Cette bibliographie subjective est proposée par la rédaction d'Inventaire/Invention

 

 

Littérature

 

CANAL TAMAGAWA
de Philippe Adam
>>> éditions Verticales, 2005.

:dans Canal Tamagawa, Philippe Adam réinvente les derniers jours du fameux écrivain japonais Osamu Dazai, qui mit fin à ses jours en se jetant dans le canal Tamagawa, à la périphérie de Tokyo, le 13 juin 1948, dans sa trente-huitième année. Culpabilité latente, ivresse chronique, quête amoureuse et impossible rédemption, constituent le fil directeur de ce monologue, oscillant subtilement entre vers libres incantatoires et petites situations narratives pour mieux revisiter de l'intérieur les ultimes moments de ce «suicidé de la société» extrême-orientale.
Outre le texte de Philippe Adam, le livre comprendra sa version intégrale en japonais (traduite par Fumio Chiba), ainsi qu'un CD d'une version musicale conçue par le compositeur Fabrice Ravel-Chapuis sous la forme d'un «opéra-parlé», déjà donné en concert avec succès à Tokyo et Kyoto. (CD 38 mn)

 

 

 

 

L'EMPIRE DES SIGNES
de Roland Barthes
>>> éditions Skira, Sentiers De La Creation, tirage épuisé.
>>> date de sortie : 9 septembre 2005 aux éditions du Seuil (Points Essais). 160 pages.

:le Japon est le pays du signe, du trait et de l'écrit ; son système symbolique est radicalement différent de celui qui régit les sociétés occidentales.
De retour d'un voyage au Japon, en 1970, Barthes rend compte de ce dépaysement, de cette « secousse » que lui a procuré sa rencontre avec l'écriture et les symboles japonais. Il ne s'agit pas d'une étude de l'art ou de la culture du Japon mais d'un traité du signe, de ses règles et de ses codes : tout vient nourrir l'analyse de Barthes, des visages aux estampes en passant par la cuisine.
Petite métaphysique des signes et des symboles, cet ouvrage est un livre culte pour tous ceux qui acceptent ce dépaysement absolu que représente la confrontation avec la civilisation japonaise. Les « mythologies » ici étudiées (les baguettes, la gare, le centre-ville, la papeterie, les paquets) nous demandent de nous déprendre de nos repères et codes culturels pour entrer dans un monde, un empire, entièrement consacré au signe et absolument sans équivalent.
En quelques mots
De retour d'un voyage au Japon, en 1970, Roland Barthes décide de consacrer un livre à ce pays où le travail du signe est incomparable. À partir de traits observés dans la rue, dans le théâtre, le graphisme, la nourriture, sur les visages, Barthes dresse un tableau de ce système symbolique sans équivalent, et pour nous absolument dépaysant. L'Empire des signes n'est donc pas un livre sur le folklore ou sur la civilisation du Japon : c'est un traité sur le signe, ses règles, ses codes et sa beauté.
Arguments commerciaux
Un livre indisponible depuis plus de dix ans et un ouvrage culte sur le Japon. On y retrouve la clarté et la finesse des analyses de Barthes et on se confronte à un système symbolique entièrement différent de celui qui a cours dans nos sociétés occidentales.

+ sur Périphérie.net :La terre est une orange

 

LE SABRE ET LE CHRYSANTHÈME
de Ruth Benedict
>>> éditions Philippe Piquier. Préface Jane Cobbi. Trad. Lise Mécréant, 1995. 320 pages.

:cet essai, écrit à distance, sur commande de l'Office of War Information, par une femme qui n'était jamais allée au Japon et en ignorait la langue, pour servir de manuel aux forces d'occupation américaines, réussit la gageure de demeurer, de l'avis général des Japonais, l'un des grands livres que l'on ait écrit sur eux. Des articles et des ouvrages ont, après lui, été publiés qui réfutent, complètent, approfondissent, réapprécient les interprétations de Ruth Benedict. Ces débats lui ont conféré la place d'une référence classique. " Ce livre traite des habitudes qui paraissent naturelles et que nul ne songerait à remettre en cause au Japon. Il traite des situations où tout Japonais peut compter sur la courtoisie et de celles où il se sent honteux, des circonstances où il éprouve de l'embarras, de ce qu'il exige de lui-même. " On y parle des règles de hiérarchie, de bienséance, de l'éducation des enfants, de morale sexuelle, de politique économique...

 

CHRONIQUES JAPONAISES
de Nicolas Bouvier
>>> éditions Payot (coll. Petite bibliothèques Payot / Voyageurs, n° 53), 1991. 227 pages.

:un récit brillant qui décrit le Japon des mégapoles, mais aussi le Japon avec ce qui fait sa singularité : ses valeurs, ses mythologies, ses coutumes et ses traditions. On retrouve la qualité descriptive de Nicolas Bouvier : une scène en une phrase, une sensation en une ligne...

Grand lecteur de Jules Verne, de Stevenson et d'Henry Michaux, Nicolas Bouvier, après des études de droit puis de lettres, part dès ses vingt-quatre ans pour son premier voyage au long cours, qui durera... quatre années. Il découvre la Yougoslavie, le Japon, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et Ceylan. Père fondateur du "travel writing" moderne, il a face au voyage une attitude particulière : un mélange de farfelu, d'hédonisme, un mépris du confort et de sa santé. Mais grâce à ses nombreux voyages, il comble son plus grand désir : aller à la rencontre de l'autre. Il exerce aussi pour pouvoir vivre, le métier d'iconographe.

 

 

LE DEHORS ET LE DEDANS
de Nicolas Bouvier
>>> poèmes, nouvelle édition revue et augmentée, 112 pages, Zoé, 1998.

:paru pour la première fois en 1982, Le Dehors et le Dedans est l'unique recueil de poésie de Nicolas Bouvier. Revue et augmentée, cette quatrième édition (1998) compte six nouveaux poèmes. Le dernier d'entre eux, Morte saison, date d'octobre 1997. .

 

 

 

TOKYO, PETITS PORTRAITS DE L'AUBE
de Michaël Ferrier
>>> éditions Gallimard, col. L'Infini, 2004. 105 pages.

