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MELANCOLIES
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Mélancolies est tout à la fois une nouvelle rubrique d'I/I et un ensemble de textes inédits de Tanguy Viel, textes que l'auteur nous livrera au fil des semaines à venir et jusqu'à l'été, à la manière d'un feuilleton littéraire.
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Planètes,
trous noirs et tourbillons
(1ère livraison), par Tanguy Viel (15/03/2005) |
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[Le mélancolique est aux prises avec le noir. C'est pour ça qu'on l'appelle ainsi, et que le nom même de mélancolie se connote de noirceur. C'est autant son étymologie, si proche de la mélasse, que son voyage dans notre histoire. Noir sans consistance, noir sans bord, noir noir qui est l'absence de toute couleur, c'est-à-dire l'absence de toute lumière...]
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Quelque chose et rien
(2ème livraison), par Tanguy Viel (07/04/2005) |
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[Le mélancolique donc a survécu au tourbillon, par quoi, disions-nous dans l’épisode précédent, quelque chose devient possible, à condition d’avoir accepté au moins ça, de saisir le morceau de bois. Bartleby sûrement ne l’aurait pas saisi, ce morceau de bois : il aurait préféré ne pas le faire. Or le mélancolique doit contredire son démon, entamer l’infernal principe de non-préférence qui le constitue...]
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Vers la fiction vraie (3ème livraison), par Tanguy Viel (03/05/2005) |
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[Le mélancolique donc a survécu au tourbillon, par quoi, disions-nous dans l’épisode précédent, quelque chose devient possible, à condition d’avoir accepté au moins ça, de saisir le morceau de bois. Bartleby sûrement ne l’aurait pas saisi, ce morceau de bois : il aurait préféré ne pas le faire. Or le mélancolique doit contredire son démon, entamer l’infernal principe de non-préférence qui le constitue...]
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Personnages dans le brouillard (4ème livraison), par Tanguy Viel (18/05/2005) |
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[ La mélancolie a quelque chose du monstre et de l'alien, mais cet alien ne saurait croître du dehors et réclame un corps pour pouvoir grandir, ce corps métonymique qui fait aussi bien le lit de toutes ces fictions de la réalité qu'on a cru entrevoir dans les premiers épisodes, que maintenant de toutes ces réalités de la fiction que sont les livres...]
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Dompteur de mélancolie (5ème livraison), par Tanguy Viel (06/06/2005) |
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[ A s'en tenir à ce qui fut dit jusqu'alors, on pourrait souhaiter à tout écrivain l'usage infini de la mélancolie en littérature, tant elle est productrice, n'était qu'elle ne se laisse pas tenir comme ça pour une raison qui est le paradoxe même de l'écriture, le point limite de l'asymptote : s'il n'y avait qu'un éternel déplacement, si sans cesse le texte doutait tant de cet objet qu'il cherche et circonscrit, alors n'avancerait pas, ou plutôt il avancerait infiniment mais sans finir jamais, se corrigeant sans cesse et s'épanchant dans l'éternel balbutiement de lui-même, bégaiement proche de l'aphasie, comme les roues embourbées d'une voiture tournant à vide sur une terre trop meuble. Et la langue lentement se chargerait de boue, incapable de produire la moindre image...]
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Un mètre cube d'infini (6ème livraison), par Tanguy Viel (22/06/2005) |
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[ Aucun écrivain digne de ce nom ne vous dira jamais qu'il a fini. Il sait qu'il pourrait sans cesse reprendre son texte, sans cesse se corriger, corriger ses phrases et corriger ses personnages qui frisent sans cesse la correction. Il sait que sans cesse il pourrait écrire autre chose, à cause de cette mélancolie fatale qui continue de faire tournoyer autour de lui autant de possibilités inexplorées...]
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Un droit de la mélancolie (7ème livraison), par Tanguy Viel (05/07/2005) |
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[ Ainsi, à considérer que la mélancolie est ce qui nous laisse une place, comme Antigone à Polynice, on ne peut vraiment aimer d'uvre que mélancolique, sans quoi les signes seraient au contraire ce qui nous exclurait et nous écraserait. Plutôt qu'un paradis du sens, nous serions alors sous le joug plus ou moins avoué d'une tyrannie du sens, par quoi naissent tant de livres monolithiques qui nous laissent là, étouffés par autant de place prise à notre place et par lesquels on ne saurait être touchés, mais plutôt violentés, cette fois restés puissances pures et muettes, éclipsés par la lumière aveuglante d'une parole trop sûre d'elle, à la manière de ces lampes dont on éclaire les prisonniers pour les faire parler, c'est-à-dire au fond, pour leur faire dire ce qu'on pense soi-même...]
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