V o u s h a b i t e z N o i s y
et je suis à quelques trois cent cinquante kilomètres de vous au bord d'un fleuve qui s'appelle la Loire et que je regarde dans le train qui m'emmène vers vous.
J e v i e n s c h e z v o u s à N o i s y,
de passage, je vous rends visite. Et puis je repars, je rentre chez moi et je parfois je pense à vous.
Si vous voulez bien,
j'aimerais emmener des mots d'ici que vous me prêteriez. Des mots à vous, des mots tout seuls ou bien des phrases ou des histoires. Des mots que vous entendez des mots que vous pensez des mots que vous respirez que vous sentez que vous prononcez. Je prendrais ces mots avec moi, je les emporterais dans ma petite ville au bord du fleuve.
Si vous voulez bien,
j'essaierais d'écrire avec ces mots, je ne sais pas encore comment, en leur répondant peut-être, ou en les mélangeant à des mots à moi, ou bien en écrivant autour, ou à coté, ou dedans je ne sais pas.
Si vous voulez bien,
ce serait comme un échange, ou une correspondance. Des mots en suivraient d'autres, on se répondrait, on se parlerait.
Si vous voulez bien,
ce serait la médiathèque qui serait la boîte aux lettres, avec ses petites poches-tiroirs. Chacun son tour, on se déposerait des mots, des phrases, de la langue vivante pour se dire des choses du monde. N'importe quand. Quand vous en auriez envie. Quand vous en auriez le temps. Quand je ne serais pas là. Et moi aussi quand je viendrais, moi aussi je vous déposerais des mots. Des mots de chez moi, ou des écrivains que j'aime ou des mots qui me passent par la tête.
Si vous voulez bien,
on s'écrirait.
Albane Gellé, 9 janvier 2007
P a s d ' e a u à N o i s y - l e - S e c