques-unes des coccinelles que j'ai connues). Une station
passe ; deux ; trois. Le métro s'arrête. Les portes
s'ouvrent. En face des portes, un escalier monte vers la sortie.
Des gens descendent. Et voilà que Maruna, sans la moindre
hésitation, s'envole de mon épaule, vole avec décision
au-dessus du flot des voyageurs ; je la vois monter l'escalier avec
eux, et disparaître. 56 63
56 64 En 1916 une
enseigne nouvelle fit son apparition dans le district de Yanaka,
à Tokyo : « Kamiguchi's Ultra-Stylish Common Western
Clothing Store ». Voilà ce que je lis dans la précieuse
petite brochure, qui ne paye pas de mine, offerte aux visiteurs
occidentaux du Daimyo Clock Museum.
« The proprietor of this store was to become the founder of
the Daimyo Clock Museum, Sakujiro
Kamiguchi. The new shop's goods were as unusual as its log-cabin
construction. Only fabrics from Great Britain were used, but the
styles ranged from classic to futuristic. » 56 65 1 Un bel exemple de l'allongement syllabique que le japonais fait subir aux mots anglais ou français et qui fut à l'origine de mon invention de la forme que j'appelle « trident », où treize syllabes « traduisent » les dix-sept syllabes du haïku : de deux syllabes et demi on passe à cinq 56 66 À quelque
temps de là, M. Guro conçut une passion subite et
violente pour les Daimyo Clocks,
une espèce ancienne et abandonnée d'horloges japonaises,
en voie de disparition rapide, et entreprit de les collectionner.
Les raisons de cette conversion aux horloges ne sont pas réellement
expliquées dans la brochure que j'ai sous les yeux 56 67 1 « Guro
Kamiguchi passed away at the age of 78, but his passion for clocks
was inherited up by his son, Mr. Hitoshi Kamiguchi, who became president
of the Preservation Society and established the Daimyo Clock
Museum in April 1972 » 56 67 2 1 In 1994 Mr. Jacques Roubaud, from France, visited the Museum with Mrs.. Agnès Disson, and was given the presentation brochure which is being quoted in this chapter 56 68 Les Daimyo Clocks sont des horloges de la période Edo (1603-1867). Elles sont construites sur le modèle des horloges mécaniques européennes qui se glissèrent dans l'Ile de Cipango au début du seizième siècle. 56 68 1 La nature de leurs mécanismes ne nous retiendra pas ici 56 69 Il se trouve, pour des raisons qui m'échappent 56 69 1 ce qui est bon, car cela stimule l'imagination dans la recherche et l'interprétation des phénomènes 56 70 que la possession des horloges fut, en ces temps périmés, le privilège exclusif des nobles, des seigneurs, des « Daimyo ». Et les Daimyo, ainsi les possesseurs légitimes du temps 56 70 1 car la possession des moyens de production de la mesure du temps se confond avec la possession du temps lui-même 56 71 avaient pris
l'habitude d'enfermer leurs horloges, bâties les plus parfaites
et les plus belles possibles, dans les plus hautes tours de leurs
châteaux, et la forme des plus belles et plus parfaites d'entre
elles avait une ressemblance familiale nette avec ces tours, si
bien qu'on les nommait des « yakura-dokei »,
« horloges-tourelles ». Elles étaient ornées,
elles étaient luxueuses 56 72 1 9--->8--->7--->6--->5--->4--->9--->8--->7--->6--->5--->4 56 73 Double phénomène inexpliqué, et que je ne parviens pas à expliquer moi-même, par quelque invention démonstrative 56 73 1 ce n'est pas faute d'avoir cherché 56 74 Minuit et midi
étaient marqués 9, l'aube et le crépuscule
6 56 77 1 dans le sens
trigonométrique direct, donc 56 78 La beauté du système apparaît maintenant dans une éblouissante lumière : les heures n'étaient pas, banalement, comme chez nous, de durée égale. Il y avait le JOUR, divisé en six HEURES 56 78 1 majusculons les Daimyo-clock-hours, pour les distinguer des autres, si monotones ; majusculons aussi le JOUR-Daimyo-clock, et sa sur la NUIT-Daimyo-clock 56 79 et il y avait
la NUIT, également divisée en six heures 56 82 1 imposant le style employé dans cette section, le style (vii) kiujô.tai, « style de la force prodigieuse » 56 83 « on the third day of the twelfth month of 1872 (according to the lunar calendar), Japan leapt into the Western time system by adopting both the Western solar calendar and the Western standard time system. On that day, Japan joined the Western world in welcoming the New year, and in the process, discarded nearly an entire month which remained of 1872 according to the lunar calendar » 56 83 1 j'ignore s'il y eut, à cette occasion, comme il y en eut en France, au seizième siècle, quand fut introduit le calendrier grégorien, des émeutes de protestation contre ce vol de jours 56 84 « On January
1, 1889, the time at the 135th degree of east longitude was established
as the standard time for all of Japan, giving Japan a regionally
unified time system » 56 88 1 bien visible donc, depuis l'oreiller, même dans la nuit grâce à des chiffres fluorescents, et des images des différents animaux-heures, animaux que j'aurais choisis selon ma propre idée du temps 56 89 au-dessus de la penderie, sur une porte de laquelle j'aurais posé le portrait de la Bournemouth Belle, la locomotive qui orne, en affiche, la cuisine 56 90
56 91 Hibiya Park - Meiji Jingu Outer Gardens - Shinjuku Imperial Gardens - Toyama Park - Shin Edogawa Park - Kansen'en Park - Zoshigawa Cemetery - Minami Ikebukuro Park - Koishikawa Botanical Garden - Kyoikuno Inori Park - Otsuka Park - Somei Cemetery - Rikugien Garden - Yanaka Cemetery - Ueno Park - Koishikawa Kôrakuen - Kitanomaru Park - East Imperial Garden - Meiji Jingu Outer Garden - Yoyogi Park - Aoyama Cemetery - Shiba Park - Hama Detached Palace Garden - Kyû Shibarikyû Garden - Natural Park For Nature Studies - Asakusa Park 56 91 1 L'ordre n'a rien de naturel ou contraint ; c'est celui de mes notes 56 92
* sic 56 93 56 93 1 dans la forme-chôka,
des vers de 5 et de sept syllabes alternent ; à la fin un
couplet de vers de 7 syllabes. 56 93 2 1 Il ne semble pas qu'il y ait de chôka(1) 56 93 2 1 1 ce serait un poème de trois vers : 5/7/7 56 93 2 2 la fin d'un chôka est un tanka ; et si n>2, on pourrait estimer qu'il s'agit d'un tanka préfixé, précédé d'une sorte de « queue ». Dans cette présentation, le chôka joue un rôle parallèle au sonetto caudato, où le corps d'un sonnet est suivi d'un certain nombre de tercets en « terza rima », qui sont la « queue » du sonnet 56 93 2 2 1 un chôka peut être assez long 56 93 2 2 1 1 il y en a un de plus de cent vers dans le Manyoshû 56 93 2 2 2 Il existe
également des sonnets « caudato » comprenant 56 94
1 56 95
1
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