Sylvain Cardonnel


Sylvain Cardonnel vit au Japon. Il est le traducteur de Ryû Murakami.

 

 


Traduit du Japonais par Sylvain Cardonnel:

/dans le cadre du Projet Jet Stream / le Japon contemporain vu par...

Jet Stream 1 / le Japon contemporain vu par...

Topaze et autres nouvelles
de Murakami Ryû, Inventaire/Invention éditions, 2005.

[ Quelque chose d’indicible flottait dans l’atmosphère du hall de cet hôtel.
Quelque chose dans le sol en marbre d’Ichimatsu, les fresques murales, les chandeliers en cristal, entre les gens qui traversaient le hall et ceux qui attendaient.
Étais-je la seule à ressentir cela ?
C’est sûr que je suis un peu spéciale. Je ne fais pas partie
du personnel de l’hôtel. Je ne suis pas non plus une cliente.
Je n’ai pas été invitée à une réception. Je suis une sorte de parasite. Je suis une call-girl que les clients font monter discrètement et, qui plus est, pas pour de la baise ordinaire. ]

Ces quatre nouvelles ( TopazeLe jardin publicLe combiné du téléphoneLa fille au nez tordu ), inédites en français, sont tirées du recueil Topazu, publié au Japon en 1988 aux éditions Kadokawa. L’auteur l’a adapté au cinéma ; le film est sorti en France en 1999 sous le titre Tokyo Decadence et fait l’objet d’un certain culte, en Europe et aux États-Unis.

 

Yapou, bétail humain (extrait)
de Numa Shozo, Désordres éditions, 2005.

[ Roman mêlant anticipation et sadomasochisme, Yapou, bétail humain (kachukujin yapû) fut d’abord publié en feuilleton dans la revue Kitan Club (Club de l’étrange ou du rare) de décembre 1957 à juin 1959. Plusieurs fois réédité, adapté deux fois en manga (une nouvelle manga en 15 volumes est en cours de publication), adapté au théâtre, ce texte a la particularité d’être inachevé malgré ses quelques 1500 pages. Salué et défendu par Mishima comme « le plus grand roman idéologique écrit dans l’après-guerre », le mystère entourant l’identité réelle de son auteur participe également au succès ambigu de ce roman.

Car Yapou, bétail humain est une fiction grinçante alimentée par ce complexe d’infériorité que le peuple japonais aurait développé à l’égard des pays occidentaux depuis l’arrivée en 1853 des fameux bateaux «noirs» du commodore Perry. Le traumatisme de la défaite de 1945 et l’occupation américaine ravivent ce complexe qui métamorphose un ultra-nationalisme désillusionné en masochisme pervers. Le plaisir ne réside plus dans la domination mais dans l’humiliation entraînant perte de dignité et dissolution de la personnalité : le Yapou aspire à une vie purement animale, il est le chien lèchant la main qui le fouette."
Sylvain Cardonnel, traducteur de Yapou, bétail humain. ]

 

La fille au nez tordu
de Murakami Ryû

[Comme je ne veux pas qu'on se méprenne, je dis au client qu'autrefois j'ai été jolie. Le type fait au choix une drôle de tête ou bien se met à rire, et moi, je préfére encore qu'il se moque de moi...]

 

De cet auteur dans Inventaire/Invention:
/Rencontre

Témoignages concordants, rencontre avec Camille Guyot
["C'est un chiffre dont je me souviens bien. Sur les bancs de l'école d'agriculture, on nous apprenait qu'en 1965 vingt-cinq pour cent de la population française travaillaient dans l'agriculture. Et depuis, le bouleversement a été gigantesque, en terme de disparition d'exploitations et d'actifs agricoles..."
Ici, comme ailleurs, la logique libérale de l'économie de marché est directement responsable des mutations sociales et écologiques que connaît le paysage des campagnes françaises...]