:«La fenêtre est ouverte et c'est l'instant où la nuit touche le jour sur une tête d'épingle. Soudain, le temps n'a plus d'importance et se dissout dans une belle lumière blanche. C'est l'Éveil, on est arrivé tout au bout du Temps. Le monde s'ouvre dans un poudroiement de détails, vent frais, camélias dans les jardins en contrebas, stylo sur le bureau. Dans le silence de Kichi-jôji, deux cyclistes filent à vive allure dans la petite rue devant chez moi.»

 

 

SARINAGARA
de Philippe Forest
>>> éditions Gallimard, col. Blanche, 2004. 105 pages. Prix Décembre 2004

:Sarinagara signifie cependant. Ce mot est le dernier d'un des plus célèbres poèmes de la littérature japonaise. Lorsqu'il l'écrit, Kobayashi Issa vient de perdre son seul enfant : oui, tout est néant, dit-il. Mais mystérieusement, Issa ajoute à son poème ce dernier mot dont il laisse la signification suspendue dans le vide.

L'énigme du mot sarinagara est l'objet du roman qui unit trois histoires : celle de Kobayashi Issa (1763-1827), le dernier des grands maîtres de l'art du haïku, de Natsume Sôseki (1867-1916), l'inventeur du roman japonais moderne, et de Yamata Yosuke (1917-1966), qui fut le premier à photographier les victimes et les ruines de Nagasaki. Ces trois vies rêvées forment la matière d'un quatrième roman qui interroge à son tour la manière dont un individu peut parfois espérer survivre à l'épreuve de la vérité la plus déchirante.

Loin des représentations habituelles du Japon, plus loin encore des discours actuels sur le deuil et sur l'art, dans la plus exacte fidélité à une expérience qui exige cependant d'être exprimée chaque fois de façon différente et nouvelle, le texte de Philippe Forest raconte comment se réalise un rêve d'enfant. Entraînant avec lui le lecteur de Paris à Kyôto puis de Tôkyô à Kôbe, lui faisant traverser le temps de l'existence et celui de l'Histoire, ce roman reconduit le rêveur vers le lieu, singulièrement situé de l'autre côté de la terre, où se tient son souvenir le plus ancien : là où l'oubli abrite étrangement en lui la mémoire vivante du désir.

 

TOKYO DECIBELS
de Hitonari Tsuji
traduit du japonais par Corinne Atlan
>>> éditions Naïve, 2005. 210 pages.

:Arata est chargé par la mairie de contrôler les nuisances sonores de son quartier. Son appareil à mesurer les décibels en main, il parcourt Tokyo. Très vite se fait jour en lui l'étrange projet d'établir une carte sonore de la mégalopole. Ballotté entre Fumi, sa compagne qui s'éloigne de lui et qu'il finira par mettre sur écoute, et Mariko, sa partenaire de jeux érotiques qui répond au téléphone rose, Arata cartographie et donne forme à son trouble dans une ville devenue chambre d'échos de ses dissonances intérieures. Avec ce roman singulier et vibrant, Hitonari Tsuji déploie une Carte du Tendre où intrigues, incompréhensions, désirs passent par l'ouïe, masque et révélateur des sentiments...

l'auteur: Hitonari Tsuji est poète, romancier, leader et chanteur d'un groupe de rock japonais, cinéaste et photographe. Il a reçu en 1997 le prix Akutagawa, prix littéraire le plus prestigieux du Japon pour La Lumière du Détroit (Mercure de France) et en 1999, le prix Femina en France pour Le Bouddha blanc (Mercure de France). Il vit à Paris.


 

 

 

 

 

LA NOBLESSE DE L'ÉCHEC
Héros tragiques de l'histoire du japon
d'Ivan Morris
>>> Trad. de l'anglais par S. Nétillard, éditions Gallimard, col. Suite des Temps, 1980. 395 pages.

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LE ROMAN JAPONAIS DEPUIS 1945
de Nagai Kafu
>>> éditions PUF, coll. Ecritures, 1988.

:ouvrage conçu à l'usage du lecteur non japonais, à partir d'un cours donné à l'Université de Montréal en 1984. L'auteur ré-examine et restitue la société et la littérature japonaises de notre époque (jusqu'en 1970 environ) dans le contexte international et universel.

 

 

 

 

 

 

 

TATAMI POP
de Nadia Porcar
>>> éditions Pierre Mainard, col. Délirien, 2004. 112 pages.

:Tsunamis, une manière de notes en recettes de cuisine qui renvoient au texte et réciproquement, précéde Japonais Journal, tenu de janvier à juillet 2004 – c'est dire s'il est encore frais. Un journal, pour le moins éloigné des poncifs du carnet intime publié plus ou moins complaisamment. Non, ici le journal décalé à l'image du 8 juin intitulé : « Quelques uns de mes héros décalés en habit de lumière alpha, à ce jour » qui va de Allen Jean à Thorton Woody – bien sûr il faut lire toute la liste pour comprendre cette petite installation –, ou du 7 février : « Inventaire » : « D'ailleurs quelqu'un qui ne rêve pas, moi, j'ai rien à lui dire ». Sous sa délicate couverture rose, Tatami Pop en dit beaucoup sur le monde qui passe et le temps qu'on ne fixe pas, sur l'impossibilité de retenir les corps, même chaste… Le bleu nous va si bien…

 

 

TOKYO INFRA-ORDINAIRE
de Jacques Roubaud
>>> Inventaire/Invention éditions, 2003. 64 pages, tirage épuisé.
>>> à paraître : Tokyo infra-ordinaire 1 & 2, édition augmentée, Inventaire/Invention éditions, octobre 2005. 96 pages.

:Jacques Roubaud est un des plus importants auteurs contemporains. Depuis quarante ans, il poursuit l'élaboration d'une œuvre sans équivalent. Tokyo infra-ordinaire, qui aurait dû faire partie de son dernier ouvrage paru au Seuil, La bibliothèque de Warburg, est le récit "parenthétique" (et en couleur) d'un séjour de l'auteur à Tokyo construit selon le parcours circulaire de la plus célèbre ligne de métro de Tokyo, la Yamanote Line. Un livre où l'intelligence et la force poétique deviennent jubilatoires.

 

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LA FEMME DES SABLES
de Abé Kôbô
>>> trad. du japonais par Georges Bonneau, Livre de Poche 1992 et éditions Stock, 2000.

:un professeur parti à la découverte de quelque insecte des sables échoue dans un petit village du fond des dunes - village dont il ne pourra plus sortir. Comme les autres habitants, le voilà prisonnier du sable : le sable qui envahit tout, qui s'infiltre dans la moindre fissure et qu'il faut sans répit rejeter. Particulièrement dans le trou où est tapie la maisonnette qu'il habite en compagnie d'une femme fruste, vraie maîtresse-servante. Jour après jour, mois après mois, l'homme et la femme rejettent le sable. Cet esclavage est la condition même de leur survie. Lassé de cette routine, l'homme tentera de s'échapper, de retrouver sa liberté... Roman insolite d'une extraordinaire richesse, dur et angoissant, qui, sous l'exactitude et la précision des détails d'une fiction réaliste, retrouve la dimension des mythes éternels. Il ne s'agit de rien d'autre que de la condition humaine avec ses limites désespérantes, ses illusions et ses espoirs.

 

 

KITCHEN
de Banana Yoshimoto
>>> trad. du japonais par Dominique Palmé et Kyôto Satô, éditions Gallimard, 1987. 149 pages.

:que faire à vingt ans, après la mort d'une grand-mère, quand on se retrouve sans famille et qu'on aime les cuisines plus que tout au monde ? Se pelotonner contre le frigo, chercher dans son ronronnement un prélude au sommeil, un remède à la solitude.
Cette vie semi-végétative de Mikage, l'héroïne de Kitchen, est un jour troublée par un garçon, Yûichi Tanabe, qui l'invite à partager l'appartement où il loge avec sa mère. Mikage s'installe donc en parasite chez les Tanabe : tombée instantanément amoureuse de leur magnifique cuisine, elle est aussi séduite par Eriko, la «mère» de Yûichi Eriko, personnage ambigu et pur, transsexuel à la beauté éblouissante, qui, traversant le récit comme un soleil éphémère, va bientôt mourir à son tour de mort violente...
Banana Yoshimoto révèle dans Kitchen, à travers une sorte de «minimalisme flou», une sensibilité nourrie de paradoxes, une sensibilité dans laquelle toute une génération de jeunes Japonais s'est reconnue.

 

 

LA DÉCHÉANCE D'UN HOMME
de Dazai Osamu
>>> trad. G. Renondeau, éditions Gallimard, 1948.

:«Je suis devenu bouffon. C'était mon ultime demande adressée aux hommes. Extérieurement, le sourire ne me quittait pas; intérrieurement, en revanche, c'était le désespoir.» Ainsi se présente Yôzô, né dans une famille riche du nord du Japon, qui veut être peintre, abandonne ses études au lycée de Tôkyô pour travailler dans des ateliers, mais s'initie plus vite au saké et aux filles qu'au dessin et à la peinture. D'amours malheureuses en amours malheureuses, après n'avoir été qu'un médiocre caricaturiste de revues de second ordre, il échoue à vingt-sept ans, malade, tel un vieillard, dans une vieille chaumière, irréparable d'où il rédige l'histoire de sa vie, «vécue dans la honte», et alors qu'il ne connaît plus désormais ni le bonheur ni le malheur.

 

 

SOLEIL COUCHANT
de Dazai Osamu
>>> trad. G. Renondeau, éditions Gallimard, 1947.

:une femme de l'aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne. Sa fille, Kazuko, mobilisée, travaille la terre. Son fils, Naoji, revient de la guerre intoxiqué par la drogue. Le frère et la soeur se durcissent contre le malheur des temps et clament leur révolte et leur désespoir. Tels sont les "gens du Soleil couchant" (lancée par Osamu Dazai, cette expression a fait fortune au Japon, au point de qualifier aujourd'hui, jusque dans les dictionnaires, les membres déchus de l'aristocratie). En dépit de leur vie inquiète et désordonnée, ils ont gardé les meilleures traditions de leur pays. A cet égard, le testament de Naoji éclaire de façon émouvante son attitude devant la vie et devant le Japon. Kazuko veut un enfant, et sa foi en la vie force la sympathie, en dépit de ses écarts de conduite, de tout le nihilisme de son comportement et de son langage. Elle et son amant sont les "victimes d'une période de transition morale". Document de première importance sur l'effondrement d'une société, Soleil couchant est aussi - et c'est ce qui donne à l'oeuvre son accent dramatique si personnel - un document sur un homme en qui l'on s'accorde à reconnaître l'un des plus grands écrivains de son pays.

 

 

CENT VUES DU MONT FUJI
de Dazai Osamu
>>> trad. Didier Chiche, éditions Philippe Piquier, 1947.

:c'est par ces récits majeurs que Dazai Osamu (1909-1948) a laissé une empreinte considérable sur la littérature japonaise moderne, suscitant encore de nos jours une immense admiration. On le lit dans les écoles, on le commente, on le cite : il est maintenant un classique du XXe siècle au panthéon littéraire du Japon. Une vie traversée de doute, d'inquiétude, de dégoût. Une réputation scandaleuse de buveur désespéré, d'amoureux suicidaire et d'amateur de drogues le suivra toute sa vie. On peut lire ces récits, tous nourris de la vie de l'auteur, comme autant de croquis, de choses vues, comme autant de photographies que l'on disposerait dans un album si l'on veut découvrir un homme ; mais il faut les relire pour découvrir un écrivain, pour entendre cette petite musique, ce curieux mélange de véhémence, d'humour et de familiarité qui dans une même page fait coexister l'envolée lyrique, l'émotion murmurée et le ton du journal intime.

 

 

PAYS NATAL
de Dazai Osamu
>>> trad. Didier Chiche, éditions Philippe Piquier, 1944.

:l'enfant terrible des lettres japonaises, le décadent, l'écrivain désespéré, alcoolique et drogué, hanté par l'autodestruction et traînant son ennui jusqu'au suicide : telle est l'image qu'on a le plus communément de Dazai, au Japon sans doute, mais peut-être plus encore à l'étranger. Lui-même ne s'est pas fait faute de cultiver savamment - comme dans Cent vues du mont Fuji - le désespoir, la solitude, le sentiment d'être à juste titre mal aimé, et la fascination de l'échec. Avec Pays natal, à travers l'histoire, pleine d'humour et d'ironie mais aussi d'émotion, d'un écrivain en voyage, nous découvrons un autre Dazai. Le voyage à Tsugaru, son pays natal, se présente comme un retour de l'enfant prodigue, cédant à un mouvement d'heureuse nostalgie, en quête d'amour et d'amitié, réconcilié avec lui-même. Plus que sa famille, il va revoir ses amis, des humbles, des paysages : souvenirs d'enfance, entretiens littéraires, propos de table s'entremêlent pour parler de lui-même et de ses choix de vie, pour composer ce texte souvent lumineux, inclassable et souriant qui, par sa simplicité familière, évoque une lettre écrite à un ami.

 

 

LES DEUX BOSSUS
de Dazai Osamu
>>> trad. Silvain Chupin, éditions Philippe Piquier, 1945.

:des contes populaires auxquels le grand romancier japonais donne une interprétation originale par le biais d'un narrateur censé les lire à sa fille dans un abri antiaérien. Réflexions personnelles, allusions autobiographiques, considérations sur la guerre, humour s'y mêlent pour donner à ces contes une tonalité particulière.

 

 

 

MES DERNIÈRES ANNÉES
de Dazai Osamu
>>> trad. Juliette Brunet et Yuko Brunet, éditions Fayard, 1932 à 1936.

:« En 1933, j'avais vingt-cinq ans et je devais terminer mes études universitaires. Mais je ne me présentai même pas aux examens. Je vécus ces deux années dans l'enfer, un enfer à me rendre fou. J'obtins à force de supplications auprès de ma famille un sursis d'un an. Je trahis ma promesse une année de plus, et encore l'année suivante. Plongé dans une culpabilité mortifiante, le mépris de moi-même et la terreur, j'écrivais; je ciselais une série de nouvelles que j'appelai " testament ". Je pariais ma vie sur ces écrits. Trois, quatre... je plaçai soigneusement mes textes dans une grande enveloppe, sur laquelle je traçai à l'encre noire avec un pinceau Mes dernières années. »
Du Journal d'un carquois en galuchat , qui conte de manière envoûtante la métamorphose d'une jeune fille en poisson, à Feux follets dans un cimetière, où se nouent les instants brefs de plusieurs destinées, en passant par Souvenir, fable autobiographique d'une enfance dans la campagne japonaise du début du siècle, les quinze récits de ce recueil publié en 1936 devaient constituer non pas le testament d'Osamu Dazai, mais le point de départ de son oeuvre romanesque.

 

 

LA FEMME DE VILLON
de Dazai Osamu
>>> première traduction par Paul Anouilh dans le Bulletin de l'Association des Français au Japon n°93-94.
>>>
trad. Sylvain Chupin, éditions du Rocher, 1947.

:« Sans but, j'ai pris la direction de la gare, où j'ai acheté un sucre d'orge à un marchand ambulant, que j'ai donné à mon fils, puis, l'idée me traversant l'esprit, j'ai acheté un ticket pour Kichijôji et je suis montée dans un train. Là, me tenant à une poignée, je regardais vaguement une affiche suspendue au milieu de l'allée, quand j'ai vu le nom de mon mari. C'était une publicité pour une revue dans laquelle il publiait un long essai intitulé François Villon. Tandis que je contemplais ce titre et le nom de mon mari, des larmes de douleur, je ne sais pas pourquoi, ont jailli de mes yeux et embué ma vue. »

 

 

LE JEU DE L'INDULGENCE
Étude de psychologie fondée sur le concept japonais d'amae
de Doi Takeo
>>> trad. Dale Saunders, éditions Langues et Mondes - L'Asiathèque, 1982. 134 pages.

:cet ouvrage projette une lumière originale sur le sentiment de dépendance affective, phénomène à la fois universel et vécu de façon particulière au Japon. Du mot amae, indulgence, dérive le verbe amateur, faire amae, se prévaloir de l'amour ou de l'amitié de quelqu'un : dans le prélangage enfantin, le mot amae renvoie à la notion de sucré. Une multitude de verbes japonais présentent des variations à partir d'amae, ce qui conduit à penser que ce sentiment est au coeur de la vie affective des Japonais.

 

 

 

 

 

L'ENDROIT ET L'ENVERS
Essai sur le fonctionnement de l'identité au Japon
de Doi Takeo
>>> trad. Dale Saunders, éditions Philippe Piquier, xxx. xx pages.

:faisant suite au Jeu de l'indulgence (Asiathèque), l'auteur, célèbre psychiatre et psychanalyste japonais, parvient à cerner et à expliquer les modalités du fonctionnement de l'identité japonaise : le double visage du moi, fondé sur le goût pour l'ambivalence des choses, la contradiction, le secret, voire la duplicité.

 


 

NUAGES GARANCE
de Inoué Yasushi
>>> trad. du japonais par Aude Fieschi, éditions Philippe Piquier, 2005. 196 pages.

:les enfants dont nous parle Inoué jouent, sautent, rient, font des pâtés de sable, pleurent comme il est normal de le faire à leur âge. Mais lorsqu'ils sont de gré ou de force plongés dans le monde des adultes, la candeur et la naïveté qu'on associe à l'enfance se muent en une intuition aiguë et en une intelligence des situations les plus complexes. Ils n'hésitent pas alors à perturber le jeu des adultes, ils aiment fureter là où il ne faut pas et peuvent aussi connaître les tourments de la jalousie et les humiliations, en même temps que de grands émois.
Inoué Yasushi est un écrivain japonais mort en 1991.

 

 

UN AMOUR INSENSÉ
de Junichirô Tanizaki
>>> trad. du japonais par Marc Mécréant, éditions Gallimard, date d'origine: 1925 puis 199. 276 pages.

:dans le Japon des années vingt, un ingénieur de trente ans, Jôji Kawai, modèle du «type bien», s'éprend d'une jeune serveuse de quinze ans, Naomi, qui rêve de devenir «terriblement moderne». L'occidentalisation, cette plaie du Japon moderne, thème majeur de l'œuvre de Tanizaki, fait de Naomi un être irréductiblement cynique, vulgaire, inconstant, dont les roueries et l'érotisme, cependant, fascinent Jôji Kawai. Amoureux, il l'épouse. Un amour insensé est la chronique douloureuse et ironique de leur vie conjugale.

 

 

ÉLOGE DE L'OMBRE
de Junichirô Tanizaki
>>> trad. du japonais par René Sieffert, éditions Publications Orientalistes de France, 1977. 110 pages.

:l'auteur nous livre ses réflexions sur la conception japonaise du beau.

 

 

 

 

LES BELLES ENDORMIES
de Kawabata Yasunari
>>> trad. du japonais par René Sieffert, éditions Albin Michel et Le Livre de Poche, date d'origine: de 1960 à 1961. 124 pages.

:dans une étrange maison de prostitution, les "Belles Endormie", parées de leurs charmes, attendent des "clients de tout repos", des hommes dans leur grand âge. Ainsi Eguchi y passera des nuits inoubliables, admirant les splendeurs offertes et évoquant en de longues méditations entrecoupées de rêves les femmes qui ont marqué sa vie. Mais ces "Belles" ne seraient-elles pas, comme dans certaines vieilles légendes, des "avatars de quelque Bouddha", comme cette "dame d'Eguchi" que célèbre un fameux nô du XIVe siècle ?
Traduit en 1970, deux ans avant sa mort, Les Belles Endormies demeure le chef-d'œuvre incontestable de Yasunari Kawabata. L'écrivain japonais, prix Nobel de littérature en I968, y décrit avec minutie ce pavillon des délices où règnent trouble et fascination. En de brèves phrases où reviennent sans cesse et jusqu'à l'obsession les mots les plus simples, il dépeint la solitude d'un homme qui conserve la lucidité et le détachement d'un esthète.

 

 

LIGNES
de Murakami Ryû
>>> trad. du japonais par Sylvain Cardonnel, éditions Philippe Piquier, 1998. xx pages.

:Mukai, Junko, Yukari, Takayama, Akemi, Kaoru, Sugino, Chiharu... et les autres. Dans ce roman polyphonique, à la structure éclatée, Murakami déroule inexorablement les destins d'êtres enfermés dans leur solitude et qui n'ont que leur désespoir à échanger. De petits drames en vraies détresses, de confessions en soliloques balbutiés, les personnages disparaissent les uns après les autres, comme dans une course de relais après le passage du témoin. L'espace d'une nuit, vingt trajectoires se croisent dans la mégapole de Tôkyô, rencontres de hasard cousues l'une à l'autre par la violence, laissant au lecteur stupéfait une douloureuse impression de vertige.

 

 

LES BÉBÉS DE LA CONSIGNE AUTOMATIQUE
de Murakami Ryû
>>> trad. du japonais par Corinne Atlan, éditions Philippe Piquier, 1998. 528 pages.

:dans un style déroutant mêlant l'horreur au comique, la poésie à des images de bande dessinée, avec une imagination foisonnante, Ryû Murakami nous offre une vision de cauchemar du Japon de cette fin de siècle.

 


CHRONIQUES DE L'OISEAU À RESSORT
de Murakami Haruki
>>> trad. du japonais par Corinne Atlan et Karine Chesneau, éditions du Seuil, 2004. 847 pages.

:un chat égaré, une inconnue jouant de ses charmes au téléphone, des événements anodins suffisent à faire basculer la vie d'un jeune chômeur, Toru Okada, dans un tourbillon d'aventures. L'espace limité de son quotidien devient le théâtre d'une quête sans cesse renouvelée où rêves, réminiscences et réalités se confondent. Aucune frontière, physique ou symbolique, ne résiste à l'effervescence des questionnements qui s'enchaînent au rythme de rencontres déroutantes, chacune porteuse d'un secret, d'une fragilité propre.
Haruki Murakami ( La Course au mouton sauvage , La Ballade de l'impossible ) tente de nous donner à voir la part d'ombre des choses et des êtres. Replaçant la méditation bouddhique dans la violence contemporaine du japon ou d'ailleurs, il se propose d'explorer nos ténèbres intérieures. Sans se départir d'un humour où perce la détresse, il emmène le lecteur dans un monde fantastique où, toujours plus fuyante, la réalité n'en devient que plus envoûtante.

 

 

AU SUD DE LA FRONTIÈRE, À L'OUEST DU SOLEIL
de Murakami Haruki
>>> trad. du japonais par Corinne Atlan, éditions Belfond et coll. 10/18, n° 3499, 1992. xx pages.

:célébré dès les années quatre-vingt comme une pop star littéraire au Japon, considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature japonaise contemporaine, Haruki Murakami est devenu un auteur culte dans le monde entier. En tissant le destin d'un homme désenchanté pris dans les rets d'une étrange passion, il signe un roman plus intimiste, une oeuvre de maturité.
À douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-san, sa petite voisine. Avec elle, il découvre la musique, les sourires complices, les premiers frissons sensuels... Et puis celle-ci déménage, laissant à son ami le goût amer de l'abandon. Lorsque, trente ans plus tard, elle réapparaît, Hajime, rongé par le désir et la nostalgie, est envoûté par cette femme énigmatique, reflet de ses rêves perdus. Mais sous les traits délicats du visage de Shimamoto-san se cachent la souffrance, la folie et la destruction.
Conte moderne dont émane un érotisme discret mais obsédant, ce roman, servi par une écriture d'une formidable densité, entraîne le lecteur au coeur des contradictions de héros en quête d'un inaccessible absolu.

 

 

APRES LE TREMBLEMENT DE TERRE
de Murakami Haruki
>>> trad. du japonais par Corinne Atlan, éditions 10/18, 2000.

:dans ce recueil de nouvelles, le tremblement de terre de Kobe tient lieu à la fois de métaphore de l'époque actuelle, avec son avant-goût de fin du monde, et de symbole d'une faille intérieure présente en tout être : chaque existence ne se déroule-t-elle pas au bord d'un gouffre, celui de la mort ? L'étrange, le morbide, le burlesque, font irruption de manière imprévue dans la vie des personnages : un voyage anodin débouche sur le rendez-vous inquiétant du héros avec lui-même ; un jeune homme en perdition prend conscience de son lien au cosmos après d'étonnants détours ; des vacances en Thaïlande prennent un sens initiatique pour une femme blessée et vieillissante ; l'intervention d'une grenouille géante dans la vie d'un banal employé de banque en fait le héros de sa propre vie intérieure, un écrivain peu doué pour la vie réelle s'ouvre enfin à l'amour grâce à la petite fille pour qui il invente des histoires. Les personnages, englués dans des vies qui leur échappent, vivent comme en rêve, absents à eux-mêmes, et découvrent brutalement, grâce au tremblement de terre qui sert de catalyseur à leurs angoisses, la nécessité de vivre pleinement, dans l'instant, sans attendre. Tout l'art de Murakami réside dans sa façon de décrire par petites touches les légers dérapages de la vie, comme d'imperceptibles glissements de terrain, annonciateurs de secousses profondes préparées dans la nuit de l'inconscient. Rêve et réalité, conscient et inconscient, passé et présent se confondent dans ces portraits d'êtres fragiles, aux blessures secrètes mais toujours prêtes à se rouvrir. Ces personnages attachants, pétris à la fois de banalité et de mystère, sont parfois inquiétants comme la vie même, toujours frémissante d'on ne sait quels séismes qui peuvent nous ravager intérieurement.

 

 

INTERMINABLEMENT LA PLUIE
de Nagai Kafu
>>> trad. du japonais par Pierre Faure, éditions Maisonneuve-Larose et éditions Philippe Picquier (1994), date d'origine 1912. 187 pages.

:par petites touches, de confidences esquissées en dissertations sur les plaisirs de la vie, dans un lyrisme contenu, Kafû verse au coeur du lecteur un univers fait de poésie et d'élégance classique, d'érudition et de rêveries inépuisables. Attentif à mille détails, à d'éphémères intimités, au timbre d'une voix, à des jeux de lumière au détour d'un regard ou d'un souvenir, il décrit avec amour et nostalgie ce Japon ancien, ce monde du plaisir qu'il voyait disparaître et que Pierre Faure, son interprète idéal, nous fait partager.

 

 

LA TOMBE DES LUCIOLES
de Nosaka Akiyuki
>>> trad. du japonais par Patrick de Vos et Anne Gossot, éditions Philippe Picquier (1994), 1967.

:C'est avec ces deux récits admirables et particulièrement bouleversants, couronnés en 1968 par le prix Naoki, l'une des plus hautes distinctions littéraires, que Nosaka conquit la notoriété. Peu de temps auparavant, Mishima avait applaudi à son premier roman : Les Pornographes, roman scélérat enjoué comme un ciel de midi au-dessus d'un dépotoir. La Tombe des lucioles, visionnaire et poignant : l'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage et que la faim tue. Voici une prose étonnante, ample, longue, proustienne dans le sens qu'elle réussit à concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, mais prose très violente, secouée de mots d'argot, d'expressions crues, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle, d'images quasi insoutenables - prose parcourue d'éclairs.


 

 

YAPOU, BETAIL HUMAIN (volume 1)
de Numa Shozo
>>> trad. du japonais par Sylvain Cardonnel, éditions Désordres / Laurence Viallet, octobre 2005. 196 pages.

:À la manière d'un Jules Verne extravagant et pervers, Shozo Numa explore le système de domination que subit le Yapou au 41ème siècle (homme nippon rabaissé au rang de bétail). La chute d'un vaisseau spatial à la fin des années soixante bouleverse la vie d'un jeune couple (une Allemande et un Japonais). L'occupante de la soucoupe vient du futur, et vit sur sa planète où les Yapous – descendants des Japonais – sont traités comme du bétail par les femmes blanches dominantes et utilisés comme des objets aux fonctions diverses.
Yapou , détournement masochiste de la fascination nippone pour le raffinement technologique, représente la quintessence littéraire de la détestation de soi des Japonais traumatisés par l'Histoire. Cette dystopie délirante, marquée par un humour noir et grinçant (on pense à Jonathan Swift) a commencé d'être publiée en 1956. Ce livre culte est considéré comme le plus important roman de science-fiction japonaise et comme le texte le plus étrange publié au Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

 

 

MOI, D'UN JAPON AMBIGU
de Oé Kenzaburô
>>> trad. du japonais par René de Ceccaty et Ryoji Nakamura, éditions Gallimard, 1995. xx pages.

:le présent ouvrage rassemble quatre textes du grand romancier japonais : outre le discours prononcé à l'occasion de la remise du prix Nobel, il s'agit de trois conférences sur la culture japonaise, la littérature contemporaine et le problème politque de la prise de position des écrivains japonais depuis la Seconde Guerre mondiale.
Qu'il retrace sa propre carrière d'écrivain en remontant jusqu'à son enfance «au milieu de la forêt», loin de Tôkyô, qu'il revienne sur l'histoire récente du Japon en évoquant à la fois l'importance de la philosophie zen et l'attirance du modèle occidental, ou qu'il parle de l'ambiguïté politique du Japon entre son passé militariste et Hiroshima, Ôé le fait toujours avec une honnêteté intellectuelle et une intelligence rares. De larges développements sont également consacrés aux auteurs qui ont influencé ou marqué Kenzaburô Ôé tout au long de sa vie.
L'ensemble permettra au lecteur français de comprendre la place qu'occupe Ôé dans le paysage actuel de la littérature et de la société japonaises, et de mieux appréhender l'originalité de son œuvre et de son style.

 

 

DITES-NOUS COMMENT SURVIVRE À NOTRE FOLIE
de Oé Kenzaburô
>>> trad. du japonais par Marc Mécréant, éditions Gallimard, De 1958 à 1971. xx pages.

:deux drames marquent ces quatre nouvelles : la guerre - Kenzaburô Ôé avait dix ans en 1945 -, et la naissance, en 1964, de son fils anormal qui lui a révélé le véritable chemin de la vie. Si les récits de Kenzaburô Ôé ne sont jamais totalement autobiographiques, tous en revanche prennent naissance dans son expérience personnelle.
Dans Gibier d'élevage , l'auteur décrit l'impact sur les esprits, dans un village montagnard, de la présence d'un prisonnier noir américain.
Dans Dites-nous comment survivre à notre folie , nous ont contés les efforts d'un père pour nouer avec son fils handicapé mental des relations aussi étroites et fines que possible.
La dernière nouvelle est l'un des textes les plus déconcertants et les plus complexes de ce romancier qui fut couronné par le prix Nobel en 1994.

 

 

UNE AFFAIRE PERSONNELLE
de Oé Kenzaburô
>>> trad. du japonais par Claude Elsen, éditions Stock, 1964. xx pages.

:empreint d'une étrange violence intérieure, Une affaire personnelle est un roman cruel et douloureux : Bird, le héros de cette bouleversante histoire, a vingt-sept ans et son épouse vient de mettre au monde un enfant anormal. Déchiré par des sentiments contradictoires, dont l'immense tentation de se débarrasser du nouveau-né, le jeune père ira-t-il jusqu'à tuer de ses mains le bébé monstrueux ? Durant trois longues journées, Bird cherchera en vain dans l'alcool et les bras d'une possible «complice» la force de mener à son terme sa fuite en avant.

 

 

ARRACHEZ LES BOURGEONS, TIREZ SUR LES ENFANTS
de Oé Kenzaburô
>>> trad. du japonais par René de Ceccaty et Ryoji Nakamura, éditions Gallimard, 1958. xx pages.

:pendant la Seconde Guerre mondiale, des enfants d'une maison de correction fuient les bombardements et se réfugient dans un village de montagne. Leur éducateur les place sous l'autorité d'un maire convaincu qu'un mauvais enfant doit être supprimé «dès le bourgeon». Le jeune narrateur et son petit frère font partie de ce groupe de délinquants bientôt à la merci des villageois haineux, qui les contraignent à enterrer des animaux victimes d'une épidémie. Quand trois personnes meurent, contaminées, les villageois, pris de panique, abandonnent le village en y enfermant les enfants, qui prennent possession des maisons désertées et esquissent même les règles d'une vie en société. Temps suspendu, unique dans cette histoire de bruit et de fureur, où s'expriment les douceurs de la fraternité et les joies d'un premier amour. Malgré la présence d'un jeune Coréen et d'un soldat déserteur qui tentent de les aider, l'affrontement avec les villageois de retour ne pourra être évité.
Cette impressionnante fable sociale écrite en 1958 appartient à la grande veine de Kenzaburô Oé. Densité, richesse d'analyse, foisonnement de l'imagination, violence, émotion : toutes les qualités du Prix Nobel se trouvent réunies.

 

 

 

NOTES DE CHEVET
de Sei Shônagon
>>> trad. du japonais par André Beaujard, éditions Gallimard, 1998. 325 pages.

:dans une traduction extrêmement élégante d'André Beaujard, nous présentons au lecteur français un des plus beaux livres de la littérature japonaise, les Notes de chevet de Sei Shônagon. Composées dans les premières années du XIe siècle, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian, au moment où Kyôto s'appelait Heiankyô, c'est-à-dire «Capitale de la Paix», par une dame d'honneur, Sei Shônagon, attachée à la princesse Sadako, laquelle mourut en l'an 1000, les Notes de chevet appartiennent au genre sôshi, c'est-à-dire «écrits intimes». Avec Les heures oisives de Urabe Kenkô et les Notes de ma cabane de moine de Kamo no Chômei, les Notes de chevet de Sei Shônagon proposent, sous forme de tableaux, de portraits, d'historiettes, de récits, une illustration du Japon sous les Fujiwara.
Avec l'auteur du Roman de Genji, Noble Dame Murasaki, Sei Shônagon est une des plus illustres parmi les grands écrivains féminins du Japon. Si l'auteur du Roman de Genji est constamment comparé, dans son pays, à la fleur du prunier, immaculée, blanche, un peu froide, Sei Shônagon est égalée à la fleur rose, plus émouvante, du cerisier. Ceux qui liront, nombreux nous l'espérons pour eux, les Notes de chevet sont assurés de découvrir un des plus beaux livres jamais écrits en langue japonaise, et qu'une introduction et des notes leur permettront de goûter dans le plus intime détail, y compris tous les jeux subtils sur les mots.

 

 

MÉMOIRES D'UNE GEISHA
de Yuki Inoué
>>> trad. du japonais par Karine Chesneau, éditions Philippe Piquier, 1980. 279 pages.

:née en 1892, vendue à l'âge de huit ans, Kinu Yamaguchi fera l'apprentissage du dur métier de geisha. C'est un peu l'envers du décor qu'elle raconte : avant de porter le kimono de soie, il lui faudra vivre un apprentissage rigoureux, étudier tous les arts de divertissement et endurer pour cela privations, exercices physiques traumatisants, soumission aux coups sous les ordres de la " Mère " et des " grandes soeurs ". Après son initiation sexuelle, elle s'enfuira, puis reviendra vivre dans le " quartier réservé " avant de devenir elle-même patronne d'une maison de geishas.
Récit bouleversant, description édifiante de la vie de tous les jours dans l'intimité d'une okiya, avec ses cérémonies, ses coutumes, ses fêtes et ses jeux. On y entend des histoires de plaisirs, de chagrins, de courage aussi, qui éclairent sous un jour nouveau ce monde fermé sur lequel l'Occident ne cesse de s'illusionner.

 

 

Photographies, architecture et urbanisme

 

TOKYO
Architecture et urbanisme
de Livio Sacchi
>>> éditions Flammarion, 2005. 244 pages.

:cet ouvrage dresse un tableau de cette métropole étonnante et nous fournit des clés pour tenter de la comprendre, à travers des reconstitutions historiques. des aperçus sur la littérature relative au sujet et des approfondissements théoriques, nourris d'exemples nombreux et variés.

 

 

TOKYO NOBODY
1990 - 2000
de Masataka Nakano
>>> éditions Little More, 2000. 96 pages.

:ces photographies réalisées sur onze ans présentent des scènes de rues, de quartiers de Tokyo vidés de leurs habitants, de toute présence humaine.

>>> présentation du livre

 

TOKYO ÉLECTRIQUE
de Marc KOBER, Corinne QUENTIN, Fujino CHIYA, Shiina MAKOTO, Hayashi MARIKO, Morita RYUJI, Muramatsu TOMOMI
>>> ouvrage en Japonais traduit par Corinne Quentin, éditions Autrements. 224 pages.

: "Il faisait nuit. Depuis un moment déjà Natsumi avait fini par réussir à coucher sa fille unique qui devait dormir maintenant.
Pourtant, cheveux brun lâchés, légères boucles naturelles ondulant sur les épaules, la petite Mika fit soudain irruption dans le salon.
- Dis, maman, pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de femmes dans les postes de la police ?
Un brin de timidité perçait dans sa voix.
Natsumi, plongée dans "Deep Impact" qu'elle venait de louer au magasin de vidéos - "Hein ? j'en sais rien !" - répondit un peu sèchement. - Et puis regrettant immédiatement sa réaction : "C'est vrai ça, après tout, pourquoi n'ya-t-il pas de femmes dans les postes de police ?"
Des boîtes, des bars, des dancings à Shinjuku. Une prostituée philippine, un commissariat de police, la peluche Pi-Po.
Un peu d'amour, beaucoup de rêves, une femme qui n'arrive pas à prendre le train et une autre qui réapparaît brusquement.
Autant d'éclats d'histoires qui, de nuit comme de jour, illuminent la ville de Tokyo, ses rues, ses recoins, ses lignes de métro.
Cinq écrivains japonais de premier plan, encore inconnus en France, nous livrent leur vision de leur ville dans des textes indédits.

 

 

 

Arts plastiques

 

DONAI YANEN !  ET MAINTENANT !
commisaire de l'expo: Eric Mézil
>>> catalogue de l'exposition, Ensba, Paris 1998. Français/Japonais. 300 pages

:ce catalogue permet à la fois de restituer le contenu de l'exposition et d'introduire quatre auteurs japonais qui sont traduits pour la première fois en France. Chaque contribution a été choisie selon les thématiques de l'exposition. Une quarantaine de notices explicatives sur les artistes accompagnent les oeuvres reproduites en couleur.

 

 

 


106 BEAUTES JAPONAISES
artiste: Philippe Terrier-Hermann
auteur: Christine Buci-Glucksmann
>>> 106 photos
Edition bilingue (Français/Anglais)
Format 14,5/20cm / Fil textile, tranchefils
130 pages quadrichromie Papier semi mat 170 gr.
Archibooks + sautereau éditeur

: Percer le mystère de la culture japonaise et plus particulièrement l'essence de son esthétisme, telle, était la gageure que s'était fixée Philippe Terrier-Hermann. Comme dans une certaine réalité, il a d'abord créé un panel d'opinion composé d'une centaine de représentants du Japon à Paris, une sorte "d'élite japonaise" en France censée incarner l'âme de son pays. De Kenzo aux présidents de Suzuki, de Toshiba ou de la Maison de la culture du Japon, qu'il rencontra un par un, il définit une liste de sites et concepts à mettre en image. Ce travail propose donc à travers une chasse aux trésors esthétiques, passée par le filtre des techniques d'études marketing, d'étudier une question éminemment romantique. Philippe Terrier-Hermann nous donne à voir une version moderne du voyage photographique du XIX siècle mais emprunt des réalités sociales et économiques actuelles.


TAKASHI MURAKAMI
de Hélène Kelmachter
>>> Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, 2002. Français/Anglais.

:avec Takashi Murakami, Kaikai Kiki, la Fondation Cartier pour l'art contemporain présente du 27 juin au 27 octobre 2002, un artiste et un créateur d'expositions-manifestes : Takashi Murakami. Bien qu'inscrite en écho au Japon traditionnel de l'ère Edo, l'œuvre de Murakami est le reflet de la société contemporaine et de la nouvelle culture japonaise, imprégnée de l'imaginaire des mangas. Considéré comme l'un des chefs de file du néopop japonais, Murakami revendique l'héritage de Warhol et du pop art américain, tout en analysant la manière dont l'art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental. Pour sa première exposition personnelle en Europe, Takashi Murakami a choisi de présenter ses œuvres les plus récentes.

De ses sculptures monumentales, ses peintures, à ses papiers peints en passant par un ballon, la plupart des œuvres exposées à la Fondation Cartier pour l'art contemporain a été réalisée spécialement pour l'occasion et offrira un large aperçu de l'univers de l'artiste.

 

 


Bd

 

LES RÊVES D'UNE GRENOUILLE
de Kazuo Iwamura
>>> littérature jeunesse, éditions Autrement, 2003. 56 pages.

:assise sur un brin d'herbe que le vent berce, une toute petite grenouille, un peu philosophe et poète, réfléchit. Son amie la souris lui donne la repartie. Elles regardent le soleil se coucher. La grenouille nous fait part de toutes ses interrogations et impressions, cette fois autour de la nuit... Le lendemain matin, la grenouille et la souris se racontent leurs rêves puis réfléchissent à une question troublante : qui invente nos rêves ?

Kazuo Iwamura est illustrateur de jeunesse japonais. Né à Tokyo en 1939.



 

La sélection de Philippe Adam
Commencer par les pérecquiennes "Notes de chevet" de Sei Shonagon pour le plaisir de se retrouver dans le Japon du XIème siècle et y lire la liste des choses splendides, des choses peu rassurantes et des choses dont on a aucun regret.
Poursuivre en faisant un bond jusqu'à se blottir dans les bras des "Belles endormies" de Kawabata, un des chefs-d'oeuvre de la littérature mondiale.
Continuer en lisant "Après le tremblement de terre" de Murakami Haruki, bref recueil de nouvelles traduites par l'amie Corinne Atlan, nouvelles qui donnent l'idée d'un Japon presque ordinaire, loin des temples, des gadgets et du bondage façon Araki.
En passant, les mordus pourront lire "La noblesse de l'échec" d'Ivan Morris, et "Le roman japonais depuis 1945" de Nagao Nishikawa, les moins mordus ne pouvant pas faire l'économie de "L'éloge de l'ombre" de Tanizaki.
On finira en beauté en lisant tout Dazai Osamu, auteur majeur complètement éclipsé en France, et tout Dazai c'est "La déchéance d'un homme", "Soleil couchant" (Gallimard), "100 vues du Mont-Fuji" "Pays natal" "Les deux bossus" "Mes dernières années" ainsi que le récent "La femme de Villon" publié aux éditions du Rocher.

 

 

La sélection d'Agnès Disson
Pour votre anthologie Japon, du côté le Japon vu par … , après réflexion je ne vois à recommander que l 'incontournable Bouvier, seul irréprochable sur la question :
- Nicolas Bouvier, Chronique japonaise, V oyageurs Payot, 1989
on peut ajouter le joli petit journal récent, très juste, de Nadia Porcar :
- Tatami Pop, Nadia Porcar, éditions Pierre Mainard, 2004
Côté ouvrages japonais traduits en français, voulez -vous dire toute la littérature japonaise ? c'est énorme … et là il y a un problème : celui de la traduction, justement.
Aucun snobisme de ma part, mais je ne lis pratiquement que des traductions anglaises, les japonologues français m 'ayant toujours déçue, le travail d'écriture ou de style n'étant pas leur priorité, le littéral souvent suffit …
Je retiens un livre, parce que j'adore Kafû, merveilleux écrivain de l'ère Taisho et du Tokyo des années 20 :
- Nagai Kafû, Interminablement la pluie, traduction et commentaires de Pierre Faure, Philippe Picquier, 1994